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Bataille politique aux États-Unis sur le plafond de la dette

Le Capitole américain le 19 septembre dernier.

Seul le Congrès a la prérogative de relever le plafond de la dette.

Photo : Getty Images / AFP / DANIEL SLIM

Agence France-Presse

La course contre la montre est lancée au Congrès américain, pour trouver un accord sur le plafond de la dette et éviter aux États-Unis d'être en défaut de paiement, ce qui aurait des conséquences gravissimes sur l'économie non seulement américaine, mais aussi mondiale.

Le plafond de la dette est le montant de dette à partir duquel le pays ne peut plus émettre de nouveaux emprunts pour se financer, ce qui l'empêche d'honorer ses paiements.

Il diffère du shutdown, la paralysie des services de l'État fédéral, qui peut survenir lorsque le Congrès n'arrive pas à s'entendre sur le budget avant le 30 septembre.

Les deux sujets sont cette année concomitants. Pour éviter l'interruption des services, la Chambre des représentants adoptera cette semaine une loi pour financer le gouvernement jusqu'en décembre, a indiqué lundi, dans un communiqué, la présidente démocrate de la Chambre, Nancy Pelosi.

La présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, lors d'une conférence de presse hebdomadaire au Capitole.

La présidente de la Chambre des représentants, la démocrate Nancy Pelosi

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Ce projet de loi prévoit, par ailleurs, de suspendre le plafond de la dette jusqu'en décembre 2022, a-t-elle précisé.

Seul le Congrès a la prérogative de relever ce plafond, et, avec le texte annoncé lundi par Mme Pelosi, les démocrates espèrent se donner du temps, pour rallier ensuite le soutien des républicains.

Se passer des voix républicaines?

Ces derniers s'opposent farouchement aux 3500 milliards de dollars de dépenses sociales voulues par Joe Biden. Les démocrates envisagent d'ailleurs, pour faire adopter ces mesures, d'utiliser une procédure qui leur permet de se passer des voix républicaines.

Ils auraient la possibilité d'inclure le plafond de la dette dans ce dispositif, dit de réconciliation.

Mais ils se heurtent à la date butoir du 30 septembre, puisque les négociations sont embourbées. D'autant plus qu'il y a des divergences de vues au sein même des démocrates.

Mitch McConnell, devant un drapeau américain, le doigt levé vers quelqu'un.

Le chef de la minorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell

Photo : Reuters

Les démocrates contrôlent l'ensemble du gouvernement. Ils pensent qu'ils sont tout à fait capables de régler seuls le plafond de la dette.

Une citation de :Mitch McConnell, chef de la minorité républicaine au Sénat, sur Twitter

Il a accusé les démocrates de vouloir obtenir les votes des deux partis pour faire endosser collectivement une dette historique.

Le pays ne doit jamais être en défaut de paiement. Le plafond de la dette devra être relevé. Mais il revient à ceux que le peuple américain a élus de le faire, avait-il déclaré la semaine dernière au site d'actualité politique Punchbowl News.

Pas de nouvelles dépenses

L'administration Biden, de son côté, n'a cessé de rappeler que le plafond de la dette concerne les dépenses déjà engagées, y compris par l'administration Trump, et non celles qui n'ont pas encore été adoptées.

Démocrates et républicains ont la responsabilité de payer la dette que nous avons déjà contractée. Cela a toujours été fait avec la participation des deux partis, a souligné lundi le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer.

Il ne s'agit pas d'un nouveau combat partisan : il s'agit d'éviter une crise qui anéantirait tous les progrès que notre pays a accomplis pour se relever de la crise de la COVID.

Une citation de :Chuck Schumer, chef de la majorité démocrate au Sénat
Le leader de la majorité au Sénat, Chuck Schumer, au Capitole, le 14 septembre dernier.

Le chef de la majorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer

Photo : Getty Images / Kevin Dietsch

L'administration Biden a de nouveau alerté l'opinion publique lundi contre le risque d'une crise financière historique, car les États-Unis ne pourraient plus honorer leurs engagements financiers à partir de la mi-octobre.

Taux d'intérêt qui flambent, soldats et retraités sans aucun revenu, nouvelle récession pour les États-Unis et des millions de destructions d'emplois à la clé : la secrétaire au Trésor Janet Yellen a dépeint une vision apocalyptique dans un éditorial publié dans le Wall Street Journal.

Le plafond de la dette est de nouveau en vigueur depuis le 1er août, à 28 400 milliards de dollars – contre 5 milliards de dollars seulement au milieu des années 1990. Il avait été suspendu en août 2019, grâce à un accord entre l'ex-président Donald Trump et les élus démocrates du Congrès.

Le sujet est récurrent dans la vie politique américaine : depuis les années 1960, ce plafond a été relevé ou suspendu 80 fois. Au cours des quatre années du mandat de Donald Trump, trois suspensions avaient été votées.

Échouer à relever le plafond de la dette aurait de graves conséquences que les experts ne sont pas capables de prévoir, avait souligné le Committee for a Responsible Federal Budget, une organisation centriste, dans un document publié le 28 juillet.

Les États-Unis n'ont jamais été en défaut de paiement, mais en 2011, sous l'administration de Barack Obama, l'impasse politique avait conduit l'agence de notation Standard and Poor's à retirer la note AAA à la dette américaine, ce qui avait provoqué une onde de choc sur les marchés.

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