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Le débat sur la hauteur des gratte-ciel à Montréal n’est pas clos

L'architecte émérite Phyllis Lambert s'invite dans la campagne électorale.

La tour en contre-plongée.

Le 1250 René-Lévesque est le deuxième édifice en hauteur de Montréal, juste après le 1000 De La Gauchetière.

Photo : Radio-Canada / Nancy Lambert

Denis Coderre a beau répéter qu'il a changé d'avis depuis la parution de son livre Retrouver Montréal, le printemps dernier, son adversaire Valérie Plante continue de l'accuser de vouloir permettre l'érection de gratte-ciel plus hauts que le mont Royal au centre-ville.

Au cinquième jour de la campagne électorale, la mairesse sortante avait convié la presse mardi pour souligner l'ambivalence du chef d'Ensemble Montréal sur cette question.

Elle était, pour l'occasion, accompagnée de l'architecte émérite Phyllis Lambert, qui lui a accordé son appui, elle qui avait rapidement pris position contre la proposition de Denis Coderre, en avril.

Les deux femmes reprochent à l'aspirant maire de vouloir faire de Montréal une ville générique.

En tout cas, moi, ça ne m’intéresse pas de devenir une ville générique, et je pense que, pour Mme Lambert, c’est la même chose. On veut protéger ce qui nous distingue, ce qui fait notre force au Canada et en Amérique du Nord.

Une citation de :Valérie Plante, cheffe de Projet Montréal

Mme Plante s’est engagée mardi à respecter le consensus établi en 1992, lors de l’adoption du plan d’urbanisme, concernant la hauteur maximale des édifices montréalais, et à continuer de protéger les vues depuis le mont Royal et vers lui. Elle avait déjà fait adopter une motion à cet effet par le conseil municipal au printemps.

Vous ne me verrez pas changer d'idée là-dessus, a-t-elle insisté. Jamais je ne vais vous faire croire que la clé pour faire du logement social, c'est des tours de 150 mètres.

L'architecte Phyllis Lambert.

L'architecte Phyllis Lambert

Photo : Radio-Canada / Hugo Lavoie

Selon Phyllis Lambert, le mont Royal est le coeur physique, historique, émotif et écologique de Montréal. À ce titre, il mérite d'être protégé, estime-t-elle.

Ce n'est pas la première fois que cette militante de longue date pour la défense du patrimoine s'investit dans une campagne électorale. Mme Lambert, qui a fondé le Centre canadien d'architecture, avait appuyé le Rassemblement des citoyens de Montréal (RCM) de Jean Doré dans les années 80.

Il n'y a plus de débats là-dessus

Le principal intéressé, lui, n'a pas fait grand cas de la sortie de Mme Plante, mardi.

Denis Coderre s'est contenté de répéter qu'il souhaitait pour Montréal une densification douce et intelligente, soulignant – comme il l'avait déjà fait – qu'il ne voulait plus augmenter les hauteurs permises au centre-ville pour permettre la construction d'immeubles dépassant la montagne.

Le président de l'Institut de développement urbain (IDU), Jean-Marc Fournier, considère lui aussi que la question est réglée. Maintenant, tout le monde convient qu’il ne faut pas aller au-delà de la limite du mont Royal, donc il n’y a plus de débats là-dessus, a-t-il souligné mardi.

N'empêche, Valérie Plante doute que Denis Coderre ait réellement changé d'idée sur la question.

Ainsi, elle invite son rival à promettre de ne pas aller dans cette direction en l'écrivant noir sur blanc dans la plateforme électorale d'Ensemble Montréal. Ce document a été entériné par le parti le 12 septembre dernier, mais il n'a pas encore été rendu public.

Le chef d'Ensemble Montréal, Denis Coderre, en point de presse.

Denis Coderre se défend de vouloir encore permettre l'érection de tours plus hautes que le mont Royal au centre-ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Prost

Les partis Ralliement pour Montréal, de Marc-Antoine Desjardins, et Mouvement Montréal, de Balarama Holness, se sont eux aussi engagés à protéger les points de vue du mont Royal.

Le plan d'urbanisme de la Ville limite depuis bientôt 30 ans la construction des gratte-ciel à 232,5 mètres au-dessus du niveau de la mer, ce qui correspond grosso modo au sommet de la montagne. Seul l'oratoire Saint-Joseph le dépasse.

Avec les informations de Philippe-Antoine Saulnier

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