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Crise des sous-marins : Macron et Biden promettent de restaurer la « confiance »

L'ambassadeur de France aux États-Unis retournera à Washington la semaine prochaine.

Joe Biden et Emmanuel Macron

Les présidents américain et français, Joe Biden et Emmanuel Macron, lors du sommet du G7 à Cornwall, au Royaume-Uni, le 11 juin dernier

Photo : Reuters / KEVIN LAMARQUE

Agence France-Presse

Six jours après le début de la crise des sous-marins, Joe Biden et Emmanuel Macron ont annoncé des « engagements » pour rétablir une confiance durement éprouvée entre Paris et Washington, le président américain espérant désormais un « retour à la normale ».

Sollicité par Washington, l'entretien téléphonique était très attendu. Et le dirigeant américain a semblé reconnaître un défaut de dialogue avec son plus vieil allié, selon une déclaration commune publiée par l'Élysée et la Maison-Blanche.

Les deux hommes sont convenus que des consultations ouvertes entre alliés auraient permis d'éviter cette situation, dit le communiqué.

Lors de l'échange qui a duré environ trente minutes selon la Maison-Blanche, Emmanuel Macron et Joe Biden ont tenté de trouver une issue à la crise diplomatique la plus grave entre les États-Unis et la France depuis le non français à la guerre d'Irak en 2003.

Le ton de la conversation était amical et Joe Biden espère que cet entretien marquait une étape vers un retour à la normale entre les deux alliés, a dit la porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki, lors d'un point-presse de routine.

Il sera suivi jeudi à New York, où se tient l'Assemblée générale annuelle de l'ONU, d'un tête-à-tête entre les ministres des Affaires étrangères français et américain, Jean-Yves Le Drian et Antony Blinken, a annoncé une responsable américaine.

Emmanuel Macron et Joe Biden ont décidé, eux, de se retrouver à la fin du mois d'octobre en Europe, où le président américain est attendu pour participer au G20 à Rome les 30 et 31, puis à la COP26 début novembre à Glasgow, en Écosse. D'ici là, ils lanceront un processus de consultations approfondies visant à mettre en place les conditions garantissant la confiance.

Pour ce faire, Emmanuel Macron a décidé que l'ambassadeur de France aux États-Unis, l'expérimenté diplomate Philippe Étienne, retournerait à Washington la semaine prochaine.

Paris avait annoncé vendredi le rappel des ambassadeurs aux États-Unis et en Australie, une décision sans précédent, pour protester contre l'annonce d'un partenariat stratégique entre ces deux pays et le Royaume-Uni dans la région indo-pacifique, qui a torpillé un mégacontrat de sous-marins français à Canberra.

L'industriel français Naval Group a fait savoir qu'il enverrait dans quelques semaines à l'Australie la facture pour cette rupture de contrat.

Un manque de communication

Un sous-marin avec des membres d'équipage

L'USS Illinois, un sous-marin à propulsion nucléaire de l'armée américaine, stationné à Groton, au Connecticut, en octobre 2016

Photo : Reuters / Michelle McLoughlin

Les messages sont bons avec la reconnaissance qu'il aurait fallu mieux communiquer, a dit Benjamin Haddad, directeur pour l'Europe du cercle de réflexion Atlantic Council.

Les Américains ont compris que le choc principal à Paris ne venait pas tant de l'aspect commercial que de la rupture de confiance, a-t-il ajouté, en prévenant toutefois qu'on ne surmonte pas tout du jour au lendemain par une conversation.

Tranchant avec les déclarations françaises très virulentes des derniers jours, le communiqué commun au ton très mesuré précise que l'engagement de la France et de l'Union européenne dans la région indo-pacifique revêt une importance stratégique.

Comme un rameau d'olivier tendu à Paris, Joe Biden a aussi jugé nécessaire que la défense européenne soit plus forte et plus performante pour contribuer à la sécurité transatlantique et compléter le rôle de l'OTAN. Un sujet sur lequel les États-Unis se sont dans le passé montrés ambivalents et qui est une priorité française.

La crise a intensifié le débat en France, mais aussi dans d'autres pays de l'UE, sur la nécessité d'accélérer vers une plus grande souveraineté européenne en matière de défense pour s'affranchir du parapluie américain.

Plusieurs candidats à l'Élysée, de Jean-Luc Mélenchon (LFI, gauche radicale) à Marine Le Pen (RN, extrême droite) en passant par Éric Ciotti (LR, droite), appellent à revoir les liens avec l'OTAN, certains posant la question de la participation de la France au commandement intégré de l'organisation.

Le dialogue politique est inexistant au sein de l'OTAN, mais il ne faut pas claquer la porte de l'alliance pour autant, a répondu mercredi la ministre des Armées Florence Parly.

« Plus de temps » avec l'Australie

Le premier ministre australien, quant à lui, a reconnu mercredi soir que le président français Emmanuel Macron lui menait la vie dure, mais Scott Morrison a promis d'être patient.

S'exprimant à Washington dans la soirée, M. Morrison a expliqué qu'il avait tenté de joindre M. Macron, mais que l'entretien n'avait pas encore eu lieu.

Nous serons patients. Nous comprenons leur déception, assure M. Morrison.

Si la France prévoit un retour de son ambassadeur à Washington la semaine prochaine, elle n'a donné aucune date pour un geste similaire à Canberra.

L'Australie a décidé de ne pas donner suite à un contrat de défense très important. Et nous savons que la France est déçue de cette décision, ce qui est compréhensible, a ajouté M. Morrison.

Je pense qu'il va falloir plus de temps pour résoudre ces questions que celles qui ont été résolues entre les États-Unis et la France.

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