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Bureaux de vote fermés en Russie, en attente de la victoire du parti de Poutine

Des militaires attendant, masqués, de voter dans un gymnase décati.

Des militaires russes font la queue pour voter dans un bureau éphémère installé dans un gymnase, au village de Ryabinovka, dans la région de Kaliningrad.

Photo : Reuters / Vitaly Nevar

Radio-Canada

Le parti de Vladimir Poutine devrait annoncer prochainement sa victoire aux élections législatives, faute d'opposition réelle après la liquidation du mouvement d'Alexeï Navalny. Les bureaux de vote sont maintenant fermés. Selon des résultats portant sur le tiers de ces bureaux, la formation du président russe est en tête, avec plus de 45,3 % des voix.

Le parti Russie unie devance ainsi les communistes du KPRF, qui récoltent 21,8 % des votes.

Suivent les nationalistes du LDPR, avec 8,3 % des voix, puis les centristes de Russie juste, à 7,5 %, et un nouveau venu sur la scène politique, le parti des Nouvelles personnes , à 6,3 %.

Toutes ces formations sont considérées comme étant largement dans la ligne du Kremlin.

Le scrutin, qui a duré trois jours, de vendredi à dimanche, vise à renouveler les 450 mandats de députés de la Douma, la chambre basse du Parlement, actuellement dominée par Russie unie. Des élections locales et régionales ont également eu lieu.

La moitié des 450 sièges des députés de la Douma, sont attribués à la proportionnelle. Les autres le sont au scrutin majoritaire, et Russie unie était en tête dans 190 de ces circonscriptions, selon la Commission électorale.

Hausse des votes pour les communistes

Lors des précédentes législatives, en 2016, Russie unie avait obtenu 54,2 % des voix et les communistes 13,3 %.

Cette année encore, malgré une cote de popularité à moins de 30 %, Russie unie est presque certaine de gagner, après des mois de répression qui ont durement affaibli les détracteurs de Vladimir Poutine.

De leur côté, les communistes semblent en voie d'améliorer leur score, probablement en raison de la stratégie de vote intelligent élaborée par les partisans d'Alexeï Navalny, militant anticorruption et principal opposant du Kremlin. Le vote intelligent était destiné à soutenir les candidats (souvent communistes) les mieux placés pour gêner ceux du pouvoir, puisque presque aucun candidat anti-Poutine n'a été autorisé à se présenter.

M. Navalny, 45 ans, a été emprisonné en janvier pour une affaire de fraude qu'il juge politique. Ses organisations ont été interdites pour extrémisme avant le scrutin, et nombre de ses cadres ont fui le pays par crainte de poursuites.

Quant à la baisse de popularité de Russie unie, elle s'explique par le fait que le parti est miné par les affaires de corruption, souvent révélées d'ailleurs par le mouvement d'Alexeï Navalny. En outre, les Russes ont vu leur niveau de vie s'effriter ces dernières années, une réalité qui s'est accélérée avec la pandémie.

Photo d'Alexeï Navalny fournie par le tribunal de Moscou.

Le leader de l'opposition russe Alexeï Navalny lors d’une audience au tribunal de Moscou, le 2 février 2021.

Photo : Reuters

Censure

Pour contrer le vote intelligent, les autorités russes ont exercé une pression inédite ces dernières semaines sur les géants de l'Internet, dont les plateformes étaient utilisées pour diffuser les consignes des pro-Navalny, réussissant à faire plier Google et Apple.

Ces derniers ont accepté vendredi de supprimer de leur boutique l'application mobile du vote intelligent, les alliés de Navalny accusant immédiatement les deux firmes américaines de céder au chantage.

Google a également bloqué en Russie deux listes contenant ces consignes et publiées sur Google Docs, son service de traitement de texte, et deux vidéos sur YouTube – dont il est propriétaire.

L'équipe de M. Navalny a réagi en donnant sur Twitter des instructions pour télécharger un réseau privé virtuel (VPN) pour éviter les blocages.

Selon des sources proches interrogées par l'AFP, Google et Apple ont obéi à Moscou par crainte d'arrestations de leurs employés en Russie.

Une électrice moscovite, un bulletin à la main, à un bureau électoral.

Le vote, tenu sur trois jours, vise à renouveler les 450 mandats de députés de la Douma, la chambre basse du Parlement russe.

Photo : Reuters / Evgenia Novozhenina

Bourrage d'urnes

Observateurs indépendants et opposants ont fait état de fraudes importantes tout au long du scrutin, organisé en partie en ligne.

D'après une liste de l'ONG spécialisée Golos, ce sont plus de 4600 possibles irrégularités qui ont été rapportées, dont des bourrages d'urnes. La baisse du niveau de transparence, de clarté du système électoral est une évidence, a déclaré l'organisation.

La présidente de la Commission électorale, Ella Pamfilova, a rejeté ces affirmations, jugeant que les infractions étaient bien moindres que par le passé, car le système électoral russe est devenu tellement transparent.

Il est clair que Russie unie a essuyé une défaite cinglante, a déclaré sur la chaîne YouTube Navalny-Live, Léonid Volkov, un proche exilé de l'opposant.

Selon lui, les autorités sont en train de falsifier sans vergogne [le décompte] devant le monde entier, en particulier les résultats du vote en ligne à Moscou, dont la publication a été reportée sine die, la capitale russe étant une place forte de l'opposition.

Avec les informations de Agence France-Presse

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