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Des Premières Nations n’ont pas pu voter le jour de l’élection

Angela tient sa carte d'élection dans ses mains et regarde directement la caméra.

Angela Petiquan n'a pas voté en raison des erreurs dans sa carte d'électeur et de la distance à parcourir pour voter.

Photo : Angela Petiquan

Radio-Canada

Certains membres des communautés autochtones éloignées du Nord-Ouest de l’Ontario se sont heurtés à des barrières importantes lors de la journée électorale.

Pour certains, les bureaux de vote étaient situés à des centaines de kilomètres du lieu de résidence; pour d’autres, aucun bureau de vote n’a ouvert ses portes dans la communauté, malgré une indication contraire sur la carte d’électeur.

Aucun bureau de vote dans trois Premières Nations

Pour trois Premières Nations éloignées accessibles seulement par avion – Cat Lake, Poplar Hill et Pikangikum – il n'y avait tout simplement pas de bureau de vote pour les résidents le jour de l'élection.

Au début de la campagne électorale, ces Premières Nations ont indiqué que plusieurs membres de leurs communautés seraient en déplacement lors de la période électorale pour la saison de chasse, de pêche et de cueillette, et seraient incapables de voter.

Un homme tient un stylo et est assis à un bureau.

Selon monsieur Grenier, Élections Canada est en discussion avec le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et les conseils scolaires.

Photo : Travis Gagnon

Selon Réjean Grenier, porte-parole d'Élections Canada, l'organisation est allée à la rencontre de ces communautés pour trouver des solutions. Une entente aurait été conclue pour ouvrir des bureaux de vote par anticipation au sein des Premières Nations du 10 au 13 septembre.

Les dirigeants et les résidents des trois Premières Nations étaient surpris d’apprendre que le bureau de vote du jour du scrutin avait été remplacé par le bureau de vote par anticipation.

Élections Canada enquête sur l’effort de communication qui a été déployé au sein de ces communautés.

Rien n'indique qu'il n'y aurait pas de bureaux de vote dans ces communautés simplement parce qu'elles ont obtenu un vote par anticipation, critique Tania Cameron, une employée du NPD qui travaille pour faciliter l’accès au vote des électeurs des Premières Nations dans les réserves depuis des années.

C'est ridicule, parce que des bureaux de vote par anticipation ont eu lieu dans des villes et villages à travers le Canada, et ces villes et villages ont toujours un bureau de vote le jour des élections.

Une citation de :Tania Cameron, employée du NPD et activiste pour l'accès au vote dans les Premières Nations
Une femme devant un lac.

Tania Cameron travaille pour le NPD. Son mandat est de faciliter l'accès au vote auprès des communautés autochtones en milieu rural. (Archives)

Photo : Courtoisie de Tania Cameron

Ces trois Premières Nations représentent plus de 1 600 électeurs. La perte potentielle de leurs votes est donc particulièrement importante pour le résultat de cette circonscription, où le conservateur sortant Eric Melillo a remporté la victoire avec moins de 1 200 voix en 2019.

Est-ce du racisme systémique? Est-ce la suppression du vote? Ces questions se posent, selon Mme Cameron.

Six heures de route pour voter

La course est traditionnellement serrée dans la circonscription de Kenora, où habite Angela Petiquan, une résidente de Wabauskang.

J’ai entendu dire que ça allait être une compétition serrée entre les candidats, et donc je voulais vraiment m’assurer de voter, relate-t-elle.

Elle comptait se rendre au bureau de scrutin après le travail. Après avoir vérifié l'adresse indiquée sur sa carte d’électeur, elle s’est rendu compte que son bureau de vote était situé dans la Première Nation Slate Falls, à environ six heures de route au nord-est de chez elle.

Carte qui montre la route à prendre.

Le bureau de vote inscrit sur la carte d'électeur d'Angela Petiquan était situé à plus de 250 km de sa résidence.

Photo : GOOGLE MAPS

Le fils de Mme Petiquan habite à la même adresse, mais sa carte d’électeur le dirigeait plutôt vers le bureau de vote de Vermilion Bay, situé à environ une heure de route de leur résidence.

Finalement, il s’avérait que le bon bureau de vote était situé à Vermillion Bay, mais la distance à parcourir a découragé les Petiquan qui n’ont finalement pas voté.

Comment se fait-il qu'il n'y ait pas de bureau de vote à proximité de notre communauté?, demande la résidente de Wabauskang.

J’ai l’impression que je n'ai pas d'importance et que mon vote ne compte pas.

Une citation de :Angela Petiquan, résidente de la Première Nation Wabauskang.

De nombreux résidents de la Première Nation, y compris mon fils, n’ont pas accès à un véhicule ou un permis de conduire, alors il est très difficile de se rendre au bureau de vote en voiture, ajoute-t-elle.

Selon M. Grenier, il y a souvent des erreurs sur les cartes d'électeurs et des défis supplémentaires dans les Premières Nations, parce que certaines n'ont pas le même système d’adresse qu’on retrouve dans les zones plus urbaines.

Problèmes de personnel au bureau de vote

Pendant ce temps, le bureau de vote de la Première Nation de Grassy Narrows n'a ouvert que tard dans l’après-midi parce que le personnel formé ne s'est pas présenté dans la matinée de lundi.

Selon le porte-parole d’Élections Canada, le bureau d’une autre Première Nation de Kenora aurait eu des problèmes de personnel le jour de l’élection, et l’organisation électorale n’a pas envoyé d’employés supplémentaires à cette communauté accessible seulement par avion.

Avec les informations de Logan Turner, CBC News

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