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Passeport vaccinal en Ontario : à Ottawa, des commerçants prêts, mais inquiets

L'hôtesse d'accueil du restaurant regarde le papier de vaccination du client.

Dès le 22 septembre, l'entrée en vigueur du passeport vaccinal en Ontario impliquera un nouvel effort d’adaptation de la part des commerçants.

Photo : Radio-Canada / Mark Matulis

Radio-Canada

Dès mardi soir, les 12 coups de minuit sonneront l’entrée en vigueur, en Ontario, du passeport vaccinal. À compter du 22 septembre, Ontariens et visiteurs de la province devront présenter une preuve de leur double vaccination pour accéder à certains lieux de restauration, de culture et de loisirs. Un nouvel effort d’adaptation à la pandémie de COVID-19 que les commerçants de la capitale fédérale vont devoir enclencher.

On est déjà préparé! On va continuer de recevoir les instructions de jour en jour et on va essayer de se mettre à la page des obligations du gouvernement. On n’a pas le choix, c’est comme ça, se résigne le propriétaire du Moulin de Provence à Ottawa, Claude Bonnet, qui reconnaît être tout à fait en accord avec le passeport vaccinal.

À quelques mètres de cet établissement bien connu du marché By, même disposition à collaborer au restaurant Zack’s diner. On s’est tout simplement assuré que l’ensemble de notre personnel est au fait de ce que les gens auront besoin de présenter pour avoir le droit d’entrer, explique le gérant, Roger McKee, précisant que conformément aux nouvelles exigences provinciales, la présentation d'une preuve vaccinale ne s’appliquera qu'à la clientèle qui souhaitera s’installer à l'intérieur du restaurant.

Les entrepreneurs sont vigilants, résilients. Si c’est ce que ça prend pour que les gens se sentent confortables [...] on va de l’avant!, encourage la directrice générale du Regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale (RGA), Lise Sarazin. Ce qu’on ne veut surtout pas, c’est refermer une autre fois, poursuit-elle.

À vos marques, prêts? Vérifiez!

Le copropriétaire d'un restaurant se tient dans la rue, devant la façade de son établissement.

Dominic Lamarche, copropriétaire du restaurant Le Chardo, s'inquiète du travail supplémentaire qui s'annonce une fois le passeport vaccinal en vigueur.

Photo : Radio-Canada / Denis Babin

La résilience a cependant ses limites et la bonne volonté des commerçants semble rattrapée par une réalité du terrain complexe. Ça représente beaucoup plus de travail pour nous qui sommes déjà en manque d'employés, s’inquiète Dominic Lamarche, copropriétaire du restaurant Le Chardo, situé dans le village d’Alfred.

Ça nous donne une forme de responsabilité qui n'est pas claire du point de vue de l’information qu’on reçoit, ajoute M. Lamarche, qui souligne ne pas être formé pour opérer ce genre de vérifications. Le restaurateur craint notamment de refuser, par erreur, un client qui serait pourtant bien doublement vacciné. C’est très délicat, admet-il.

La préoccupation est aussi de mise dans le centre de la capitale fédérale. Au Moulin de Provence, si on accepte de se plier à ces nouvelles exigences sanitaires et de filtrer la clientèle pour la bonne cause, on ne s'inquiète pas moins de cette responsabilité additionnelle.

On va faire de notre mieux. Nous ne sommes pas inspecteurs de police, nous ne sommes pas des spécialistes. On est boulangers.

Une citation de :Claude Bonnet, propriétaire du Moulin de Provence à Ottawa

Évoquant une logistique complexe pour vérifier les preuves vaccinales et pièces d’identité de chaque client, M. Bonnet cite les heures de travail supplémentaires, un coût opérationnel d’environ 300 dollars par jour et une difficulté d’embaucher du personnel, dans un contexte marqué par la pénurie de main-d'œuvre.

Le propriétaire du Moulin de Provence craint également la réaction des personnes récalcitrantes et de l’effet que cela pourrait avoir sur son commerce. On nous demande de faire un travail de contrôleurs, de vérificateurs, et en même temps, d’être des médiateurs civiques pour arriver à composer avec certaines situations, relevant qu’une seule personne mécontente peut paralyser l’entrée et gêner les autres clients.

Plus confiant, Roger McKee dit ne pas redouter trop de réactions négatives à l'entrée de son restaurant, mais il y a toujours des personnes qui ne veulent pas suivre les recommandations liées à la COVID-19, reconnaît le gérant.

De devoir faire face à des personnes qui ne souhaitent pas suivre les consignes, c’est un travail ardu pour le commerçant, qui doit enseigner, inspirer, montrer à son employé comment y répondre, analyse la directrice générale du RGA. À cette difficulté s’ajoutent les files d’attente qui risquent de se créer, relève également Mme Sarazin. Il y a des gens qui vont décider de rebrousser chemin et de ne pas entrer dans le magasin. Ce n’est pas bon pour les commerçants, anticipe-t-elle.

À prévoir pour entrer dans les milieux prescrits, selon son lieu de vaccination :

  • Personnes vaccinées en Ontario : Fournir une preuve d’immunisation, en téléchargeant ou en imprimant un reçu électronique de vaccin sur le portail provincial ou téléphoner à la Ligne provinciale de prise de rendez-vous pour la vaccination au 1-833-943-3900.

  • Personnes vaccinées à l’extérieur de la province ou du pays : Présenter un statut vaccinal complet et une pièce d’identité.

Double effort d’adaptation

Au coin d'une rue, une femme répond au micro de Radio-Canada.

Lise Sarazin, directrice générale du Regroupement des gens d'affaires de la capitale nationale

Photo : Radio-Canada / Hugo Bélanger

Ces efforts d'adaptation pour accueillir la clientèle sont appelés à changer, de toute façon, dans un mois. Le 22 octobre, l’Ontario prévoit le lancement d’un certificat de vaccination muni d’un code QR unique, et d’une application de vérification.

La province aurait dû attendre le lancement de l'application de vérification par code QR au lieu d'exiger, pendant un mois, une preuve vaccinale et une carte d'identité, considère Dominic Lamarche, copropriétaire du restaurant Le Chardo.

Au Québec, une mesure similaire est déjà active depuis le 1er septembre.

On est habitué à ce que les deux gouvernements ne se parlent pas, regrette la directrice générale du RGA.

Lise Sarazin indique, à ce titre, que le RGA et les organismes de la région de la capitale nationale travailleront de concert pour que les deux provinces arriment leurs processus afin de soutenir davantage les efforts des entrepreneurs.

Avec les informations de Denis Babin et Rosalie Sinclair

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