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Le milieu communautaire préoccupé par la vaccination obligatoire et le passeport vaccinal

La maison La Piaule, à Val-d'Or.

La Piaule de Val-d'Or (archives)

Photo : Radio-Canada / Piel Côté

À l'approche du 15 octobre, date butoir pour la vaccination du personnel de la santé au Québec, les organismes communautaires de l'Abitibi-Témiscamingue se disent préoccupés par les exigences du gouvernement du Québec entourant l’application de la vaccination obligatoire et du passeport vaccinal.

Déjà fortement touchés par la pénurie de main-d'œuvre, les organismes craignent que ces mesures aient des impacts importants sur les personnes vulnérables en réduisant l’accès aux services et aux ressources.

La coordonnatrice de la Concertation régionale des organismes communautaires de l’Abitibi-Témiscamingue, Marie-Ève Duclos, indique que la principale inquiétude du milieu communautaire porte sur le manque d'informations claires à la disposition des intervenants.

L’inquiétude, particulièrement par rapport à la vaccination, mais aussi le passeport vaccinal, c’est qu’on ne sait pas quels organismes communautaires vont être impactés par cette décision-là. On cherche des réponses et on n’en a pas, alors il y a beaucoup d'incertitudes qui planent et ça, c’est difficile parce, qu’on ne sait pas ce qui va advenir, affirme Mme Duclos.

Le bâtiment abritant les locaux de la Maison des jeunes du Témiscamingue et CDC Témiscamingue.

Les locaux de la Maison des jeunes du Témiscamingue (archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

À la Maison des jeunes du Témiscamingue, la coordonnatrice Édith Laperrière soutient que l’application de l’obligation vaccinale dans le milieu communautaire pourrait rendre encore plus difficile le recrutement de nouveaux employés.

Avec la pénurie de main-d'œuvre qu’on vit actuellement, c’est une contrainte de plus qui nous tombe sur la tête pour faire une sélection au niveau des candidats. Dans le contexte actuel, des candidatures, on n’en a pas beaucoup, et ça [l’obligation vaccinale] c’est un filtre de plus pour pouvoir embaucher des employés, souligne-t-elle.

Mme Laperrière se désole également à l'idée de voir les jeunes divisés par l'imposition du passeport vaccinal, alors que l'organisme prône la diversité et l'inclusion.

Ça impacterait sérieusement toute l’offre d’activités qui se déroulent à l'extérieur de la Maison des jeunes. Toutes les sorties qu’on fait habituellement, soit aller au cinéma, à la patinoire ou dans des lieux publics où il y a des activités trippantes à faire avec les jeunes, c’est sûr qu’on n’aura pas le choix de trier un peu les jeunes entre ceux qui sont vaccinés et ceux qui ne le sont pas, croit-elle.

Ce n’est pas en accord avec nos valeurs à la Maison des jeunes. On a des valeurs de diversité, d’accepter la différence et c’est ce qu’on transmet aux jeunes, mais malheureusement on va devoir trier et c’est vraiment dommage.

Une citation de :Édith Laperrière, coordonnatrice de la Maison des jeunes du Témiscamingue

Intervenante à La Piaule de Val-d'Or, Manon Poudrier soutient pour sa part que le passeport sanitaire pourrait contribuer à rendre la vie encore plus difficile pour les populations vulnérables.

Ça va avoir un impact assez grave, car on dessert les itinérants, les gens les plus vulnérables de notre société. Ça va les empêcher ne serait-ce que d’aller prendre un petit café dans un restaurant pour se réchauffer. Actuellement, ce n’est pas si mal, mais lorsqu’il fera - 30, ça va être plus difficile, fait-elle remarquer.

Mme Poudrier soutient que son organisme déploie beaucoup d’efforts afin de sensibiliser sa clientèle sur l’importance de la vaccination.

On a même mis sur pied des cliniques de vaccination pour la clientèle. On va les chercher, on les invite à venir ici. On est en faveur de la vaccination, mais ce qu’on dit, c’est que le passeport vaccinal, pour notre clientèle, ça va être très discriminant.

Une citation de :Manon Poudrier, intervenante à La Piaule

Selon Mme Poudrier, les organismes communautaires ne suffiront pas à la tâche pour desservir la clientèle qui, pour une raison ou une autre, ne sera pas en mesure de démontrer aux commerçants et aux cafés qu’elle est adéquatement vaccinée.

On ne peut pas pallier pour tous ces endroits où ils n’auront plus accès, on n’a pas les ressources pour donner tous les services, on n’a pas les ressources financières pour recevoir tous ces gens en tout temps. Je pense que le gouvernement n’a pas regardé tous les angles morts en annonçant la mesure, c’est assez inquiétant, conclut-elle.

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