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Plus d’un enfant infecté sur dix pourrait souffrir du syndrome post-COVID

Alors que le nombre de cas de COVID-19 augmente chez les jeunes, une analyse israélienne montre que des milliers d’enfants infectés ont des symptômes qui perdurent.

Un jeune garçon dessine un coronavirus.

Les moins de 18 ans représentent 20 % des cas de COVID-19 au Canada depuis le début de la pandémie.

Photo : getty images/istockphoto / coscaron

Le gouvernement israélien a questionné les parents de plus de 13 000 enfants âgés de 3 à 18 ans qui ont été infectés à la COVID-19. Un peu plus de 11 % des parents rapportent que leurs enfants continuent d’avoir des symptômes après la phase aiguë. De plus, 1,8 % des enfants de moins de 12 ans et 4,6 % des enfants de 12 à 18 ans rapportaient des symptômes plus de six mois après la phase aiguë de la maladie.

C’est pour ces raisons que des médecins comme la Dre Than Diem Nguyen, de la clinique post-COVID au CHU Sainte-Justine de Montréal, s’inquiètent d’une augmentation des infections pédiatriques.

On parle de plus en plus de la longue COVID, mais pas autant de la longue COVID pédiatrique, dit cette pneumologue. On voit beaucoup les hospitalisations et ça marque les gens. Mais les parents sont étonnés de voir que la longue COVID peut arriver chez les enfants.

Sur les 1,5 million d'infections au Canada recensées depuis le début de la pandémie, plus de 305 000 touchent des jeunes de moins de 19 ans, soit 20 % de tous les cas.

Il existe encore peu d’études au sujet du syndrome post-COVID chez les enfants, mais il semble se manifester de la même façon chez les enfants et les adultes, dit la Dre Nguyen. Les symptômes pédiatriques ressemblent énormément à ce qui est décrit chez les adultes. La cause exacte n'est pas vraiment claire, même chez les adultes.

Selon une analyse de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), plus de 80 % des personnes infectées par la COVID-19 ressentent des symptômes après quatre semaines et 56 % au-delà de trois mois après leur diagnostic.

Selon une étude de l’Université Yale, un tiers des personnes infectées ont signalé au moins un symptôme deux mois après leur diagnostic. Les symptômes les plus courants étaient la fatigue, les difficultés respiratoires, l'anosmie (perte de l'odorat) et la parosmie (perceptions erronées d'odeurs).

Des dizaines de symptômes sont associés au syndrome post-COVID, dont : fatigue, mal de tête, essoufflement, douleurs thoraciques, toux, perte d'odorat et/ou du goût; douleurs articulaires; douleurs musculaires et douleur ou faiblesse, perte de mémoire, brouillard cérébral, vertiges, fièvre intermittente, rythme cardiaque rapide ou irrégulier, anxiété, dépression, insomnie, éruptions cutanées, diarrhée, nausées, perte de cheveux.

Les personnes hospitalisées étaient plus nombreuses à souffrir du syndrome post-COVID. Les femmes, les personnes de 40 ans et plus, les personnes noires et les personnes ayant des problèmes de santé préexistants rapportent davantage de symptômes à long terme.

Chez les enfants, la Dre Nguyen précise que les adolescentes et les filles semblent être plus sujettes au syndrome post-COVID.

Des patients sans problèmes médicaux

Un autre élément qui est similaire chez les jeunes et les adultes est que plusieurs des patients qui souffrent du syndrome post-COVID n’avaient pas de prédispositions ou de comorbidités et étaient généralement en pleine santé.

Si les symptômes semblent diminuer avec le temps, la Dre Nguyen indique que la route vers un plein rétablissement peut prendre des mois. Une des patientes à leur clinique est d’ailleurs une adolescente qui souffre toujours de symptômes, 18 mois après son infection.

La pneumologue rappelle que le syndrome post-COVID peut également toucher les personnes qui n’ont ressenti aucun symptôme ou des symptômes tellement légers qu’ils ne savaient pas qu’ils étaient infectés.

Plus de 200 000 enfants israéliens ont été déclarés positifs à la COVID-19, et la moitié d’entre eux étaient asymptomatiques. Cette analyse estime par ailleurs que 3,5 % des enfants qui ont des symptômes à long terme étaient asymptomatiques.

C’est pour ça qu’il faut aller se faire tester si on a des symptômes qui s’apparentent à la COVID-19. Ça peut aider à faire une association si une personne développe des symptômes quelques semaines plus tard, dit la Dre Nguyen.

Enfin, la Dre Nguyen dit que l’anxiété est très forte chez les patients souffrant du syndrome post-COVID. Il y a beaucoup d’anxiété de rattraper une deuxième infection, dit-elle. Souvent les gens sont très soulagés de venir en clinique et d'être entendus.

Dans l’analyse israélienne, 30 % des enfants infectés rapportaient une détérioration des capacités neurologiques, cognitives et mentales, y compris des problèmes de concentration et des troubles du sommeil.

La Dre Nguyen rappelle qu’il n’existe pas de médicaments pour traiter le syndrome post-COVID. On suggère souvent de faire des programmes d’exercice progressifs, beaucoup de repos et de sommeil régulier.

Elle croit que l’arrivée du vaccin aidera à réduire le nombre d’enfants qui pourraient développer des symptômes à long terme après une infection. D’ailleurs, selon une étude britannique, le risque d’avoir des symptômes qui persistent est réduit de moitié chez les personnes qui ont reçu deux doses du vaccin.

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