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Le Parti populaire du Canada a triplé ses appuis dans le nord ontarien

Une pancarte électorale.

Stephen MacLeod était le candidat du Parti populaire du Canada dans Timmins—Baie James.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Même s’il n’a pas remporté de siège, le Parti populaire de Maxime Bernier a obtenu lors du scrutin de lundi presque trois fois plus de votes dans le Nord de l’Ontario qu'à l’élection de 2019.

La plus forte augmentation, toutes proportions gardées, est dans la circonscription de Kenora, où le candidat du Parti populaire du Canada (PPC) a reçu quatre fois plus de votes qu’en 2019.

En pourcentage de votes récoltés cette année, c’est le candidat du PPC dans Timmins—Baie James qui a fait le mieux, avec environ 13,3 % des voix.

Cela le place tout de même au quatrième rang, derrière le Nouveau Parti démocratique, le Parti conservateur et le Parti libéral.

À la grandeur du Nord de l’Ontario, le PPC a amassé 7,58 % du vote. C’est plus que la moyenne nationale de 5,1 %. Une hausse semblable a été observée au Manitoba.

La candidate du PPC dans Sudbury, Colette Methé, a recueilli 6 % des voix exprimées. C'est environ le triple de ce qu'avait récolté le candidat du parti en 2019.

Elle se dit très satisfaite de sa performance qui prouve, estime-t-elle, que certaines des idées véhiculées par sa formation politique, dont la défense des libertés individuelles, résonnent auprès de la population nord-ontarienne.

La liberté d’expression, nos droits, je pense que ça a eu une influence très grande sur la majorité des gens.

Une citation de :Colette Methé, candidate du PPC dans Sudbury

Elle soutient notamment que les gens en ont assez du passeport vaccinal qui fait en sorte, à son avis, qu’on est forcé de se faire vacciner même si on ne le veut pas.

Pas seulement un vote conjoncturel, estime une politologue

Il n’y a pas une spécificité au Nord de l’Ontario, fait remarquer la professeure en science politique Aurélie Lacassagne.

Le Parti populaire a augmenté ses appuis, le nombre de votes obtenus, un peu partout au Canada, avec des chiffres assez impressionnants dans les Maritimes.

La performance de la formation de Maxime Bernier est attribuable d’abord à un facteur de grogne lié à la pandémie, observe-t-elle.

Si on n’avait pas été en pandémie, le Parti populaire n’aurait pas eu les scores qu’il a réalisés.

Une citation de :Aurélie Lacassagne, professeure invitée à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa

Mme Lacassagne affirme que le PPC a pu gagner des partisans dans des régions rurales du nord ontarien qui ont été relativement moins touchées par la COVID-19, mais qui ont subi les mêmes restrictions sanitaires que le reste de la province.

Elle croit que le discours plutôt libertarien du PPC, particulièrement sur le contrôle des armes à feu, a également pu trouver écho dans le Nord de l’Ontario.

Mais le vote en faveur du PPC n’est pas que conjoncturel, prévient-elle, et une partie de celui-ci est là pour rester. D’ailleurs, il faut prendre très au sérieux l’argumentaire développé par le Parti populaire, note-t-elle.

Aurélie Lacassagne en entrevue à Radio-Canada, dans la rue Sparks, à Ottawa.

Aurélie Lacassagne croit que le PPC continuera d'attirer des électeurs insatisfaits.

Photo : Radio-Canada

Il y a des questions que le Parti populaire a mises sur la table notamment par rapport à l’identité canadienne, à la politique d’immigration et aux armes à feu, qui là, doivent être prises au sérieux, poursuit-elle.

En dehors du Parti populaire, qui est un parti fédéral, ce qu’on a pu voir ces dernières années, [c'est] le développement de partis provinciaux qui ont à peu près les mêmes argumentaires que le Parti populaire.

Elle cite en exemple le Maverick Party (Parti des anticonformistes) dans l'Ouest canadien, qui prône un contrôle plus serré de l’immigration.

Tout en se penchant sur ces préoccupations, les principaux partis devraient toutefois éviter de faire de l’instrumentalisation de ce genre de partis à des fins électorales, souligne la politologue.

Si on ne prend pas au sérieux les questions, les interrogations que certains Canadiens ont par rapport à de grands débats de société et si on commence à jouer et à faire du grenouillage politique et de l’instrumentalisation de ce genre de partis pour servir ses intérêts électoraux, ce sera un jeu extrêmement dangereux.

Une citation de :Aurélie Lacassagne, professeure invitée à l’École supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa
Avec les informations de Ezra Belotte-Cousineau

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