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Constance Lake : un besoin criant de logements

Une maison à Constance Lake.

Le cousin de Ramona Sutherland lui offert cette maison qui aurait coûté 140 000 $ pour être dans des conditions sanitaires adéquates. Cette maison est depuis considérée comme invivable.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Une crise du logement frappe de plein fouet la Première Nation Constance Lake dans le Nord de l’Ontario. Nombreux sont les Autochtones qui vivent dans des maisons surpeuplées ou qui s'exilent dans la ville voisine pour se loger.

Cet exode risque de causer la perte des traditions, de la langue et de la culture, clame haut et fort la cheffe de la Première Nation de Constance Lake, Ramona Sutherland.

Si le gouvernement canadien veut vraiment se réconcilier [avec les peuples autochtones], ses excuses n'auront un impact que s'il agit. Ce qui veut dire : répondre à nos besoins. On a besoin de maisons pour nos enfants.

Une citation de :Ramona Sutherland, cheffe de la Première Nation de Constance Lake

Ramona Sutherland précise qu’il manque au moins 60 logements dans sa communauté.

Une roulotte devant un immeuble à logement.

À Constance Lake, ce n'est pas rare de voir des roulottes devant les immeubles à logements.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Cette situation n’arrive pas seulement à Constance Lake. Selon Statistique Canada, en 2016, le quart des Premières Nations du pays vivait dans des appartements surpeuplés ou qui avaient besoin de réparations majeures.

En novembre 2017, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a annoncé sa Stratégie nationale sur le logement, où une approche spécifique pour les Autochtones était détaillée. Une politique qu'on attend toujours à Constance Lake.

Passer l'hiver dans une cabane à pêche

L’ancien chef de Constance Lake, Fred Sackaney, et sa femme ont passé plus d’un an dans leur roulotte afin d’offrir les trois chambres de la résidence familiale à leurs trois enfants et leur petite-fille.

C’était une expérience, lance-t-il mi-figue, mi-raisin. Dans la roulotte, il n’y avait pas d’électricité ni de plomberie. C’est plus une cabane à pêche que j’ai transformée.

Une cabane à pêche.

Fred Sackaney et sa femme ont établi domicile pendant 15 mois dans cette cabane à pêche située derrière la résidence familiale. Un sacrifice fait afin d'offrir une chambre à chacun de leurs jeunes.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Sa petite-fille vient de partir. Fred Sackaney et sa femme ont donc pu regagner leur demeure au début septembre.

Deux de leur progéniture demeurent encore à la maison et ils sont très loin d'en sortir puisqu'ils sont au bas de la liste d’attente pour un logement.

Une femme autour d'une table.

Fred Sackaney entouré de sa femme et de deux de ses enfants: Alma (41 ans) et Joshua ( 39 ans).

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Ça fait juste 4 ans que je suis revenue, je dois être la 60e [sur la liste d'attente], nous raconte Alma, la fille de Fred, âgée de 41 ans.

Il y en a qui sont plus hauts [sur la liste] comme ils attendent depuis 5-6 ans.

Après les études, plusieurs membres de la Première Nation partent vers les grands centres pour étudier ou travailler.

Quand vient le temps de rentrer au bercail, il n’y a plus de place pour eux. Une situation que vient de vivre la nouvelle cheffe Ramona Sutherland après avoir passé le barreau et travaillé pendant une quinzaine d’années comme avocate à Toronto et Timmins.

Elle aimerait bien vivre à Constance Lake pour vibrer au rythme de la réserve, mais elle n’a pas eu d’autres choix que de se trouver une demeure à Hearst, la ville voisine.

On m’a offert une maison, mais je n’ai pas voulu sauter la ligne. Il y a 64 familles qui sont dans la file d’attente et je ne sais pas combien attendent pour faire des rénovations, dit la cheffe qui ne voudrait pas utiliser son titre afin d'avoir un traitement de faveur.

Mésentente sur la responsabilité des logements en réserve

Les Autochtones soutiennent que la responsabilité de fournir des logements convenables appartient au gouvernement fédéral en vertu des traités et des obligations fiduciaires qui en découlent.

Mais le gouvernement fédéral, lui, affirme qu’il s’agit d’une responsabilité partagée.

Un homme et une femme discutent.

Ramona Sutherland est venue constater l'état de la maison de Fred Sackaney : la toiture en bois commence à pourrir et le revêtement extérieur est en piètre état.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

En 2015, dans son Rapport périodique sur la situation du logement dans les Premières Nations (Nouvelle fenêtre), le Comité sénatorial permanent des peuples autochtones avait remarqué la même ambiguïté en ce qui concernait l’entretien des logements : On ne peut clairement établir si cette responsabilité incombe avant tout aux personnes qui occupent les logements, aux dirigeants des Premières Nations ou au gouvernement fédéral.

Le manque de clarté à l’égard de la responsabilité en matière de logement conduit à une situation que Chris Maracle du Comité sénatorial permanent qualifie d'impasse et dans laquelle la pénurie de logements continue d’augmenter et le parc immobilier actuel de se détériorer.

Le ministère des Services aux Autochtones n'a pas donné suite à nos demandes d'entrevues répétées au sujet de Constance Lake.

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