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Tyler Shandro et Jason Kenney en conférence de presse.

Tyler Shandro n'est plus ministre de la Santé, a annoncé la province mardi.

Photo : Radio-Canada / Trevor Wilson

Le ministre albertain de la Santé, Tyler Shandro, a quitté son poste, a annoncé le premier ministre Jason Kenney mardi après-midi. Il est remplacé par Jason Copping, libérant son poste de ministre du Travail et de l'Immigration.

Tyler Shandro prend donc les rênes de ce ministère.

Le dévouement de Tyler à son travail et à servir les Albertains n’a jamais été remis en question. [...] Cependant, nous sommes tous les deux arrivés à la conclusion [...] que le temps est venu pour un nouveau départ et un nouveau regard sur le plus grand département du gouvernement, a déclaré Jason Kenney en conférence de presse.

Il ajoute que depuis le début de la pandémie, Tyler Shandro et sa famille ont été victimes de harcèlement de la part d’Albertains opposés aux mesures sanitaires.

Cela a été très difficile pour Tyler Shandro, dit-il.

De son côté, Jason Copping indique qu’il se concentrera sur trois enjeux pour faire face à la pandémie.

Tout d’abord, il souhaite augmenter la capacité des hôpitaux et des unités de soins intensifs de manière permanente. Il veut également mieux informer les personnes qui hésitent à se faire vacciner afin d’augmenter le taux de vaccination dans la province ainsi que mieux préparer le système de santé à faire face aux prochaines vagues de la pandémie.

Jason Copping est prêt à relever la tâche colossale de passer à travers la quatrième vague et de faire face à ce que nous réserve le virus dans l’avenir, affirme Jason Kenney.

Crise sanitaire

Cette nouvelle survient alors que l’Alberta demande officiellement l’aide du gouvernement fédéral pour soulager le système de santé qui vient de battre son record d’hospitalisations en lien avec la COVID-19.

Selon Services de Santé Alberta, les soins intensifs de la province fonctionnent à 170 % de leur capacité habituelle. Mardi matin, 294 patients, presque tous atteints de la COVID-19, s’y trouvaient.

Dans une lettre adressée à Ottawa, le ministre des Affaires municipales, Ric McIver, réclame du soutien pour transporter des patients hors de la province. Il demande aussi au gouvernement canadien de l’aider à augmenter le personnel dans les unités de soins intensifs.

Le gouvernement Kenney a récemment dû faire marche arrière sur sa promesse de n’instaurer aucune forme de passeport sanitaire, alors que les soins intensifs menacent de s’écrouler.

Dans un communiqué par courriel, l’opposition officielle affirme que le changement de ministre est bienvenu, mais que ce n’est pas une solution à la crise dans laquelle la province est plongée.

Un remaniement ministériel n’allégera pas l’immense pression sur nos hôpitaux pendant cette grave quatrième vague, écrit la chef néo-démocrate Rachel Notley.

Bon débarras, dit un syndicat

Bon débarras, a commenté sans détour la vice-présidente du Syndicat des employés provinciaux de l’Alberta (AUPE), Susan Slade, dans un communiqué. Tyler Shandro a mis le feu au système de santé de l’Alberta et abandonné les Albertains à leur sort. Il est plus que temps qu’il souffre un peu des conséquences de ses actions.

L'AUPE reproche notamment à l’ex-ministre de la Santé d’avoir cherché à abolir des postes de soutien et d’avoir confié certains services connexes au réseau de santé à des sous-traitants.

Susan Slade craint toutefois que le changement de ministre de la Santé ne s’accompagne pas d’un changement d’approche.

Le groupe Friends of Medicare, qui milite pour l’accès aux soins de santé publics, est du même avis.

Nous espérons que ce remaniement ne servira pas à détourner la responsabilité pour notre crise sanitaire actuelle, qui a été précipitée par un manque continu de leadership , fait-il savoir dans un communiqué.

Un remaniement au lendemain d’une élection fédérale douloureuse

Des disputes avec les médecins en pleine pandémie et des accusations d’intimidation avaient provoqué des appels à la démission de Tyler Shandro dès mars 2020.

Ceux-ci se sont intensifiés en même temps que la crise sanitaire dans la province.

Le politologue de l’Université de l’Alberta Frédéric Boily affirme que Jason Kenney aurait dû le remplacer bien avant pour qu’on fasse taire les critiques.

Frédéric Boily est convaincu que Jason Kenney tente de sauver les meubles au lendemain de la défaite électorale des conservateurs fédéraux que plusieurs lui reprocheront.

Ce n’est pas anodin et ce n’est pas anecdotique. Ça correspond certainement au contexte de l’élection, croit le politologue.

Il doute que ça suffise maintenant pour calmer la colère qui gronde de plus en plus fort contre le premier ministre.

Duane Bratt, professeur en sciences politiques de l’Université Mount Royal, pense aussi que Tyler Shandro paie surtout pour les erreurs de son chef

La décision d’aujourd’hui à l’air d’une tentative désespérée de s’accrocher au pouvoir, pour dire "c’est moi le chef et c’est moi qui va prendre les décisions", estime-t-il.

Avec des informations de Charlotte Dumoulin et d'Andréane Williams

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