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Élections fédérales : « je suis intervenu, je ne le regrette pas », dit Legault

Gros plan de François Legault.

François Legault

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Le premier ministre québécois a dit mardi ne pas regretter d'avoir « défendu les intérêts de la nation québécoise » en appelant à élire un gouvernement minoritaire conservateur pendant la campagne électorale fédérale, un scrutin qui a toutefois vu Justin Trudeau et les troupes libérales décrocher un troisième mandat d'affilée à Ottawa.

Je suis intervenu, je ne le regrette pas, a commenté François Legault au sujet de son appui tacite aux conservateurs d'Erin O'Toole, au lendemain de l'élection de Justin Trudeau à la tête d'un gouvernement libéral minoritaire.

M. Legault dit avoir déjà discuté avec M. Trudeau depuis lundi soir.

C’est sûr qu’on a des différends, mais on s’est dit tous les deux qu’on était capables de travailler ensemble.

Une citation de :François Legault, premier ministre du Québec

Durant la campagne, vous m’avez entendu défendre à plusieurs reprises l’autonomie de la nation québécoise, je ne regrette pas du tout de l’avoir fait et je vais continuer de le faire.

François Legault a donné un point de presse dans le foyer de l'Assemblée nationale mardi pour réagir aux résultats du scrutin de la veille, qui a apporté peu de changement dans le paysage politique fédéral.

Au Québec, le Bloc québécois est en voie de faire élire 34 députés, privant ainsi les libéraux d'une majorité, comme en 2019, lorsqu'ils en avaient fait élire 32. Ce qu'il faut retenir de ces résultats, c'est que le Québec est incontournable pour un parti qui veut un gouvernement majoritaire à Ottawa, estime François Legault.

Ainsi, selon lui, le Québec a voté bleu, puisqu'en additionnant les 34 députés bloquistes aux 10 que les conservateurs ont réussi à faire réélire, une majorité de la province – soit 44 circonscriptions sur 78 – a voté contre le Parti libéral du Canada.

Mais l'élection est finie, les électeurs ont tranché, a-t-il conclu, estimant que la priorité des priorités est maintenant le dossier de l'augmentation des transferts fédéraux en santé. Il souhaite d'ailleurs organiser une rencontre avec Ottawa, idéalement dans les prochains mois, avant Noël.

Ça n'a pas de bon sens que le gouvernement fédéral, qui reçoit plus de 40 % de nos impôts, finance seulement 22 % des dépenses de santé dans les provinces.

M. Legault dit s'attendre à ce que tous les partis à la Chambre des communes en fassent une priorité absolue.

L'opposition écorche François Legault

À l'Assemblée nationale, les partis d'opposition ont, eux, fait front commun sur un dossier : leur mécontentement quant à la prise de position de M. Legault pendant les élections fédérales, estimant qu'il a mis le Québec dans une fâcheuse posture.

Les chefs n'ont pas manqué l'occasion d'écorcher M. Legault, lui qui avait invité les nationalistes québécois, début septembre, à « se méfier » des libéraux, des néo-démocrates et des verts. Il avait dénoncé les tendances centralisatrices de ces trois partis, les estimant dangereuses. Il trouvait davantage de vertus aux conservateurs.

Le grand perdant, c'est François Legault. Il a parié gros et il a perdu. Dans cette défaite, il a entraîné tous les Québécois.

Une citation de :Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec
Dominique Anglade en point de presse à l'Assemblée nationale.

Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec, estime que François Legault est le grand perdant des élections fédérales.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

La cheffe du Parti libéral du Québec n'a ainsi pas mâché ses mots à l'endroit du premier ministre. Au dire de Dominique Anglade, les relations seront certainement plus complexes entre Québec et Ottawa, en raison de l'appui du premier ministre au Parti conservateur.

Le chef du Parti québécois s'est aussi montré inquiet des éventuelles relations de la province avec le fédéral. On se retrouve donc dans un cul-de-sac, ce matin, a lancé Paul St-Pierre Plamondon, en point de presse à l'Assemblée nationale.

Qui est au pouvoir? À nouveau les libéraux, mais François Legault a dit que c'était un parti dangereux pour le Québec. Dans quel univers est-ce qu'on va obtenir un quelconque gain, si Ottawa nous avait déjà à peu près tout refusé?

Pour le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois, les résultats des élections fédérales sont un retour à la réalité pour François Legault, qui s'est mis les pieds dans les plats.

J'aimerais bien être une mouche dans la pièce, au moment où François Legault parlera avec Justin Trudeau.

Une citation de :Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de Québec solidaire

Au cours d'une allocution devant les médias, M. Nadeau-Dubois a également invité tous les partis représentés à l'Assemblée nationale à créer des consensus forts, notamment sur la question de l'environnement.

Du côté des libéraux fédéraux, le leader du gouvernement, Pablo Rodriguez, s'est dit déçu et surpris de François Legault, parce que [le gouvernement Trudeau] a livré plus que tout autre gouvernement fédéral à travers l'histoire : l'entente sans condition sur les garderies, l'entente asymétrique sur le logement... Aucune autre province ne bénéficie de telles ententes.

M. Legault est élu par des Québécois; je suis élu par des Québécois. On représente le même monde, et on veut le succès du même monde, les Québécois et les Canadiens, a-t-il ajouté sur les ondes d'ICI RDI.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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