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La lutte contre la stigmatisation des porteurs du VIH, une nécessité au Manitoba 

Une femme tient dans ses mains un ruban rouge.

Le ruban rouge est devenu le symbole de la lutte contre le VIH/sida.

Photo : La Presse canadienne / AP/Alvaro Barrientos

Radio-Canada

Face au constat de la stigmatisation dont sont victimes les personnes porteuses du VIH au Manitoba, des intervenants jugent nécessaire d'accroître les actions de sensibilisation, que ce soit dans le milieu de la santé ou dans le reste de la société.

La collecte annuelle de fonds, Red Ribbon Walk & Run, pour soutenir les personnes infectées sera cette année une tribune d’éducation. 

L'événement, sous le signe du ruban rouge, organisé par l’organisme Nine Circles Community Health Centre se déroulera dès lundi et les participants vont en apprendre davantage sur le VIH et la stigmatisation grâce à plusieurs activités quotidiennes prévues chaque jour jusqu'au 26 septembre.

Ce n'est pas une condamnation à mort, c'est très facile à gérer et beaucoup de personnes vivant avec le VIH au Manitoba vivent une vie longue, heureuse et significative, soutient le coordinateur de l'engagement communautaire de Nine Circles Community Health Centre, Owen Black.

De nombreux porteurs du VIH essuient encore une stigmatisation constante et doivent régulièrement faire face à des questions intrusives dans la société.

Christine Bibeau regarde devant elle.

Christine Bibeau raconte avoir été victime de stigmatisation à plusieurs reprises aussi en milieu de santé parce qu'elle est porteuse du VIH.

Photo : Christine Bibeau

La Manitobaine Christine Bibeau explique que des travailleurs de la santé l'ont régulièrement stigmatisée parce qu'elle vivait avec le VIH.

Pendant l'accouchement de son premier enfant, il y a près de dix ans, plusieurs infirmières lui ont demandé comment elle avait contracté le virus deux ans plus tôt. Certaines lui ont demandé si elle utilisait des drogues injectables ou si elle était une travailleuse du sexe.

Mme Bibeau raconte que dans les heures qui ont suivi la naissance de son fils, le médecin lui a reproché d'avoir procédé à l'accouchement, affirmant qu'elle avait mis un enfant au monde en sachant qu'il serait séropositif. 

En réalité, aucun des trois enfants de Mme Bibeau n'est séropositif et tous sont nés après son infection.

Je suis devenue séropositive, et c'est comme si chaque fois que j'entrais dans un hôpital... quelqu'un me posait des questions sur ces sujets. Et ce n'est même pas de façon gentille, c'est de façon accusatrice, comme s'ils étaient des flics. C'est affreux, dit-elle.

Owen Black estime qu’il y a encore beaucoup de méconnaissances à propos du VIH au sein de la société. 

Pour les personnes séropositives, la prise quotidienne de médicaments aide à maintenir la charge virale à un niveau si bas qu'elle devient indétectable dans leur système et donc pratiquement intransmissible.

C'est le cas de Bibeau. Il lui suffit d'une pilule par jour.

Beaucoup de gens dans la société, et peut-être dans le système de santé, ne sont pas au courant de cela, se désole M. Black.

Selon l’Agence de la santé publique du Canada, en 2018, il y avait un peu moins de 1900 personnes vivant avec le VIH au Manitoba.

En 2021, 99 nouveaux cas sont détectés, 119 autres ont été identifiés en 2019 et 116 nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2020, selon un porte-parole de Santé Manitoba.

Impact de la COVID-19

La pandémie a eu des conséquences sur les services de dépistage des infections sexuellement transmissibles qui ont diminué. 

Environ 10 000 tests VIH de moins ont été effectués l'année dernière en raison des interruptions de service par rapport à 2019, a indiqué un porte-parole provincial. 

Bien que la COVID-19 ait certainement pris une sorte d'avant-scène, le VIH se propage toujours au Manitoba et c'est une infection très évitable, indique M. Black.

L'un des principaux modes de transmission dans la province ces dernières années a été l'injection d'opioïdes et de méthamphétamine, informe-t-il. La consommation des deux a augmenté au milieu de la pandémie.

L’organisme Nine Circles Community Health Centre soupçonne que les chiffres du VIH au Manitoba pourraient augmenter en raison de l’isolement des gens des services de prévention.

Selon M. Black, actuellement le Manitoba est la province qui ne couvre pas encore la PrEP, un médicament préventif quotidien destiné aux personnes non séropositives qui réduit de 99 % le risque de contracter le virus.

Vendredi, 785 personnes avaient signé une pétition de l'organisme adressée à la ministre de la Santé Audrey Gordon, lui demandant de rendre la PrEP gratuite pour tous.

Avec les informations de Bryce Hoye

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