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Une sculpture géante en hommage à trois bâtisseuses de Montréal

Des arches en métal sur fond de ciel bleu.

La partie supérieure de l'œuvre de Yann Pocreau

Photo : Radio-Canada / Eugénie Lépine-Blondeau

Radio-Canada

Le Port de Montréal héberge depuis la semaine dernière une nouvelle œuvre d’art gigantesque créée par le photographe et sculpteur Yann Pocreau. Installée sur la place des Commencements, la sculpture Leurs effigies souligne la contribution essentielle de trois femmes à la fondation de la métropole : Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys et Marguerite D’Youville.

Une sculpture géante est photographiée à la tombée de la nuit à Montréal. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La sculpture de Yann Pocreau vue à la tombée de la nuit.

Photo : Ville de Montréal / Yvon Bureau

L'œuvre titanesque de Yann Pocreau a été choisie à la suite d’un concours lancé en 2017 par le Bureau d’art public de la Ville de Montréal, qui souhaitait mettre en valeur la porte d’entrée maritime qui accueille les bateaux de croisière en provenance du fleuve : la place des Commencements, au Grand Quai du Port de Montréal. Un mandat plutôt acrobatique, selon M. Pocreau.

L’idée, c’était de faire un geste signature qui allait à la fois accueillir les gens, sans obstruer la vue sur le fleuve, et mettre en valeur l’architecture portuaire, mais qui allait surtout citer le legs qu’auront laissé Jeanne Mance, Marguerite Bourgeoys et Marguerite d’Youville en matière de santé, de développement social et d’éducation, a expliqué l’artiste en entrevue avec Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à Tout un matin.

Rappelons que Jeanne Mance a fondé l'Hôtel-Dieu de Montréal; Marguerite Bourgeoys, la première école de Montréal et la Congrégation de Notre-Dame, vouée à l’enseignement; et Marguerite d’Youville, la Congrégation des Sœurs de la Charité de Montréal (Sœurs Grises), consacrée aux services sociaux pour les personnes démunies.

Un design épuré basé sur le portrait des bâtisseuses

La sculpture est constituée de trois arches surmontées de deux voiles de cuivre, qui suivent les lignes de tête des trois femmes à l’honneur. Le croquis original dessiné par Yann Pocreau est basé sur des représentations trouvées dans l’ouvrage Histoire des Canadiens-Français, 1608-1880, de Benjamin Sulte.

Trois portraits des femmes avec des croquis aux lignes simples au-dessus. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le croquis initial de Yann Pocreau pour son œuvre, basé sur des portraits de Jeanne Mance, de Marguerite D'Youville et de Marguerite Bourgeoys.

Photo : Gracieuseté : Yann Pocreau

Le défi, c’était de faire un geste en acier, sans en faire une œuvre pleine de machisme, une affaire lourde. Je la trouve délicate, je la trouve aérienne. Je voulais que ça reste dans le dessin. Même si ça pèse 35 tonnes [...], on n’a pas l’impression de quelque chose d’imposant.

En effet, la légèreté apparente de l'œuvre ne laisse pas deviner les efforts colossaux qui ont dû être déployés pour son installation.

Près de 4000 heures de travail

D'une hauteur maximale de 16 mètres et d'une largeur de 17,3 mètres, la sculpture de Yann Pocreau n’a pas été érigée par magie. Sa production, pour laquelle l’artiste était accompagné d’une grande équipe, a nécessité entre 3000 et 4000 heures de travail.

Après ça, il y a le travail de conception, gérer les "gars de pépine", le pieutage, a expliqué l'artiste. Pour une œuvre comme ça, on l’oublie, mais il y a tout le travail en sous-sol. C’est un terrain vaseux, une jetée sous le fleuve, donc les pieux vont sous le fleuve. Ils font 21 mètres, alors ce qui se trouve dans le sol est plus haut que la sculpture, a expliqué l’artiste.

Entre le dessin d’une œuvre et sa réalisation, M. Pocreau avoue qu’il n’est pas toujours soufflé par le résultat, mais cette fois-ci, il a versé une larme.

Quand on l’a assemblée au sol et qu’on l’a soulevée avec les deux grues, je me suis mis à pleurer. Même moi, ça m’a surpris, a-t-il affirmé. C’est fou, ça part d’un dessin. C’est là que, des fois, je rêverais d’être architecte.

Maintenant que le gros du travail est derrière lui, Yann Pocreau n’a qu’un souhait : que les Montréalais et Montréalaises s’approprient son œuvre. Je n’ai plus envie que ce soit à moi, j’ai envie que les gens en fassent la leur.

M. Porceau n'aurait pas pu concrétiser sa sculpture sans l'aide de ses collaborateurs : Éric Millette, Jean-François Gagnon, Étienne Savaria, Desmarais Concept et Lumenpulse.

Avec les informations d'Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l'émission Tout un matin.

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