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La communauté LGBT de la Saskatchewan oubliée pendant la campagne électorale

Drapeau au couleurs de LGBT et une personne en ombre chinoise. (archives)

En juin dernier, la Chambre des communes a adopté le projet de loi C-6 interdisant les thérapies de conversion, qui n’a cependant pas franchi l’étape du Sénat. (archives)

Photo : La Presse canadienne / Canadian Press

Radio-Canada

Des électeurs LGBT de la Saskatchewan affirment que les partis politiques canadiens ont manqué leur chance de discuter d’enjeux importants lors de cette campagne électorale.

Les thérapies de conversion, le soutien pour la santé mentale et le manque de financement des organismes sont des thèmes majeurs qui ont été oubliés dans les discussions, selon plusieurs membres de la communauté.

Nous avons un criant manque d’argent. C’est avec ces fonds dans les programmes que nous pouvons offrir une aide supplémentaire dans la communauté, mentionne Rylee Perkins, spécialiste en éducation de Regina.

Jacq Brasseur abonde dans le même sens en mentionnant que le gouvernement libéral avait promis un financement plus important que les 25 millions de dollars prévus dans le budget.

La réponse malheureuse que nous entendons souvent du gouvernement fédéral sur le financement des soins de santé ou des organismes communautaires LGBT est que c'est le rôle des gouvernements provinciaux et territoriaux, dit Jacq Brasseur.

Jacq Brasseur travaille dans un organisme de Regina et s'identifie comme une personne non-binaire, bisexuelle et queer.

Selon iel, dans certaines provinces dirigées par des gouvernements conservateurs, les services sociaux ne sont pas l’une de leurs priorités.

À sa demande, Jacq Brasseur est citée avec le pronom iel (utilisé pour représenter le genre neutre) et les accords féminins sont utilisés.

Jacq Brasseur ajoute que la représentation de la communauté LGBT dans les partis politiques canadiens est insuffisante pour modifier leur programme politique.

Le projet de loi C-6 attend… toujours

L'adoption d’une loi sur l’interdiction des thérapies de conversion est l'autre dossier chaud pour la communauté LGBT saskatchewanaise et canadienne.

En juin dernier, la Chambre des communes a adopté le projet de loi C-6, mais il n’a pas passé l’étape du Sénat.

Pour le directeur général de Moose Jaw Pride, Taylor Carlson, c’est une honte que ce dossier ne soit pas réglé.

13 des 14 députés conservateurs de la Saskatchewan avant la dissolution de la Chambre ont voté contre ce projet de loi qui visait à protéger les enfants.

Une citation de :Taylor Carlson, directeur général de Moose Jaw Pride

S'ils sont réélus, les libéraux promettent de présenter à nouveau des projets de loi dans les 100 premiers jours de leur mandat, mais Taylor Carlson rappelle que le parti a déjà manqué à une promesse, celle de révoquer l'interdiction de donner du sang faite aux personnes transgenres et aux hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes.

Le Nouveau Parti démocratique et les conservateurs ont également déclaré qu'ils interdiraient la thérapie de conversion. La plateforme des conservateurs s'oppose au changement forcé de l'orientation sexuelle d'une personne. Cependant, cela ne comprend pas la conversion sur la base de l'identité et de l'expression du genre. Selon certaines personnes LGBT, c’est une exclusion délibérée des pratiques de conversion destinées aux personnes trans et non conformes au genre.

Selon Taylor Carlson, le Canada ne parvient pas à offrir à ses citoyens LGBT la liberté inscrite dans la Constitution.

Les défis en milieu rural

Stuart Chutter est un agriculteur homosexuel qui habite à 130 kilomètres au nord-est de Regina.

Il connaît bien les regards et les gestes de discrimination auxquels sont confrontées les personnes LGBT.

Il dit avoir récemment été victime d'un acte d'homophobie alors qu'il faisait son épicerie.

Ma première pensée a été de me demander si cette personne m'appelait ainsi parce qu'elle avait reçu la permission de nos élus de traiter les gens de cette façon, a-t-il dit.

Selon M. Chutter, il est très difficile d'accéder à des ressources sûres et confidentielles en matière de santé sexuelle et mentale à l’extérieur de Saskatoon et Regina.

Si je regarde ma communauté, pour moi, chercher des ressources en santé mentale ne serait pas local, je ne saurais pas qui appeler, a-t-il souligné.

Rylee Perkins a déclaré que la communauté a un besoin énorme de soutien en matière de santé mentale et autres, et que la pandémie n'a fait que l'exacerber.

Selon des statistiques récentes de Statistique Canada, le Canada compte plus d'un million de personnes qui s'identifient comme LGBT.

Avec les informations de Pratyush Dayal

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