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Les femmes à l’honneur, mais peu de diversité au gala des Emmy

Une femme pose sur le tapis rouge des prix Emmy.

Créatrice de la minisérie « I May Destroy You », Michaela Coel, a remporté le prix Emmy du meilleur scénario dimanche soir.

Photo : Getty Images / Rich Fury

Agence France-Presse

La 73e cérémonie des prix Emmy, qui a retrouvé dimanche soir à Los Angeles un peu de normalité après un gala totalement virtuel en 2020 pour cause de pandémie, a mis à l'honneur des récits de femmes sans pour autant refléter une grande diversité dans les récompenses. Au-delà du triomphe de Netflix, voici cinq points à retenir de la soirée.

L'actrice et scénariste Michaela Coel, récompensée pour son douloureux récit des conséquences d'un viol dans I May Destroy You, la danseuse et chanteuse Debbie Allen, victime de racisme dans sa jeunesse, qui a reçu un Emmy spécial : la soirée a mis à l'honneur le vécu de femmes surmontant des épreuves.

Je dédie cette histoire à toutes celles qui ont survécu à une agression sexuelle, a souligné Michaela Coel, première femme noire à recevoir une statuette pour le meilleur scénario d'une minisérie, l'un des grands moments de la soirée.

Une femme tient un trophée dans sa main sur le tapis rouge des prix Emmy.

Debbie Allen a reçu un prix spécial, dimanche soir.

Photo : Getty Images / Rich Fury

L'actrice et autrice britannique de 31 ans s'est inspirée de sa propre vie pour sa série coup de poing, campée dans l'univers des nuits festives de Londres. L’œuvre, sortie durant l'été 2020 sur les ondes de la BBC et sur HBO, suit Arabella, jeune écrivaine à succès, dans sa reconstruction après un viol qu'elle a subi dans un bar et qui ne lui revient d'abord que par flashbacks. Michaela Coel y filme avec franchise et sans tabou des scènes banales, mais violentes, qui interrogent aussi la notion de consentement.

Debbie Allen a reçu pour sa part le trophée Governors, un prix d'honneur pour couronner sa carrière, qui va bien au-delà de la série musicale Fame datant des années 80. Que ce moment résonne pour les femmes du monde entier, du Texas [où l'avortement est désormais interdit après six semaines de grossesse], à l'Afghanistan [où les talibans sont revenus au pouvoir], a clamé Debbie Allen, très émue.

#emmyssowhite

Un maître de cérémonie noir, en la personne de l'acteur Cedric the Entertainer, héros de la série familiale The Neighborhood, Debbie Allen et Michaela Coel couronnées, la nageuse paralympique Jessica Long – et ses prothèses apparentes à l'écran – remettant une statuette : la diversité avait bien une place sur la scène du gala.

Un homme pose sur le tapis rouge des prix Emmy.

Cedric the Entertainer

Photo : Getty Images / Rich Fury

Mais finalement, très peu dans les récompenses. Les 12 Emmy pour les meilleurs acteurs et actrices ou pour les seconds rôles, dans les catégories les plus en vue, sont allés exclusivement à des personnes blanches. De quoi alimenter une nouvelle fois les critiques récurrentes contre les grandes cérémonies comme les Oscars et les Golden Globes. Emmyssowhite, a d'ailleurs titré le site spécialisé The Wrap, qui souligne que des acteurs et actrices de couleur concouraient pourtant dans quasiment toutes les catégories.

Retrouvé mort chez lui, à Brooklyn, à l'âge de 54 ans, Michael K. Williams, aurait pu être consacré dans la catégorie du meilleur second rôle dans une série dramatique, pour Lovecraft Country (HBO), à mi-chemin entre science-fiction et horreur, sur fond de ségrégation raciale dans l’Amérique des années 50.

Michael était un acteur brillamment talentueux, et un être humain généreux parti bien trop tôt, lui a rendu hommage l'actrice Kerry Washington. Mais le prix Emmy est allé au Britannique Tobias Menzies, qui joue le prince Philip dans la quatrième saison de The Crown. L'acteur new-yorkais était devenu célèbre pour son interprétation d'Omar, un personnage atypique et incontournable de la série culte The Wire.

Une femme pose sur le tapis rouge des prix Emmy.

Kerry Washington

Photo : Getty Images / Rich Fury

SNL aidée par Trump

C'est l'une des émissions satiriques les plus anciennes de la télé américaine et, année après année, elle continue de récolter les récompenses. Si bien qu'il est difficile de tenir un décompte précis : les sites spécialisés créditent l'émission de 70 à 80 statuettes remportées en 46 saisons.

Dimanche soir, Saturday Night Live, diffusée sur NBC depuis 1975, a notamment reçu le Emmy de la meilleure émission à sketches. Le programme culte était en perte de vitesse, mais les années Trump lui ont redonné du lustre. Pendant la dernière élection présidentielle américaine, les duels entre Jim Carrey en Joe Biden et Alec Baldwin en Donald Trump ont beaucoup plu.

En 2017, La servante écarlate (The Handmaiden) était devenue la première série diffusée sur une plateforme de vidéo à la demande à décrocher le Emmy de la meilleure série dramatique.

La femme a la bouche cachée par une tunique rouge. Une autre femme se tient derrière elle.

Elisabeth Moss dans une scène de « La servante écarlate »

Photo : Jasper Savage/Hulu

Mais l'intérêt du public pour cette adaptation du roman dystopique de Margaret Atwood, mettant en scène une Amérique autoritaire et oppressive à l'égard des femmes, s'est émoussé au fil des saisons.

Malgré 21 nominations cette année, La servante écarlate est repartie bredouille dimanche soir, une défaite sans commune mesure dans l'histoire des Emmy.

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