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« Je n’appuierai plus Erin O’Toole », dit un député conservateur

Des élus conservateurs de l’ouest du pays s’attendent à des « discussions très tendues » avec leur chef après la défaite de lundi. Certains doutent même qu’Erin O’Toole puisse rester à la tête du parti, alors que d’autres continuent de le soutenir fermement.

Erin O'Toole envoie la main à des partisans lors de son rassemblement de la soirée électorale.

Erin O'Toole, qui a été élu chef en août 2020, souhaite demeurer en poste à la tête du Parti conservateur.

Photo : La Presse canadienne / Blair Gable

« Je ne crois pas que les membres vont continuer à appuyer Erin O’Toole », lance un député conservateur au bout du fil, visiblement frustré. Lui, en tout cas, n’a pas l’intention de le soutenir dans un éventuel vote de confiance.

Le chef a beau prétendre que bien des choses ont été accomplies lundi soir, honnêtement, je pense qu’il est sourd aux critiques, ajoute cet élu, qui a accepté de nous parler seulement sous le couvert de l’anonymat. On n’a rien gagné dans cette élection, précise-t-il.

Jusqu’à maintenant, les conservateurs ont été déclarés vainqueurs dans 117 circonscriptions. Ils sont en avance dans 2 autres, ce qui porterait leur nombre total de sièges à 119, soit deux de moins qu’avait réussi à gagner l’ancien leader du parti Andrew Scheer.

En point de presse mardi dans son studio d’Ottawa, Erin O’Toole s’est dit déçu des résultats, mais a réitéré son intention de rester chef. Comme leader, je vais travailler avec les membres de mon caucus pour apprendre les leçons pour la prochaine fois, a-t-il affirmé.

Portrait d'Andrew Scheer en conférence de presse

Andrew Scheer avait démissionné de son poste de chef du Parti conservateur en décembre 2019, quelques semaines après avoir perdu les élections contre Justin Trudeau.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Or, le député conservateur de l’Ouest à qui nous avons parlé rappelle qu’Andrew Scheer avait réussi à augmenter le nombre de sièges du parti de 20 % et que, malgré tout, il s’était fait montrer la porte.

Pourquoi est-ce que M. O’Toole croit pouvoir rester? demande-t-il.

Comme plusieurs élus conservateurs, il a été très surpris de voir le chef tergiverser sur des enjeux comme l’environnement dans les derniers mois. Durant sa course au leadership, Erin O’Toole s’était opposé à une taxe sur le carbone pour ensuite en inclure une dans sa plateforme.

Erin O’Toole a menti à nos membres. Il n’est pas loyal.

Une citation de :Un député conservateur de l'Ouest

Un autre député de l’Ouest, qui a été réélu lundi soir en Alberta, s’inquiète d'ailleurs du message lancé par Erin O’Toole après sa défaite, lorsqu’il a appelé les conservateurs à poursuivre le recentrage amorcé sous son leadership.

Quand on faisait du porte-à-porte en Alberta, on a entendu beaucoup de gens qui disaient : "Je ne vais pas voter pour vous parce que je ne me reconnais plus dans le Parti conservateur.", explique ce député.

Il craint que sa formation politique perde encore plus d’appui au profit de Maxime Bernier, si Erin O’Toole continue de pousser le parti vers le centre.

Le Parti populaire du Canada a récolté plus de 5 % des votes lundi à l’échelle nationale, une augmentation substantielle par rapport au 1,6 % de 2019. En Alberta, la formation de M. Bernier a réussi à amasser jusqu’à 13 % des voix dans certaines circonscriptions, privant probablement les conservateurs de votes précieux dans des luttes serrées, comme à Edmonton.

Je m’attends à des discussions tendues lors de notre première réunion du caucus, précise l’élu conservateur albertain.

Des appuis dans l’Ouest et au Québec

Stephanie Kusie se tient derrière Erin O'Toole.

La députée Stephanie Kusie aux côtés d'Erin O'Toole en 2019

Photo : The Canadian Press / Adrian Wyld

Malgré ces critiques, le chef Erin O’Toole récolte aussi des appuis substantiels, y compris parmi ses députés dans les Prairies.

Stephanie Kusie, qui a été réélue dans Calgary Midnapore, reconnaît que le recentrage opéré par M. O’Toole n’a peut-être pas été aussi fructueux qu’espéré, mais elle croit que le chef mérite une deuxième chance.

Je ne pense pas que c’est sain pour notre parti de changer de leader chaque année.

Une citation de :Stephanie Kusie, députée conservatrice de Calgary Midnapore

Le député conservateur de Mégantic-L’Érable, Luc Berthold, abonde dans le même sens, soulignant qu’Erin O’Toole en était à sa première campagne comme chef et qu’il a un potentiel de croissance.

Compte tenu que Justin Trudeau était certain de faire des gains substantiels, je pense que M. O’Toole a bien tiré son épingle du jeu.

M. et Mme O'Toole sont debout, de face, et déposent leur bulletin de vote dans l'urne. Mme O'Toole, souriante, regarde M. O'Toole.

Erin O’Toole, le chef du Parti conservateur du Canada, et sa femme Rebecca, le jour de l'élection, à Bowmanville, en Ontario.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Il se dit prêt à continuer à travailler avec lui, tout comme une autre source conservatrice québécoise, qui avait été très critique d’Andrew Scheer après sa défaite en 2019.

Quand M. Scheer a perdu, je sentais qu’il fallait le remplacer rapidement. Là, je n’ai pas ce sentiment d’urgence , dit cette source.

Erin O’Toole a annoncé mardi qu’il lançait un processus d’examen de sa défaite électorale, pour mieux comprendre ce qui a bien fonctionné et ce qui n’a pas bien marché dans les cinq dernières semaines.

En vertu de la constitution du Parti conservateur, un chef qui ne parvient pas à accéder au pouvoir doit se soumettre à un vote de confiance au premier congrès national, après les élections. La prochaine rencontre est prévue dans deux ans.

Toutefois, selon une loi adoptée au Parlement en 2015, les députés du caucus conservateur peuvent aussi demander de voter pour revoir qui est à la tête de leur parti, un processus qui pourrait avoir lieu bien avant 2023.

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