•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Une coalition plaide pour le maintien de la technique en soins infirmiers

Portrait de la ministre de l'Enseignement supérieur, Danielle McCann.

La ministre de l'Enseignement supérieur du Québec, Danielle McCann, est interpellée pour ne pas reconnaître le diplôme de baccalauréat comme seule porte d'entrée pour la profession infirmière au Québec.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Radio-Canada

La Coalition pour le maintien du DEC qualifiant en soins infirmiers demande à la ministre de l’Enseignement supérieur Danielle McCann d'amorcer rapidement une révision du programme de soins infirmiers.

En conférence de presse mercredi au Collège Maisonneuve à Montréal, six représentants de la Coalition ont reproché aux commissaires des États généraux de la profession infirmière leurs pratiques de consultations biaisées, selon le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Samuel Vaillancourt, qui parlait au nom de la Coalition.

Ces consultations ont mené à la recommandation que la seule formation qualifiante pour la profession soit dorénavant le baccalauréat en soins infirmiers. Mais la Coalition rejette catégoriquement cette idée.

M. Vaillancourt a aussi souligné l’impression de la Coalition que les recommandations des États généraux étaient écrites à l’avance, dans la mesure où le diplôme d’études collégiales (DEC) serait de deuxième ordre.

Il a interpellé la ministre McCann et son collègue ministre de la Santé, Christian Dubé, pour abandonner l’idée frivole de l’OIIQ [Ordre des infirmiers et des infirmiers du Québec] de n’avoir qu’une seule porte d’entrée à la profession infirmière, le baccalauréat, et exigé une révision du programme de DEC.

Pour M. Vaillancourt, cela fait 20 ans que l’OIIQ fait cavalier seul pour exiger un diplôme universitaire pour les infirmières et les infirmiers, mais c’est au gouvernement du Québec de définir la profession. Cela fait 50 ans que les cégeps forment des infirmières, et un baccalauréat obligatoire ne réglera pas le problème, puisque les infirmières détenant un diplôme collégial sont compétentes.

La Coalition a aussi plaidé que le programme collégial en soins infirmiers est offert dans 48 établissements collégiaux partout au Québec. La formation est donc accessible, et permet à de nombreuses étudiantes – des femmes qui effectuent un retour aux études – de rejoindre les rangs de la profession.

Il est néanmoins urgent de réviser le programme pour M. Vaillancourt, puisque la dernière remonte à plus de 20 ans.

Compétentes

Tous les membres de la Coalition ont insisté sur la compétence des infirmières techniciennes. Et toutes les finissantes, qu’elles soient diplômées d’un cégep ou d’une université, ne devraient pas se retrouver dans des soins critiques, a mentionné le vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ–CSN), Yves de Repentigny.

Même son de cloche du côté de la présidente de la Fédération des enseignantes et enseignants de cégep (FEC-CSQ), Lucie Piché, qui a martelé que les jeunes diplômées sont lâchées en milieu critique, et qu’il faut un meilleur arrimage de tout le réseau de la santé.

Pour Mme Piché, cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas revoir les niveaux de compétences associés aux différentes formations. Il serait possible, selon elle, de mieux définir les compétences des infirmières auxiliaires, des infirmières techniciennes et bachelières, et des infirmières praticiennes spécialisées (IPS) pour délimiter leur champ de pratique respectif.

En revoyant le programme de chaque formation, il serait ainsi possible, pour Mme Piché, d’enlever ce qui n’est pas nécessaire et de procéder à un meilleur arrimage pour une meilleure intégration des professionnelles en soins infirmiers.

Or, une révision du programme du DEC serait l’occasion de spécifier les compétences spécifiques du baccalauréat, a dit le président-directeur général de la Fédération des cégeps, Bernard Tremblay. Il a évoqué la possibilité de prolonger le DEC, ce qui pourrait être une avenue pour mieux développer les enseignements, sans marquer une hiérarchie entre deux niveaux de formation.

Bien que les États généraux sur la profession infirmière ont démontré que toutes les provinces canadiennes, à l’exception du Québec, exigent un diplôme de baccalauréat pour accéder à la profession, la comparaison n’est pas évidente avec l’Ontario, a poursuivi M. Tremblay, puisque les collèges ontariens offrent eux aussi des baccalauréats.

De plus, avec la pénurie de personnel dans le réseau de la santé et le personnel malmené au quotidien, ce n’est pas le bon moment pour transformer la formation qualifiante, a conclu la présidente de la Fédération de la Santé du Québec (FSQ-CSQ), Claire Montour.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !