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Rejet du lixiviat dans le lac Memphrémagog : vers un moratoire permanent?

Le lac Memphrémagog

Le Vermont a déjà prolongé le moratoire de trois ans pour protéger le lac Memphrémagog, mais celui-ci pourrait être permanent.

Photo : Radio-Canada / Philippe Grenier

Thomas Deshaies

L’État du Vermont envisage de réclamer à l’entreprise Casella qu'elle traite le lixiviat de son dépotoir dans un secteur éloigné du lac Memphrémagog. Si le député d'Orford se réjouit de cette nouvelle, le président de l’organisme Memphrémagog Conservation, Robert Benoit, juge quant à lui qu’il est beaucoup trop tôt pour crier victoire.

Une version préliminaire du permis de traitement qui pourrait être octroyé à la propriétaire du dépotoir de Coventry, l’entreprise Casella, indique que le lixiviat devrait être traité dans la municipalité de Montpellier plutôt qu'à l'usine de Newport.

Contrairement à Newport, Montpellier n’est pas situé dans le bassin versant du lac Memphrémagog, qui sert de réservoir d’eau potable de milliers d’Estriens.

C’est une excellente nouvelle pour le Québec, pour la Ville de Sherbrooke, Magog, pour tous ceux qui puisent leur eau potable dans le lac Memphrémagog, s’est réjoui le député Gilles Bélanger en entrevue l’émission Par ici l’info.

C’est fabuleux en termes d’environnement et de santé publique.

Une citation de :Gilles Bélanger, député d’Orford

L’état américain a enclenché un processus de consultation publique et plusieurs rencontres auront lieu en octobre. Gilles Bélanger a toutefois confiance qu’il n’y aura pas d’opposition, si ce n’est celle de l’entreprise qui gère le dépotoir. Ça va mener un peu le ton de la gestion de ces jus de poubelles à travers l’Amérique du Nord, souligne le député.

Rappelons qu’il a d’ailleurs été annoncé en août dernier que le moratoire sur le rejet de lixiviat dans le lac Memphrémagog pourrait être prolongé de trois ans.

Pas si vite, dit le MCI

Le président de l’organisme Memphrémagog Conservation (MCI), Robert Benoit, juge que le député Bélanger se réjouit trop rapidement. Je comprends que ces politiciens sont en élection l’année prochaine, ils voudraient vous dire que ça va bien. Moi, je vous dis que dans cinq ans, on va être revenu à la case numéro un, souligne-t-il.

Selon M. Benoit, l’Agence des ressources naturelles du Vermont (ARN) ne s’est pas engagée à bannir définitivement le rejet de lixiviat dans le lac Memphrémagog. Il n'y a aucun engagement de l’ARN, qui nous dit qu’après le moratoire de cinq ans, tout cela ne prendra pas place dans le bassin versant du lac Memphrémagog. Ce n’est écrit nulle part dans le document, souligne M. Benoit.

L’ambition de la compagnie est toujours la même : traiter le lixiviat via l’usine de Newport (située aux abords du lac Memphrémagog).

Une citation de :Robert Benoit, président du MCI

Il croit également qu'une importante levée de boucliers pourrait se produire à Montpelier pour empêcher le traitement de jus de poubelle dans la municipalité. Les autorités de l’État du Vermont] savent pertinemment que les citoyens n’en veulent pas de lixiviat dans leur bassin versant, pas plus que nous, indique-t-il. On sait déjà que les salles [pour les consultations] de Newport et Montpellier vont être pleines de monde.

Les citoyens américains ont jusqu’au 8 novembre pour faire parvenir leurs commentaires en lien avec ce projet à l’ARN.

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