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Jason Kenney : le vote de confiance devancé au printemps

Une réunion du caucus a lieu mercredi à Calgary.

Plan rapproché de Jason Kenney en conférence de presse. Il porte un masque.

Le premier ministre Jason Kenney a été critiqué par des membres de son propre parti pour sa gestion de la pandémie.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Des sources au courant des discussions du caucus du Parti conservateur uni (PCU) ont indiqué à Radio-Canada qu’une motion de défiance avait été bel et bien déposée puis retirée mercredi contre le premier ministre Jason Kenney et que le vote de confiance prévu à l'automne 2022 est devancé au printemps.

Depuis quelques semaines, le premier ministre de l’Alberta fait face à de la pression des membres de son parti à propos, notamment, de sa gestion de la pandémie. Certains de ses députés trouvent que les mesures de restrictions mises en place pour limiter la propagation de la COVID-19 durant la 4e vague vont trop loin, alors que d’autres estiment qu’elles auraient dû être adoptées plus rapidement.

Dans une lettre envoyée en soirée aux membres, le président du PCU, Ryan Becker, tient les propos suivant :

Je vous écris pour vous faire part de notre intention de tenir l'Assemblée générale annuelle au printemps 2022 et d’y tenir un vote de confiance. J'ai parlé avec le premier ministre qui a spécifiquement demandé que nous apportions ce changement afin que nous puissions régler tout problème de leadership bien avant les prochaines élections. Nous sommes tous conscients que les récentes décisions du gouvernement par rapport à la réponse à la quatrième vague de la pandémie de la COVID-19 ont provoqué de la colère et de la frustration chez certains membres du parti et qu'il existe un désir croissant de se pencher sur la direction.

Certains députés craignent qu'en attendant à l'automne pour tenir un vote de confiance, il n'y ait plus assez de temps pour permettre au parti de se préparer aux prochaines élections provinciales.

Une assemblée générale du PCU doit aussi avoir lieu en novembre 2021.

Le calme apparent

À la sortie de la rencontre du caucus mercredi, le député de Spruce Grove-Stony Plain, Searle Turton, a pourtant laissé entendre qu'il n'y avait pas eu de motion de défiance déposée contre Jason Kenney.

Il n’y a pas eu de vote du caucus, mais nous avons eu de bonnes discussions robustes sur la pandémie, a-t-il indiqué.

Je veux dire, c'est évidemment un groupe de députés brutal, mais c'est à cela que sert le caucus, c’est pour avoir ces conversations franches, et je suis reconnaissant que nous ayons cette possibilité, a ajouté Searle Turton, qui a même dit que les membres du caucus du PCU étaient plus unis à la sortie de la rencontre qu’à leur arrivée.

Le ton monte

La fronde monte depuis quelques jours contre le premier ministre de l’Alberta. Un des quatre vice-présidents du Parti conservateur uni (PCU) demande même ouvertement sa démission.

Joel Mullan, vice-président de la gouvernance et des politiques du PCU, estime que le leadership de Jason Kenney a été trop entaché au cours de la pandémie pour qu’il demeure premier ministre.

La semaine dernière était la goutte qui a fait déborder le vase, dit-il, faisant référence à la volte-face sur les passeports vaccinaux devant la montée des hospitalisations aux soins intensifs.

Il affirme que Jason Kenney a créé trop de faux espoirs avec son plan ouvert pour l’été qui prévoyait la levée de toutes les restrictions sanitaires en juillet. Il lui reproche aussi d’avoir introduit une forme de passeport sanitaire après avoir passé des semaines à les décrier.

Joel Mullan croit qu’en remplaçant le ministre de la Santé mardi Jason Kenney tente de détourner le blâme et qu’il manque à ses responsabilités pour la gestion de la crise sanitaire.

[Jason Kenney] était le capitaine du navire, celui qui dirigeait et supervisait Shandro pendant la pandémie. À ce point-ci, la responsabilité repose entièrement sur le bureau du premier ministre, croit-il.

Des associations de circonscription du PCU envisagent d’adopter des motions pour obliger Jason Kenney à faire face à un vote de confiance plus tôt que prévu.

Joel Mullan a refusé de révéler combien d’associations avaient adopté de telles motions. Cependant, il dit que, si 22 d’entre elles le font, le parti sera obligé de déclencher un vote de confiance dans les prochains mois.

Lors d’une conférence de presse, mardi, Jason Kenney a contourné les questions sur son leadership, affirmant qu’il ne fallait pas se laisser distraire par la politique pendant une crise sanitaire.

Avec des informations de Janet French, Audrey Neveu et Elise von Scheel

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