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Accident d’autobus d’OC Transpo : la chauffeuse reconnue non coupable

La femme est entourée de ses avocats et de caméras de télévision.

Aissatou Diallo et ses avocats à leur arrivée au palais de justice à Ottawa mercredi

Photo : Radio-Canada / Raphaël Tremblay

Aissatou Diallo, la chauffeuse qui était au volant de l’autobus à deux étages au moment de l’accident du 11 janvier 2019 ayant fait trois morts, a été déclarée non coupable.

Le juge Matthew Webber a rendu son verdict, mercredi, après avoir lu les éléments de preuve présentés lors du procès. Il devait décider si la chauffeuse de l'autobus 8155 était responsable de la collision ou si d’autres facteurs étaient à blâmer.

Selon le juge Webber, la Couronne n’a pas été en mesure de démontrer, hors de tout doute, que l’accusée conduisait son autobus de façon dangereuse lors de la collision.

C'est un cas tragique en effet, a-t-il soutenu à la lecture de son verdict.

La douleur et les pertes de vies humaines ne m'ont pas fait illusion. Cependant, condamner Mme Diallo pour cette grave infraction criminelle reviendrait à ouvrir le filet [de la justice] bien trop loin.

Une citation de :Le juge Matthew Webber

Dans la salle d'audience, des proches des victimes de l'accident ont versé des larmes lorsque le juge a prononcé son verdict.

Mme Diallo, 44 ans, avait plaidé non coupable aux 38 accusations de conduite dangereuse qui pesaient contre elle, liées à la collision du 11 janvier 2019 à la gare de Westboro, dont 3 chefs d'accusation de conduite dangereuse causant la mort.

Des gens en uniforme devant un autobus accidenté.

Des policiers sur la scène de l'accident mortel d'autobus à la station Westboro d'Ottawa

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

En s'adressant directement à la chauffeuse d'autobus quelques minutes avant la levée de l'audience, le juge a dit : Mme Diallo, je vous reconnais non coupable, vous pouvez partir.

L’accident a fait trois morts, soit Judy Booth, Bruce Thomlinson et Anja van Beek, ainsi que des dizaines de blessés. Le procès a débuté le 22 mars 2021 à la Cour de justice de l'Ontario, à Ottawa.

Ravi du verdict

Lors d’un point de presse à la sortie du palais de justice, l’avocat de Mme Diallo, Me Solomon Friedman, s’est dit ravi du verdict.

Cela confirme ce que nous avons dit depuis le tout début de cette affaire, à savoir que Mme Diallo est innocente. Aujourd'hui, son innocence a de nouveau été réitérée par le juge Webber, a-t-il commenté.

La femme et son avocat sont entourés de représentants des médias qui tiennent des perches avec des micros.

Aissatou Diallo et son avocat Solomon Friedman offrent un point de presse après le rendu du verdict de non-culpabilité.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

Elle a été mise dans une situation terrible par des circonstances qui étaient hors de son contrôle. Elle a fait de son mieux, mais malheureusement, cela n’a pas été suffisant, précise Me Solomon. Mme Diallo n’a jamais commis de crime.

Les limitation humaines en cause, selon le juge

Même si la vitesse à laquelle l'autobus se déplaçait était un peu excessive – environ 70 kilomètres à l'heure dans une zone de 50 kilomètres à l'heure – le juge a déclaré qu'elle était comparable à celle d'un autre autobus qui se trouvait derrière.

Le soleil oppressant se couchant devant [Aissatou Diallo] était de toute évidence un danger, tandis qu'une des lignes mal peintes sur la chaussée l'a conduite directement dans une gouttière remplie de neige, a déclaré le juge Webber, ce qui a contribué à l'accident.

Selon les informations présentées lors du procès, environ deux secondes se sont écoulées entre la collision avec un banc de neige et l’impact contre le toit de la station Westboro.

Les limitations de la perception humaine et le temps de réaction auraient rendu presque impossible pour Mme Diallo de répondre de manière significative à la crise dans laquelle elle s'est retrouvée, étant donné la rapidité des collisions séquentielles qui se sont produites, a dit le juge.

Dans un point de presse tenu après la réunion du conseil municipal, le maire Jim Watson a commenté le verdict, disant soutenir la décision.

C'est une journée très triste pour les familles des trois personnes qui ont perdu la vie.

Une citation de :Jim Watson, maire d'Ottawa
Capture d'écran du maire lors de la séance du conseil municipal.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, soutient la décision du juge dans le procès d'Aissatou Diallo.

Photo : Ville d'Ottawa

C'est une période difficile pour la conductrice d'OC Transpo aussi, a ajouté M. Watson. On pense aux familles d'Anja, de Judy et de Bruce, parce que c'est une période très difficile pour les familles des trois, et aux personnes blessées par cette tragédie à Westboro.

De son côté, le directeur général d'OC Transpo, John Manconi, a qualifié la journée d'ardue pour toute la ville et l'équipe [d'OC Transpo].

Nous cherchons tous des réponses et cherchons à clore le dossier et à permettre aux familles d’aller de l’avant. C’est un processus qui est difficile.

Une citation de :John Manconi, directeur général d'OC Transpo

Mon cœur va à toutes les familles affectées par cette tragédie, a ajouté M. Manconi. On prend beaucoup de temps pour la sécurité des opérations, nos autobus roulent 60 millions de kilomètres chaque année, on fait des choses tellement systématiques pour que les opérations soient sécurisées.

Moderniser la formation des chauffeurs?

L’avocat de Mme Diallo a soutenu que la formation des chauffeurs doit être modernisée, tel que recommandé par le vérificateur général de la Ville d’Ottawa.

Une grande partie de la preuve de la Couronne portait sur le niveau de formation que Mme Diallo et d'autres chauffeurs ont reçu, a affirmé Me Friedman. Celui-ci a fait l'objet d'un examen minutieux et de critiques considérables, en particulier du vérificateur général.

Ce procès est un appel au réveil. Je suis sûr que, dans d'autres cas aussi, cette formation doit être adaptée, standardisée, a-t-il ajouté. Chacune des recommandations faites par le vérificateur général aurait dû être suivie dans ce cas. Malheureusement, [ces recommandations] ne sont venues qu'après l'accident.

Avec des informations d'Estelle Côté-Sroka et d'Antoine Trépanier

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