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Devant l’ONU, Joe Biden dit vouloir ouvrir une « ère de diplomatie »

Biden parle devant un lutrin, les bras ouverts.

Le président américain Joe Biden s'est adressé aux membres de l'ONU lors de la 76e session de son Assemblée générale, à New York.

Photo : Reuters / Eduardo Munoz

Agence France-Presse

Joe Biden a assuré mardi devant l'ONU qu'il ne voulait pas d'une « nouvelle guerre froide ». Des propos qui, même s'il ne l'a pas nommée, concernent la Chine. Il a aussi défendu son attachement au multilatéralisme face à des alliés européens qui l'accusent de faire trop souvent cavalier seul.

Nous ne voulons pas d'une nouvelle guerre froide ou d'un monde divisé en blocs rigides, a déclaré le président des États-Unis à l'occasion du premier discours de son mandat à l'Assemblée générale des Nations unies.

Pour autant, les États-Unis vont participer avec vigueur à la compétition, a-t-il prévenu, sans nommer directement la puissance rivale.

Le président Biden a aussi promis de défendre la démocratie ainsi que ses alliés et de s'opposer aux tentatives des pays plus forts de dominer les plus faibles.

Son discours à la prestigieuse tribune new-yorkaise de l'ONU a justement été suivi par celui du président chinois Xi Jinping, par vidéo préenregistrée.

Ce duel à distance est resté feutré.

Le Chinois n'a pas non plus nommé les États-Unis, mais a multiplié les allusions. La démocratie n'est pas un droit spécial réservé à un seul pays, a-t-il estimé, appelant à la coopération et au dialogue.

Il a aussi pris un nouvel engagement climatique, en promettant que la Chine ne construirait plus de centrales au charbon à l'étranger.

En prélude à cet échange, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait lui aussi appelé Washington et Pékin au dialogue et servi une mise garde contre un conflit mondial qui serait beaucoup moins prévisible que la guerre froide.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait aussi déploré lundi une orientation très conflictuelle des États-Unis dans ce bras de fer et avait estimé que les Européens devaient défendre un modèle alternatif.

Pékin refuse également l'idée d'une nouvelle guerre froide comme celle qui a opposé les États-Unis à l'Union soviétique au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Mais c'est à peu près son seul point de convergence avec les États-Unis.

Les États-Unis sont un partenaire fiable, dit Biden

De l'avis de Richard Gowan, de l'organisation de prévention des conflits International Crisis Group, M. Biden a géré la question de la Chine intelligemment, sans jamais la nommer, mais en multipliant les allusions aux méfaits chinois.

La républicaine Nikki Haley, qui fut ambassadrice à l'ONU sous l'ex-président Donald Trump, a au contraire estimé que, dans son discours, le démocrate avait ignoré la réalité et la gravité des menaces des ennemis des États-Unis.

L’Assemblée générale de l’ONU, qui s'est ouverte mardi et durera une semaine, était particulièrement attendue cette année, après la version virtuelle de l'an dernier.

Joe Biden a profité de son discours dans le temple du multilatéralisme pour mettre en avant le retour de son pays comme partenaire fiable auprès de ses alliés, malmenés pendant l'ère Trump.

Au cours des huit derniers mois, j'ai accordé la priorité à la reconstruction de nos alliances.

Une citation de :Joe Biden, président des États-Unis

Pour faire la preuve de sa contribution au bien commun, il a promis de doubler l'effort financier international de Washington contre le changement climatique et annoncé de futurs nouveaux engagements contre la pandémie de COVID-19.

Avec la fin de la guerre en Afghanistan, il s'est surtout engagé à ouvrir une ère de diplomatie.

Crise des sous-marins et Iran

Un sous-marin américain.

Un sous-marin américain à propulsion nucléaire

Photo : Reuters

Mais le retrait d'Afghanistan, qui s'est achevé dans le chaos à la fin d'août au grand dam de nombreux pays européens, puis la crise ouverte avec la France, dans l'affaire des sous-marins qui a éclaté la semaine dernière, ont totalement brouillé son message.

Paris ne décolère pas contre l'annonce par les États-Unis, le 15 septembre, d'un pacte de sécurité conclu avec l'Australie et le Royaume-Uni pour contrer Pékin, surnommé AUKUS. Ce nouveau partenariat a mis le feu aux poudres transatlantiques, car il s'est fait dans le dos des Français, qui ont perdu un énorme contrat de sous-marins commandés par Canberra.

Lors d'une rencontre à New York, le président Joe Biden et le premier ministre australien Scott Morrison ont tenté de se faire rassurants en affirmant que leur pacte allait s'étendre à d'autres alliés.

Quant à Jean-Yves Le Drian, il a encore dénoncé une rupture de confiance, conforté par la solidarité de l'Union européenne.

Signe de tensions persistantes, la France a été représentée a minima dans l'hémicycle new-yorkais pendant le discours de Joe Biden, et a fait savoir que l'entretien téléphonique entre le président français Emmanuel Macron et son homologue américain, attendu d'ici la fin de la semaine, viserait une clarification plutôt qu'une réconciliation.

Parmi les autres intervenants de mardi, le nouveau président iranien Ebrahim Raïssi n'a pas donné d'indication claire sur ses intentions lors de ses débuts internationaux.

Il s'est dit favorable à la reprise des négociations pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien, interrompues depuis son élection en juin, mais a insisté pour que leur objectif final soit la levée de toutes les sanctions oppressives.

Joe Biden a, lui, redit être prêt à un retour à l’accord, que Donald Trump avait quitté, si Téhéran renoue avec les restrictions nucléaires dont l'Iran s'est affranchi.

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