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Archives

La petite histoire de la Manic GT : la seule voiture québécoise produite en série

Jacques About et Jacques Duval debout sur le circuit Mont Tremblant entre deux voiture Manic.

Le chroniqueur automobile Jacques Duval rencontre le concepteur de la voiture Manic, Jacques About, pour son émission « Prenez le volant » diffusée le 8 février 1971.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Connaissez-vous la Manic GT, une voiture sport conçue au Québec entre 1969 et 1971? 160 voitures Manic GT, que possèdent aujourd’hui quelques collectionneurs, ont été produites. Nos archives témoignent du rêve de Jacques About, son concepteur, des succès et des déboires qu’il a connus.

Manic, c’est un nom bien de chez nous. C’est le nom d’un barrage célèbre, d’une chanson populaire et aussi maintenant de la première vraie voiture québécoise, la Manic GT, qu’on verra bientôt sur les routes de la province.

Une citation de :Jacques Duval, 1969

C’est ainsi que le chroniqueur automobile Jacques Duval présente la Manic GT, une innovation franco-québécoise fabriquée d’abord à la pièce à Terrebonne, puis en série dans une usine de Granby.

À son émission Prenez le volant du 31 juillet 1969, Jacques Duval rencontre Jacques About, président de la compagnie d'automobiles Manic, et visite les installations de l’usine de Terrebonne.

Prenez le volant, 31 juillet 1969

Manic est d’abord passée par la dure école de la course avec des voitures monoplaces pour en venir ensuite à commercialiser des automobiles pour tous.

La voiture est dessinée et conçue au Québec. Sa forme et son style sont 100 % québécois, mais ses pièces sont européennes.

La Manic GT est construite sur une base de Renault R8, mais son poids s’en éloigne de 300 livres en raison de sa carrosserie en fibre de verre. La voiture misait d’ailleurs sur sa légèreté et son châssis pour séduire.

Les fabricants de la Manic GT annoncent que leurs prix défieront toute concurrence. En 1969, lors de ce reportage, Jacques About estime que les clients pourront se procurer une Manic GT pour la somme de 1950 $, mais la voiture a plutôt fini par se vendre entre 2000 $ et 4000 $.

La voiture est équipée d’un moteur quatre cylindres 1,3 litres placé à l’arrière. Il était possible d’avoir un moteur 1,3 litre avec 60, 80 ou 105 chevaux. La vitesse maximale de l’engin pouvait aller de 169 km/h à 200 km/h selon le moteur choisi.

Cependant, en atteignant ces vitesses de pointe, la légère voiture risquait fort de se soulever.

Le 8 février 1971, toujours à l’émission Prenez le volant, Jacques Duval procède à un essai de la Manic GT sur le circuit de Mont-Tremblant. L’enregistrement a probablement eu lieu quelques mois plus tôt par une journée pluvieuse d’automne.

Prenez le volant, 8 février 1971

Des investisseurs embarquent dans l’aventure de l’industrialisation de la Manic GT, notamment International Capital corporation succursale de la Banque Royale et la famille Bombardier.

Les gouvernements fédéral et provincial aident à la construction de l’usine de Granby. L’usine produira entre deux et cinq voitures par jour. La majeure partie des pièces de la Manic proviennent du fabricant Renault.

Le groupe investit 1,5 million de dollars dans la fabrication de la Manic GT. Le modèle de la Manic GT de course sera même exposé à Osaka pour représenter le Québec à l'exposition universelle de 1970.

L’usine devait produire 120 automobiles par mois et vendre les Manic GT sous la bannière du concessionnaire Renault.

Malheureusement, l’aventure a connu quelques ratés, comme l’explique le commissaire industriel et ancien maire de Granby Pierre-Horace Boivin dans cette entrevue diffusée à Dossier le 4 novembre 1971.

Dossier, 4 novembre 1971

La compagnie Manic n’avait pas de fonds de roulement. 700 000 $ ont été dépensés pour la construction de l’usine et pour le développement technique et lorsqu’est venu le temps d’opérer l’usine, il ne restait plus d’argent.

Une citation de :Pierre-Horace Boivin, commissaire industriel de la ville de Granby 1971

Aux dires du propriétaire Jacques About, la compagnie Renault a tardé à leur fournir des pièces. Il aurait fallu des investissements d’environ 30 millions pour être rentable.

Inaugurée le 1er janvier 1971, l’usine de Granby fermera ses portes le 17 mai de la même année.

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