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Une centaine de personnes manifestent contre le projet de Ray-Mont Logistiques

Les citoyens sont rassemblés avec des pancartes.

Une centaine de citoyens d'Hochelaga-Maisonneuve ont manifesté samedi contre le projet de plateforme de transbordement de conteneurs de Ray-Mont Logistiques.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les citoyens de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve continuent de se mobiliser contre le projet de Ray-Mont Logistiques, qui désire mettre en place une plateforme de transbordement de conteneurs maritimes sur un terrain du secteur de l'Assomption Sud–Longue-Pointe. Ils étaient près d’une centaine à marcher samedi sur la promenade Ontario pour faire entendre leurs protestations et demander la tenue d’une évaluation environnementale du projet par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).

Les résidents du quartier craignent de voir diminuer sensiblement leur qualité de vie avec l'arrivée d’une plateforme de transbordement, qui doit accueillir des wagons, réceptionner la marchandise qu’ils contiennent et la transférer dans des conteneurs qui seront ensuite acheminés au port.

On estime qu’un train d’une centaine de wagons contenant des produits agricoles arriverait à la plateforme chaque jour, ce qui pourrait donner lieu à 1000 allées et venues de camions quotidiennement. Près de 10 000 conteneurs y seraient stockés, empilés sur huit étages.

La destruction de milieux naturels, la création d'îlots de chaleur, la perte de biodiversité, la création d'infrastructures polluantes, l'augmentation du trafic de camions et du passage de trains [...] des vibrations et du bruit 24 heures sur 24 seront parmi les conséquences néfastes du projet, détaille Anaïs Houde, porte-parole de l'organisme Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM, qui a organisé la manifestation.

Je viens marcher aujourd’hui parce qu'il y a un projet de 2,5 millions de pieds carrés d'îlots de chaleur qui s'en vient s'établir à 100 mètres de chez moi, protestait pour sa part une résidente interrogée par Radio-Canada.

On ne peut pas permettre la destruction de notre environnement pour le profit d'une entreprise.

Une citation de :Anaïs Houde, porte-parole de l'organisme Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM

Le dossier et les votes qu’il pourrait rapporter intéressent les politiciens, dont plusieurs étaient présents à la manifestation : le porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois; le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon; ainsi que, du côté fédéral, le ministre libéral sortant Steven Guilbeault et trois candidats de la circonscription d'Hochelaga, soit la libérale Soraya Martinez Ferrada, la néo-démocrate Catheryn Roy-Goyette et le bloquiste Simon Marchand.

De leur côté, Gabriel Nadeau-Dubois et Paul St-Pierre Plamondon réclament tous les deux que le projet soit soumis à une évaluation environnementale sérieuse.

Ray-Mont Logistiques est un mauvais projet. C’est un projet qui ne respecte pas ce que les gens de l’est de Montréal veulent pour leur quartier, pour leur ville, et la moindre des choses pour le gouvernement du Québec, c’est de faire une véritable évaluation environnementale du projet, affirme M. Nadeau-Dubois.

Ce qu’on demande, c’est la base, c’est-à-dire une évaluation environnementale, un BAPE, pour qu’on ait l’heure juste, pour qu’on puisse évaluer le projet correctement, juge lui aussi le chef péquiste. Il promet d’ailleurs de déposer une demande en ce sens.

Les élus montréalais réclament également que le projet soit soumis à un examen du BAPE, ce qui a été officialisé par une lettre envoyée jeudi au ministre de l’Environnement du Québec et signée par Mobilisation 6600 Parc-Nature MHM, par la mairesse de Montréal, Valérie Plante, et par le maire de l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, Pierre Lessard-Blais.

L'entreprise fait valoir ses arguments

De son côté, Ray-Mont Logistiques a publié samedi un communiqué réitérant sa volonté pleine et entière de réaliser son projet de manière respectueuse et en harmonie avec le secteur.

L’entreprise souligne qu’elle a suspendu volontairement tous les travaux reliés à ses opérations, jusqu’à ce que soient connues les conclusions d’un groupe de concertation créé en juin afin de proposer des mesures de cohabitation concrètes pour bonifier le projet.

Le comité est formé de citoyens ainsi que de représentants de la Ville et de l'entreprise, et est accompagné d’experts externes. Il doit rendre ses recommandations d’ici la fin du mois de septembre.

Ray-Mont Logistiques a commencé à la fin août les travaux de réhabilitation de son terrain, approuvés par le ministère de l’Environnement en janvier 2018.

L’entreprise fait aussi valoir que son projet permettra de réduire de manière importante le camionnage à Montréal et les émissions de gaz à effet de serre qui y sont reliés, puisque ses activités de transbordement, qui se tiennent actuellement dans Pointe-Saint-Charles, seront déménagées plus près du port de Montréal.

Le déménagement […] dans Mercier-Hochelaga-Maisonneuve vient réduire à lui seul près du tiers du camionnage lourd total sur la rue Notre-Dame. Pour l’entreprise, cela représente une réduction de 82 % de ses émissions de gaz à effet de serre et de 88 % la distance parcourue par camion sur des routes locales.

Une citation de :Tiré du communiqué de Ray-Mont Logistiques

Elle rappelle également un investissement de 35 millions de dollars depuis l’achat du terrain, dont 15 millions destinés spécialement à la réhabilitation des sols, ainsi que la création prévue de 200 emplois de qualité et bien rémunérés.

L’entreprise ajoute un argument humanitaire à cette liste. Plus du tiers des activités du site seront dédiées à l’acheminement de l’aide humanitaire canadienne via le Programme alimentaire mondial de l’ONU, pour qui Ray-Mont Logistiques est le transitaire officiel au pays, dit-elle.

C’est en 2016 que Ray-Mont Logistiques a acquis pour 20 millions le terrain vacant où elle compte s’installer. Ce terrain contaminé était en friche depuis que les bâtiments de l’ancienne fonderie Canadian Steel avaient été rasés, au milieu des années 2000.

Après quatre années de procédures judiciaires concernant le zonage, la Cour supérieure puis la Cour d’appel du Québec ont forcé Montréal à octroyer le permis de construction, ce qui a été fait au mois d’avril.

Ray-Mont Logistiques poursuit aujourd’hui Montréal pour 373 millions, estimant avoir subi des dommages pendant quatre ans parce que la Ville a agi illégalement.

Avec les informations de La Presse canadienne

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