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L’eau potable reste un luxe dans deux Premières Nations du nord du Manitoba

Un homme se tient devant un vieux bâtiment gris orné de l'enseigne de la Nation crie.

La communauté crie de Tataskweyak située à environ 700 kilomètres au nord de Winnipeg est sans eau potable depuis 2017.

Photo : Gracieuseté

Radio-Canada

Deux Premières Nations du nord du Manitoba sont sous le coup d’un avis sur l’eau potable depuis plusieurs années et sont peut-être loin de voir le bout du tunnel : la Première Nation de Shamattawa depuis 2018 et la Nation crie de Tataskweyak depuis 2017.

Les deux communautés possèdent des usines de traitement de l'eau, mais aucune des deux installations ne peut fournir de l'eau potable propre.

Selon le site Web du gouvernement fédéral, des mises à niveau des usines ont récemment été effectuées.

Mais le conseiller de la bande à Tataskweyak, Nathan Neckoway ne voit aucun progrès. Il indique que, malgré les améliorations apportées à l'usine locale construite dans les années 1980, l'eau ne sert que pour les activités ménagères comme la lessive et qu’elle est impropre à la consommation.

La communauté, située à environ 700 kilomètres au nord-est de Winnipeg, doit alors se contenter de l'eau embouteillée pour ses besoins alimentaires.

Pour moi, ce n'est pas juste, déclare M. Neckoway. Il évoque l’utilisation au même moment des terres environnantes comme source d'énergie et de profits pour les gens au sud de la province, citant en exemple le projet de centrale électrique Keeyask d'Hydro Manitoba, situé à proximité.

Nous vivons comme dans un pays du tiers monde , se plaint-il.

Il presse les autorités de régler les problèmes liés à l’usine de traitement de l'eau tout en protégeant les ressources en eau dans le nord de la province.

En novembre 2019, la communauté avait déposé un recours collectif contre le gouvernement fédéral devant la Cour du Banc de la Reine du Manitoba pour souligner l'inaction des autorités sur la question de l'accès à l'eau potable dans le nord de la province.

Plus chanceuse peut-être, la Première Nation de Shoal Lake 40, une communauté qui borde le sud-est du Manitoba et le nord-ouest de l'Ontario, a inauguré une nouvelle installation de traitement de l'eau, mettant ainsi la fin à près de 24 ans sans eau courante propre.

Un enjeu financier important

Selon la professeure adjointe au département de génie civil de l'Université de Calgary, Kerry Black, la construction d'une usine de traitement de l'eau pour une Première Nation est une chose, mais son maintien en service en est une autre.

La majorité des gens ne comprennent pas vraiment combien d'argent il en coûte pour leur fournir de l'eau potable saine et propre, dit-elle.

Parfois, l'argent que vous mettez, c'est littéralement une goutte d'eau dans le seau […] donc, l'argent nécessaire pour mettre ces systèmes à niveau pour même commencer cette conversation est énorme.

Kerry Black étudie les avis sur l'eau potable chez les Premières Nations depuis près d'une décennie. Elle évoque le sous-financement chronique de plusieurs de ces usines, ajoutant que tout gouvernement fédéral qui veut s'attaquer au problème doit faire du rattrapage.

Plus tôt en semaine, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, a reconnu la nécessité d’un financement continu de ces infrastructures. L'année dernière, les libéraux ont annoncé un financement qui couvrira 100 % des opérations et de l'entretien des actifs liés à l'eau et aux eaux usées des Premières Nations.

Actuellement, 51 avis sont toujours en vigueur dans 32 communautés différentes au Canada. En 2015, il y avait 133 avis dans 93 communautés.

Le grand chef de l'Assemblée des chefs du Manitoba Arlen Dumas regrette que les libéraux n'aient pas tenu leur promesse d'éliminer au plus tard en 2021 tous les avis à long terme sur l'eau potable dans les Premières Nations.

Arlen Dumas pense cependant qu’il ne s’agit pas d'une question de politique de parti ou de leadership, mais d'une lourde bureaucratie qu'il est possible de corriger.

Beaucoup de nos nations ont eu des partenaires volontaires. Ils ont l'expertise et la perspicacité nécessaires pour aller de l'avant, soutient M. Dumas.

M. Miller a déclaré que les libéraux sont toujours déterminés à atteindre leur objectif s'ils sont réélus, bien qu'il n'ait pas voulu fixer un nouvel échéancier, affirmant que la pandémie de COVID-19 a occasionné des retards.

Avec les informations de Sarah Petz

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