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Un moratoire sur l’expulsion des personnes sans-abri demandé à Halifax

En août, la Ville a fait expulser les personnes sans-abri qui dormaient dans des parcs et fait démanteler leurs campements.

Un homme prend la parole en public. Sur le sol devant lui se trouve une banderole demandant que cesse la « guerre à ceux qui sont sans-abri ».

Les manifestants rassemblés devant l'hôtel de ville d'Halifax le 18 septembre 2021 ont demandé que cesse la « guerre à ceux qui sont sans-abri ».

Photo : CBC / Nicola Seguin

Radio-Canada

Devant l’hôtel de ville d’Halifax, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées samedi pour dénoncer la manière dont la Municipalité gère l’itinérance croissante sur son territoire.

Le 18 août dernier, la Municipalité régionale d’Halifax a ordonné l’expulsion des personnes sans-abri contraintes de vivre dans certains parcs municipaux.

Le démantèlement de leurs campements de fortune avait attiré des protestataires au centre-ville, et la police avait utilisé du poivre de cayenne pour les refouler.

Une crise du logement persiste à Halifax et il y a peu de logements abordables disponibles.

Arrêter d’expulser les gens qui dorment dans les parcs

Il y a un important sentiment de peur et d’anxiété parmi les personnes sans-abri, qui en viennent à croire que peu importe où elles vont, elles se feront toujours expulser, a déclaré samedi Drew Moore, un porte-parole du réseau communautaire P. A. D. S., organisme local qui explique militer pour du logement permanent, abordable, décent et sécuritaire .

Drew Moore, se tenant debout l'air sérieux sur une place publique.

Drew Moore, du réseau communautaire P.A.D.S., devant l'hôtel de ville d'Halifax, le 18 septembre 2021.

Photo : CBC / Nicola Seguin

M. Moore demande au conseil municipal de modifier sans attendre un règlement municipal pour décréter un moratoire sur les expulsions des personnes qui doivent dormir dans des parcs.

Les gens ont besoin de logement. Nous comprenons que c’est un enjeu complexe qui relève de plusieurs niveaux de gouvernement. Mais dans l’immédiat, il y a une chose simple qui peut être faite pour aider les gens qui sont dans la rue, et c’est de modifier un règlement municipal, explique Drew Moore.

Le porte-parole appelle à l’action, alors que l’hiver approche. Les expulsions n’ont rien réglé, affirme-t-il, puisqu’il y a désormais une trentaine de personnes qui vivent au parc Meagher, dans le quartier ouest de la ville.

Avant les expulsions du mois d’août, il n’y avait que deux abris dans ce parc, qui a récemment été informellement rebaptisé People’s Park (parc du peuple) par les gens qui y vivent et les bénévoles qui les soutiennent.

Des cabanes et des tentes dans un parc municipal.

Des abris de fortune dans le parc Meagher, à Halifax en Nouvelle-Écosse, à la fin du mois d'août 2021.

Photo : CBC / Jeorge Sadi

La Municipalité a justifié les expulsions du mois dernier en disant qu’elle offrait aux personnes sans logis de leur payer une chambre d’hôtel jusqu’à ce qu’une solution permanente soit trouvée.

Or, l’une des personnes ayant pris la parole au rassemblement de samedi devant l’hôtel de ville a expliqué que la Municipalité avait manqué à sa parole dans son cas.

Malcolm Kay explique en effet qu’il a quitté la tente sous laquelle il dormait dans un parc pour accepter la place qu’on lui offrait au Comfort Inn Dartmouth, mais qu’on lui a ensuite demandé de partir de l’hôtel, car l’établissement avait besoin de la chambre.

La gérante de ce Comfort Inn, Mary Vandergrift, indique qu'elle avait bien avisé la Municipalité que les 10 chambres disponibles à son hôtel ne le seraient que pour 14 jours.

Des citoyens rassemblés sur une place publique.

Rassemblement contre l'expulsion des personnes sans-abri, le 18 septembre 2021 devant l'hôtel de ville d'Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Nicola Seguin

À la fin août, le conseil municipal d’Halifax a approuvé l’allocation de 500 000 $ pour la construction d’hébergement d’urgence, et voté pour consacrer des fonds provenant de l’initiative fédérale pour la création rapide de logements (ICRL) à la construction de 85 nouvelles unités abordables de logement.

Abordable à 1500 $ par mois?

La définition de logement abordable est aussi un sujet contentieux.

Par exemple, le groupe immobilier BANC a reçu en juin un prêt de 115,5 millions de dollars de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) pour la construction de 76 appartements abordables dans un futur complexe de 324 appartements sur la promenade Joseph Howe à Halifax.

Il est prévu que le loyer de ces appartements décrits comme abordables coûte de 1455 $ à 1844 $ par mois.

Des manifestants tiennent une bannière sur laquelle on lit « Des appartements à 1500 $ : abordables pour qui? ».

Des manifestants tiennent une bannière sur laquelle on lit « Des appartements à 1500 $ : abordables pour qui? », le 1er septembre 2021 à Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Photo : CBC / Nicola Seguin

Ce montant est trop élevé pour les personnes à faible revenu, selon l'organisme antipauvreté ACORN Nouvelle-Écosse, qui a accusé la SCHL, une société de la Couronne, d'être déconnectée.

Nous ne voulons pas que les fonds publics soient dédiés à du logement inabordable. Nous les voulons consacrés à du logement réellement abordable, et pas seulement à des subventions aux développeurs, a dit Hannah Wood, directrice d'ACORN Nouvelle-Écosse, lors d'une manifestation le 1er septembre à Halifax.

D’après le reportage de Nicola Seguin, CBC

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