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Moyens de pression des optométristes : 250 000 examens de la vue annulés

Vue de face d'une jeune personne effectuant un examen de la vue dans une clinique.

Environ 15 000 rendez-vous ont été annulés chaque jour depuis début septembre. (Archives)

Photo : The Associated Press / Megan Farmer

Thalia D’Aragon-Giguère

Depuis le 1er septembre, les optométristes ontariens ont cessé de fournir certains soins oculaires couverts par l’assurance-maladie provinciale en raison d’une rupture des pourparlers avec le gouvernement de l’Ontario au sujet des honoraires.

Cet arrêt de services a mené, jusqu’à maintenant, à l’annulation d’environ 250 000 examens de la vue, selon l'Association des optométristes de l’Ontario. Nous en sommes à notre 20e journée sans fournir des services aux patients assurés par la province, indique son président, le Dr Sheldon Salaba.

Cela signifie qu’environ 15 000 rendez-vous ont été annulés au quotidien en termes de jours ouvrables depuis début septembre.

Une citation de :Dr Sheldon Salaba, président de l'Association des optométristes de l’Ontario

Selon l’Association des optométristes de l’Ontario, les frais couverts par le Régime d'assurance-maladie de la province (RAMO) sont insuffisants pour combler les coûts véritables des soins oculaires. Les spécialistes affirment devoir débourser 45 % du coût d’un examen de la vue.

En 1989, le gouvernement de l'Ontario payait 39,15 $ pour un examen de la vue couvert par le RAMO. En 2021, soit 32 ans plus tard, le gouvernement de l'Ontario paie 44,65 $, l'optométriste couvrant le reste des frais, déplore l’Association des optométristes de l’Ontario.

Selon le groupe, le gouvernement doit s’engager à combler l’écart entre le financement des examens de la vue et l’inflation des dernières années, en augmentant sa quote-part. Avec plus de quatre millions de services effectués chaque année dans le cadre du RAMO, ce niveau de financement n'est pas viable, fait valoir l’Association.

Précisément, elle demande que la province augmente de 70 % sa contribution financière actuelle de manière à couvrir les coûts d’exploitation des services.

Une femme passe un examen de la vue.

Seuls les patients couverts par le Régime d’assurance-maladie de l'Ontario sont touchés par l'arrêt de services de soins oculaires.

Photo : iStock

Des moyens de pression

En l’absence d’une entente de financement avec le gouvernement Ford, les optométristes ontariens ont entrepris une série de moyens de pression au début du mois de septembre, dont l’interruption des soins oculaires couverts par la province.

Pour l’instant, seuls les patients couverts par le RAMO sont affectés par ces efforts de mobilisation, soit les jeunes de 19 ans et moins, les personnes de 65 ans et plus, ainsi que celles souffrant de maladies oculaires spécifiques ou de diabète.

Cela m’attriste profondément que nous en soyons arrivés à un scénario où nous avons dû retirer des services pour attirer l’attention du gouvernement, mentionne le Dr Salaba, qui affirme comprendre les patients qui ont l’impression d’être pris entre l’arbre et l’écorce le temps des pourparlers avec la province.

Néanmoins, selon l'Association des optométristes de l’Ontario, les moyens de pression perdureront tant et aussi longtemps que le gouvernement ne s'engagera pas à payer sa part des services de soins oculaires. Nous sommes dans une situation d’attente, dénonce le Dr Salaba.

L’arrêt des services sera suspendu dès que la province s’engagera à payer sa juste part des factures.

Une citation de :Dr Sheldon Salaba, président de l'Association des optométristes de l’Ontario

Il précise par ailleurs que l’Ontario est la province la moins bien financée de tout le Canada en termes de services d’optométrie. Le Manitoba est la deuxième province la moins bien financée et elle débourse, par exemple, 77 $ pour un examen de la vue pour une personne âgée, le Québec est la suivante avec 106 $. Et l'Alberta suit avec 137 $.

Des discussions au point mort

Pour sa part, le gouvernement Ford assure avoir fait tous les efforts possibles pour jeter les bases d'une relation à long terme avec l'Association des optométristes de l’Ontario.

Nous avons présenté une proposition juste et raisonnable qui vise à prendre des mesures immédiates pour remédier à des années de négligence, mentionne  Alexandra Hilkene, porte-parole du ministère de la Santé de l'Ontario.

Parmi ces mesures, la province offre, entre autres, un paiement unique de 39 millions de dollars aux optométristes ontariens afin de tenir compte rétroactivement de l'augmentation des coûts des services financés par le gouvernement.

Cette proposition ne répond toutefois pas aux principales préoccupations de l’Association des optométristes de l’Ontario. Lorsque vous décomposez ce montant, il s'agit d'environ 1 $ par service que nous avons fourni au cours des 10 dernières années, fait valoir son président, le Dr Salaba.

Nous ne demandons pas un retour en arrière pour les paiements, ce qui est dans le passé est dans le passé, nous demandons un système de soins oculaires durable pour nos patients à l'avenir, ajoute-t-il.

Le gouvernement de l’Ontario estime toutefois irresponsable d’accepter toute autre augmentation sans d’abord s’engager dans un processus de vérification des faits, écrit la porte-parole du ministère de la Santé.

C'est pourquoi, dans le cadre de notre offre, nous avons proposé de mettre immédiatement en place un groupe de travail conjoint, afin de creuser ces questions et d'autres aussi rapidement que possible.

Une citation de :Alexandra Hilkene, porte-parole du ministère de la Santé de l'Ontario

Le ministère de la Santé exhorte en ce sens l’Association des optométristes de l’Ontario à s'engager à travailler avec le gouvernement et à revenir à la table de négociations afin de remédier à l’impasse.

Mais nous n’avons jamais quitté la table, renchérit le Dr Salaba. Nous attendons un engagement fondamental de la province à payer les coûts d’exploitation afin que nous puissions fournir des examens de la vue assurés par le secteur public.

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