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Vers une reprise des négociations sur le nucléaire iranien

Des hommes et des femmes autour d'une table

Les négociateurs sont réunis dans la capitale autrichienne.

Photo : via reuters / Délégation de l'Union européenne à Vienne

Radio-Canada

L’impasse dans laquelle se trouvent les négociations sur l’accord nucléaire iranien trouvera-t-elle une issue cette semaine à New York?

Selon le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, lui et ses homologues des pays signataires de l’accord devraient se réunir cette semaine en marge de l’Assemblée générale de l’ONU.

L’objectif de cette réunion est de tenter de relancer les négociations de Vienne, qui sont au point mort depuis juin dernier.

Il importe de faire en sorte qu'au cours de cette semaine on puisse essayer d'engager une dynamique positive de reprise des discussions de Vienne sur le retour de l'Iran et des États-Unis au JCPOA [acronyme anglais de l’accord de 2015], a indiqué M. Le Drian.

Un homme parlant devant un pupitre et un homme derrière lui

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian en compagnie du secrétaire d'État Antony Blinken, à Washington, lors de la cérémonie du 14 juillet 2021

Photo : AFP / NICHOLAS KAMM

Selon des sources citées par l’AFP, la réunion se tiendrait mercredi, mais aucune source officielle n’a confirmé l’information.

Le nouveau ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir-Abdollahian, qui est à New York cette semaine, doit rencontrer lors d'entretiens bilatéraux ses homologues allemand, chinois, français, britannique et russe, tous signataires de l'accord.

En revanche, aucune rencontre n'est prévue avec son homologue américain Antony Blinken. Lors des négociations de Vienne, les Américains et les Iraniens ne se sont pas rencontrés. Les discussions ont eu lieu par l’intermédiaire des Européens, des Chinois et des Russes.

Retrait unilatéral

En 2018, l'ex-président américain Donald Trump s’est retiré unilatéralement de l’accord signé en 2015 par l’administration de Barack Obama, en rétablissant les sanctions contre l’Iran que l’accord avait levé.

En retour, l'Iran s'est affranchi progressivement des limites que l'accord avait imposées à son programme nucléaire.

Le président Joe Biden s'est dit prêt à réintégrer l'accord si Téhéran renoue avec ses engagements nucléaires.

De leur côté, les Iraniens exigent la levée des sanctions pour revenir à leurs obligations de l’accord.

Mais au-delà de la levée des sanctions contre la reprise des engagements de l’Iran, d’autres éléments sont apparus en cours de route.

Les Européens, par la voie du ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas, ont indiqué qu’ils souhaitaient un accord élargi, incluant le programme de missiles balistiques et le rôle que joue l’Iran dans la région. Ce que l’Iran refuse catégoriquement.

Donner du temps à la diplomatie

Le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), qui s'exprimait pour la première fois lundi devant l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne, a exhorté Washington à revoir sa stratégie et à lever l'ensemble des sanctions.

Il est désormais temps pour les États-Unis de rectifier leur mauvaise politique et de supprimer au préalable toutes les sanctions, a déclaré Mohammad Eslami, au premier jour de la Conférence générale annuelle de l'AIEA.

Le président [iranien, Ebrahim Raïssi, NDLR] a clairement indiqué que son gouvernement souhaitait des résultats, le but des négociations étant de lever l'injuste pression à laquelle est soumise la nation iranienne, a insisté M. Eslami.

L'administration américaine doit abandonner son addiction aux sanctions unilatérales et respecter le droit international.

Une citation de :Mohammad Eslami, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique

Dans son dernier rapport, l’AIEA critiquait le manque de coopération de l'Iran, jugeant sa mission de surveillance sérieusement entravée.

Depuis, le directeur général Rafael Grossi a pu se rendre en Iran et régler la question la plus urgente de l'entretien des caméras et autres outils de surveillance. Il s'agit d'une mesure pour donner du temps à la diplomatie, avait-il expliqué, dans l'espoir d'une reprise rapide des pourparlers de Vienne.

En vertu d’une loi votée en février par son Parlement, l’Iran avait limité l’accès aux sites nucléaires à l’AIEA. Cependant, l’organisme onusien inspecte régulièrement les principaux sites du pays, en particulier le complexe d'enrichissement de Natanz, dans le centre du pays.

L’Iran s’affranchit des limites

Des centrifugeuses dans une usine.

Cette photo publiée par l'AIEA en novembre dernier montre des centrifugeuses à l'usine de Natanz, en Iran.

Photo : La Presse canadienne / AP/AIEA

D'après les termes de l'accord conclu à Vienne en 2015, l'Iran avait convenu de limiter le niveau d'enrichissement d'uranium à 3,67 % pour un plafond de 202,8 kilos.

Enrichi entre 3 et 5 %, cet uranium sert à alimenter les centrales nucléaires pour la production d'électricité.

En riposte au retrait de Donald Trump de l’accord, l'Iran s'est progressivement affranchi de ses engagements.

Il a ainsi commencé à dépasser le plafond autorisé tout en enrichissant jusqu'à 5 %. Selon le dernier rapport de l'AIEA, il avait accumulé fin août 2441,3 kilos d'uranium, soit 12 fois la limite autorisée.

En début d'année, l'Iran est allé plus loin en montant à 20 %, un niveau qui permet en théorie de produire des isotopes médicaux, utilisés notamment dans le diagnostic de certains cancers. Son stock enrichi à ce taux s'élève désormais à 84 kg.

Puis en avril, la République islamique a franchi le seuil inédit de 60 % et en a produit depuis 10 kg, se rapprochant des 90 % nécessaires à la confection d'une bombe, selon des experts.

L’Iran soutient toutefois que programme nucléaire est entièrement civil.

Avec les informations de Agence France-Presse

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