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Moins de signalements, mais plus de suivis d’enfants à la DPJ sur la Côte-Nord

Un bambin est accroupi dans un terrain vert.

Deux enfants de la Côte-Nord ont été adoptés dans leur milieu d'origine en 2020-2021 (archives).

Photo : iStock

Malgré la baisse de signalements enregistrés en 2020-2021, plus d’enfants sont suivis par la protection de la jeunesse sur la Côte-Nord, principalement pour des cas de négligence et de mauvais traitements psychologiques. C’est le constat de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) qui a fait le bilan de ses interventions (Nouvelle fenêtre) mercredi matin par visioconférence.

La DPJ Côte-Nord a reçu près de 3900 signalements pour l’exercice 2020-2021, une baisse d’environ 5 % par rapport à l’année précédente. La diminution s'explique notamment par le confinement généralisé dû à la pandémie de COVID-19. La situation avait grandement préoccupé les directeurs régionaux de la protection de la jeunesse.

Les enfants ont eu peu d’espace pour parler à d’autres adultes pour leur confier des difficultés qu’ils vivaient, témoigne la directrice de la DPJ Côte-Nord, Marlene Gallagher.

Toutefois, parmi ces signalements, 1339 enfants ont fait l’objet d’un suivi de la protection de la jeunesse, soit une hausse de 14 %. Quand on les a évalués, on a constaté que leur situation était compromise, explique la directrice.

La directrice Marlene Gallagher pose devant l'affiche promotionnelle.

Le 18e bilan des directeurs de la DPJ est sous la thématique « Les enfants, notre priorité! ».

Photo : Radio-Canada / Camille Lacroix

Période du 31 mars 2021 à aujourd'hui

Depuis le 31 mars 2021, la tendance semble se différencier avec une hausse de signalements de 19 % par rapport aux chiffres de l’an dernier pour la même période.

La hausse de signalements et de suivis depuis la deuxième moitié de 2021 est principalement reliée aux aléas de la pandémie, selon la direction de la protection de la jeunesse.

On le voit, les familles sont dans un état plus fragiles, plus vulnérables qu’avant.

Une citation de :Marlene Gallagher

Aussi, le nombre de signalements augmente au fur et à mesure du déconfinement du Québec alors que les jeunes sont davantage en contact avec les organismes et le milieu scolaire. Les enfants reviennent à l’école. Les enfants ont plus de chance de parler à un adulte autour d’eux, indique Marlene Gallagher.

Mme Gallagher constate par ailleurs que la pandémie a mis les Québécois à rude épreuve et que certains ont accru leur consommation d’alcool. Elle observe cette tendance sur la Côte-Nord.

Cas de négligence

Parmi les suivis d’enfants lors de la période 2020-2021, la DPJ Côte-Nord enregistre principalement des cas de négligence et de mauvais traitements psychologiques.

Mme Gallagher souligne que plusieurs enfants sont exposés à la violence conjugale. Sur 100 enfants évalués, la sécurité et le développement sont compromis pour 56 enfants, indique-t-elle. La majorité des signalements d’enfants concernent les jeunes âgés de 6 à 12 ans.

Sur une note plus positive, la directrice mentionne que le trois quarts des enfants dont la situation est prise en charge par la DPJ Côte-Nord demeurent dans leur famille ou chez une personne significative. C’est une excellente pratique, selon Mme Gallaher, parce qu’ils sont maintenus dans un milieu avec des gens qu’ils connaissent. Il y a de grands efforts faits par notre équipe, explique-t-elle.

Rareté de main-d’œuvre et risques encourus

Les ressources humaines ne sont pas en quantité suffisante à certains endroits sur le territoire. La directrice admet avoir fait appel à de la main-d’œuvre indépendante cette année. La DPJ a même embauché une douzaine d’étudiants au baccalauréat pour contrer le problème.

La rareté de personnel provoque un délai d’intervention, ce qui engendre un risque pour la sécurité physique et émotionnelle de l’enfant, selon la directrice de la DPJ Côte-Nord.

On a des mesures qu’on met autour des enfants en attente. Mais on répond à tout ce qui est urgent, assure-t-elle.

La directrice a profité de la visioconférence pour réitérer les besoins importants de la DPJ en matière de familles d’accueil.

Communautés innues

Enfin, la DPJ Côte-Nord a mis de l’avant sa collaboration avec Nutashkuan pour que la communauté puisse prendre en charge son service de protection de la jeunesse. C'est pour qu’ils aient plus de services adaptés culturellement, pour aller plus dans le chemin de leur propre rituel et de leurs valeurs, fait-elle valoir.

De plus, la directrice Marlene Gallagher évoque l’embauche éventuelle d’une agente de liaison pour la communauté de Uashat Mak Mani-utenam pour s’assurer que les interventions soient bien comprises par les citoyens.

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