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Est-du-Québec : une campagne électorale sans débat

Une femme dépose son vote dans une boîte en carton.

Les Canadiens sont appelés aux urnes le 20 septembre. (archives)

Photo : Evan Mitsui/CBC

Radio-Canada

Ce dimanche constitue la toute dernière journée de la campagne électorale fédérale. Dans l'Est-du-Québec, l’exercice démocratique n’a pas suscité de grands débats ni de grands affrontements.

Benoît Collette, professeur en sciences politiques au Cégep de Rimouski, rappelle d'entrée de jeu que les raisons motivant la tenue de telles élections demeurent floues, même après 35 jours de campagne.

Je me pose encore la question : pourquoi on est en campagne [électorale]?

Une citation de :Benoît Collette, professeur en sciences politiques au Cégep de Rimouski

Il rappelle d'ailleurs que cette élection a débuté d'une façon particulière. Cette année, on a eu beaucoup de candidats qui venaient de l’extérieur et ça a été long avant d’avoir la carte complète des personnes qui se présentaient, note le professeur.

Dans cet esprit, M. Collette s'étonne qu'une question aussi pressante que celle des changements climatiques ait occupé une place si modeste dans les échanges électoraux. Il a notamment remarqué qu’aucun parti ne semble vouloir s’attaquer dès maintenant à la question des gaz à effet de serre.

Toujours selon le professeur, d’autres enjeux qui touchent de près les citoyens de la région, par exemple la rareté de la main-d’œuvre et du logement, ont également été balayés sous le tapis.

J’ai l’impression qu’on avait des grandes lignes de communication. On s’en tenait à ça, mais ce qui occupe les gens au quotidien, […] on l’a un peu oublié.

Une citation de :Benoît Collette, professeur en sciences politiques au Cégep de Rimouski

M. Collette s’attend d’ailleurs à un certain statu quo dans l’Est-du-Québec à l’issue du scrutin, ce qui expliquerait d’ailleurs le fait qu’un seul chef de parti s'y soit rendu.

Seul le leader du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, est allé au Bas-Saint-Laurent ainsi qu’en GaspésieÎles-de-la-Madeleine durant la campagne.

À mon avis, la seule circonscription où ça va être un peu plus serré lundi, ce sera celle de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine avec Mme Lebouthillier et M. Bernatchez, prise deux. […] Je pense que ce sera la circonscription à surveiller, commente M. Collette.

Le professeur entrevoit par ailleurs que l'absence d'un enjeu mobilisateur durant cette campagne pourrait, à son avis, avoir un impact négatif sur le taux de participation au vote de lundi.

Une campagne qui ne lève pas

Le président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent (TREMBSL), Michel Lagacé, se montre peu impressionné par les débats qui ont eu cours durant la campagne électorale fédérale.

Il n’y a pas eu de débat d’idées, vraiment pas, déplore-t-il, ajoutant que l’un des seuls aspects de la campagne qui a suscité de l’intérêt a été le controversé débat présenté en anglais.

 Michel Lagacé.

Le préfet de la MRC de Rivière-du-Loup et président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent, Michel Lagacé (archives)

Photo : Radio-Canada

Pour lui, la campagne a été d’un calme plat. C’est un peu comme un gâteau que tu mets au four : tu attends qu’il lève, mais il ne lève jamais. Cette campagne-là n’a pas suscité, je dirais, l’engagement citoyen qui aurait été souhaitable, déplore M. Lagacé.

Préfet de la MRC de Rivière-du-Loup, l’élu dit aussi avoir remarqué le peu d'enthousiasme des citoyens quant à ce scrutin. Selon lui, ce désintérêt pourrait s'expliquer par la crise sanitaire qui n'est toujours pas terminée.

Je pense bien que les gens ont la tête ailleurs, lance-t-il, énumérant notamment les enjeux de la quatrième vague de COVID-19 et de l’accès aux soins de santé.

Ce n’est certainement pas une campagne frétillante, loin de là.

Une citation de :Michel Lagacé, président de la Table régionale des élus municipaux du Bas-Saint-Laurent

Michel Lagacé ne s'offusque pas outre mesure de la décision de la majorité des chefs fédéraux de ne pas faire campagne au Bas-Saint-Laurent. Il mentionne que les leaders ont moins tendance à se déplacer lorsque les dés sont jetés.

M. Lagacé croit que l'absence de la majorité des chefs dans l'Est-du-Québec démontre que les résultats qui seront connus lundi soir ne devraient pas constituer de grandes surprises.

Qu’en pensent les citoyens?

Au centre-ville de Rimouski, la tenue du vote du 20 septembre ne suscitait pas un grand enthousiasme chez les passants rencontrés dimanche.

Moi, je trouve que les partis n’ont pas fait beaucoup d’efforts dans la région. On dirait que c’était joué d’avance. Ce n’était pas très inspirant, comme campagne, note une dame.

Le déclenchement des élections fédérales en pleine pandémie de COVID-19 en fait également sourciller plusieurs. Je ne sais pas trop quoi penser. Je ne trouve pas que c’était une bonne idée de faire des élections à ce moment-ci, commente une passante au micro de Radio-Canada.

Des passants se promènent dans la rue Saint-Germain, au centre-ville de Rimouski.

Le centre-ville de Rimouski, en été (archives)

Photo : Radio-Canada / François Gagnon

C’était trop vite, de toute façon, renchérit une autre femme rencontrée dans la rue. L’homme qui l’accompagne abonde dans le même sens. Ça n’aurait pas dû être en pleine pandémie, juge-t-il.

Qu’est-ce que je retiens de la campagne électorale? Le débat en anglais m’a marqué un peu, admet quant à lui un jeune homme. Un autre Rimouskois fait quant à lui valoir que la tenue de nouvelles élections n’avait pas lieu d’être. Un gouvernement minoritaire, ça marche bien, croit-il.  

Avec les informations de Denis Leduc

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