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Des migrants haïtiens campant au Texas expulsés vers Port-au-Prince

Des Haïtiens descendent d'un avion à Port-au-Prince, après avoir été expulsés des États-Unis.

Des centaines d'Haïtiens ont été expulsés par les autorités américaines vers Port-au-Prince; des milliers d'autres vont connaître le même sort.

Photo : AP / Joseph Odelyn

Associated Press

Les États-Unis ont renvoyé dimanche dans leur pays d’origine les Haïtiens qui campaient à Del Rio, une ville frontalière du Texas, et ont tenté d'empêcher d'autres personnes de traverser la frontière avec le Mexique dans une démonstration de force qui a marqué le début de ce qui pourrait être l'une des expulsions à grande échelle de migrants ou de réfugiés les plus rapides des États-Unis depuis des décennies.

Trois vols sont arrivés à Port-au-Prince avec 145 passagers chacun à bord, et Haïti a déclaré que six vols étaient attendus mardi. Les autorités américaines ont expulsé une grande partie des quelque 12 000 migrants qui campaient autour d'un pont de Del Rio après avoir traversé depuis Ciudad Acuna, au Mexique.

Le seul parallèle évident avec une telle expulsion sans possibilité de demander l'asile aux États-Unis remonte à 1991, lorsque les garde-côtes américains avaient intercepté des réfugiés haïtiens en mer et les avaient envoyés dans un camp à Guantanamo Bay, après le renversement du président haïtien Jean-Bertrand Aristide, a déclaré Yael Schacher, défenseure des droits à Refugees International, dont les études de doctorat ont porté sur l'histoire de la loi américaine sur le droit d'asile.

Au Mexique comme aux États-Unis

De même, un grand nombre de Mexicains ont été renvoyés chez eux pendant les années de forte immigration, mais par voie terrestre et de manière moins soudaine.

Les migrants d’Amérique centrale ont également franchi la frontière en nombre comparable sans faire l'objet d'une expulsion massive, bien que le Mexique ait accepté de les accueillir en provenance des États-Unis – en vertu de l'autorité liée à la pandémie en vigueur depuis mars 2020.

Le Mexique n'accepte pas les Haïtiens expulsés ou les personnes d'autres nationalités hormis celles du Mexique, du Guatemala, du Honduras et du Salvador.

Lorsque la frontière a été fermée dimanche, les migrants ont d'abord trouvé d'autres moyens de traverser à proximité jusqu'à ce qu'ils soient en présence des forces de l'ordre fédérales et texanes. Un journaliste de l'Associated Press a vu des migrants haïtiens continuer de traverser la rivière vers les États-Unis à environ 2,4 kilomètres à l'est du point précédent, mais ils ont finalement été arrêtés par des agents frontaliers à cheval et des policiers du Texas.

Des cavaliers américains sont dans le Rio Grande avec leurs chevaux et poursuivent des Haïtiens qui essaient de sortir de l'eau.

Des agents frontaliers américains, à cheval, poursuivent des migrants haïtiens qui traversent le Rio Grande à la frontière du Texas et du Mexique.

Photo : AP / Felix Marquez

« Partez maintenant »

Les agents criaient aux migrants qui traversaient la rivière jusqu'à la taille de sortir de l'eau. Les quelques centaines de personnes qui ont réussi à traverser et qui se sont assises le long de la rive du côté américain ont reçu l'ordre de rejoindre le camp de Del Rio. Partez maintenant, ont crié les agents. Les autorités mexicaines, dans un aéroglisseur, ont dit aux autres personnes qui essayaient de traverser de retourner au Mexique.

Le Mexique a déclaré dimanche qu'il commencerait également à expulser les Haïtiens vers leur pays d'origine. Un responsable gouvernemental a déclaré que les vols partiraient de villes proches de la frontière américaine et de la frontière avec le Guatemala, où se trouve le groupe le plus important.

Certains des migrants présents au camp de Del Rio ont déclaré que le récent tremblement de terre dévastateur en Haïti et l'assassinat du président Jovenel Moïse leur font craindre de retourner dans un pays qui semble plus instable que lorsqu'ils l'ont quitté.

En Haïti, il n'y a pas de sécurité, a déclaré Fabricio Jean, un Haïtien de 38 ans qui est arrivé au Texas avec sa femme et ses deux filles. Le pays est en pleine crise politique.

Processus d’expulsion lancé sous Donald Trump

Les expulsions rapides ont été rendues possibles par une législation liée à la pandémie adoptée par l'ancien président Donald Trump en mars 2020, qui permet de renvoyer immédiatement les migrants du pays sans possibilité de demander l'asile. Le président Joe Biden a exempté les enfants non accompagnés de l'ordonnance, mais a laissé le reste en place.

Tout Haïtien non expulsé est soumis aux lois sur l'immigration, qui incluent le droit de demander l'asile et d'autres formes de protection humanitaire. Les familles sont rapidement libérées aux États-Unis, car le gouvernement ne peut généralement pas retenir les enfants.

Tous ont reçu 100 dollars et ont subi un test de dépistage de la COVID-19, bien que les autorités n'aient pas prévu les mettre en quarantaine, a déclaré Marie-Lourde Jean-Charles, de l'Office des migrations nationales.

Certains migrants ont dit qu'ils prévoyaient quitter de nouveau Haïti dès que possible. Valeria Ternission, 29 ans, a déclaré qu'elle et son mari voulaient repartir avec leur fils de 4 ans au Chili, où elle travaillait comme caissière dans une boulangerie.

Je suis vraiment inquiète, surtout pour [notre] enfant, a-t-elle dit. Je ne peux rien faire ici.

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