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Derrière les candidats aux élections fédérales, les conjoints et leur force tranquille

Un homme à la barbe poivre et sel qui regarde sa conjointe devant les médias.

Nicolas Gauthier est le conjoint de Ruth Ellen Brosseau.

Photo : Radio-Canada

Si la joute politique est effrénée pour les candidats aux élections fédérales, la campagne de 36 jours demande une dose considérable de flexibilité pour les partenaires de vie de ceux et celles qui aspirent à représenter leur circonscription à la Chambre des communes. Tour d’horizon en Mauricie.

Comme chaque matin, Nicolas Gauthier fait la tournée de ses animaux à la ferme Le rieur sanglier. En pleine période des naissances des sangliers, les têtes à nourrir sont plus nombreuses.

On ne choisit pas [la période des naissances], c'est en pleine campagne, mais c'est aussi ça, la campagne, lance-t-il en jetant un coup d’œil sur une laie et son marcassin au fond d’un enclos.

Nicolas Gauthier dans la salle de son commerce.

Nicolas Gauthier est propriétaire de la ferme Le rieur sanglier.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Déjà très occupé avec la ferme, Nicolas Gauthier se retrouve plongé dans les élections. Sa conjointe, la candidate néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau, dans Berthier-Maskinongé, veut reprendre son siège à Ottawa.

Députée de 2011 à 2019, elle s’est consacrée au travail agroalimentaire avec son conjoint après sa défaite lors des dernières élections. L’entrepreneur reconnaît qu’elle a été d’une aide indispensable pour la ferme.

Les élections changent toutefois la donne. Ruth Ellen Brosseau est moins présente au quotidien en raison du travail de terrain qu’elle accomplit pour regagner les électeurs de Berthier-Maskinongé.

L'entrepreneur a dû revoir ses priorités pour l'appuyer dans sa campagne, malgré la reprise des affaires du Rieur sanglier après 18 mois de ralentissement à cause de la pandémie.

Simplement de l'accompagner, lui donner des conseils ou juste avoir des discussions. Préparer ses débats aussi... C’est d’aider à coordonner avec les bénévoles, de poser des pancartes, d’équiper son bureau de campagne, de prendre souvent les téléphones [des électeurs], donne-t-il en exemple, ajoutant que ce n’est pas évident de trouver du personnel qualifié pour la remplacer en temps de pénurie de main-d'œuvre.

Je suis une bibitte de politique

L'épouse d'Yves-François Blanchet, Nancy Déziel, porte plusieurs chapeaux. Directrice générale du Centre national en électrochimie et en technologies environnementales (CNETE), à Shawinigan, conseillère municipale dans la même ville et mère de jeunes adultes encore sous le toit familial, elle a déjà un horaire bien rempli.

Portrait rapproché de Nancy Déziel.

Nancy Déziel est une férue de politique. En plus d'être conseillère municipale à Shawinigan, elle accompagne son époux, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, dans différents événements.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

Pourtant, elle trouve du temps pour accompagner le chef du Bloc québécois, tant en région que lors des moments forts de la campagne, comme les débats des chefs.

Je suis là, je l'accompagne quand il arrive avant le point de presse. Je lui laisse son espace, il doit vraiment être concentré sur ce qu'il fait, raconte-t-elle, admettant que c’est un rôle qui tranche avec son quotidien professionnel de dirigeante.

Yves-François Blanchet tient haut dans les airs la main de sa conjointe, Nancy Déziel.

Yves-François Blanchet célèbre avec sa conjointe, lors d'un discours de victoire en 2019.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Étant une personne qui prend beaucoup d'initiatives, qui est beaucoup sur le devant de la scène dans ma carrière, bien, quand je l'accompagne, je suis beaucoup dans un rôle plus statique. Pour moi, c'est un apprentissage [qui n’est] pas toujours facile parce que je dois retenir mes élans, témoigne celle qui se considère aussi comme une bibitte politique.

En plus d'accompagner Yves-François Blanchet aux débats des chefs, elle se joint à lui pour des tournées de circonscriptions où la lutte est serrée. Nancy Déziel s’est d’ailleurs présentée aux côtés de son mari vendredi, quand ce dernier a fait campagne dans Trois-Rivières.

Faire vœu d’intensité pendant 36 jours

Signe que la bataille n’est pas gagnée dans cette circonscription, le chef libéral, Justin Trudeau, y a également fait une apparition jeudi pour galvaniser ses troupes, dont celles du candidat local, Martin Francoeur.

L’ancien éditorialiste et journaliste du Nouvelliste peut compter sur le soutien de son conjoint, Anthony Ozorai, durant la campagne trifluvienne, dont le résultat sera parmi les plus suivis lundi soir.

Anthony Ozorai en premier plan, avec Martin Francoeur qui se tient derrière lui.

Anthony Ozorai accompagne son conjoint, Martin Francoeur, dans une grande partie de ses événements.

Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier

C'est un rythme hyper soutenu. Je ne m'attendais pas à ce que ce soit aussi rempli. C'est un agenda qui peut changer comme ça en 24 heures ou en 48 heures, constate Anthony Ozorai, d'origine belge, qui participe pour la première fois à une campagne électorale en sol canadien.

Ce dernier a choisi d'être au cœur de la campagne électorale de son conjoint : il a temporairement quitté son emploi pour accompagner le candidat libéral dans la plupart de ses événements et épauler son équipe.

Anthony Ozorai aux côtés de Martin Francoeur au Café Morgane Notre-Dame.

Anthony Ozorai accompagne Martin Francoeur lorsqu'il aborde des électeurs sur les terrasses de restaurants et de cafés au centre-ville de Trois-Rivières.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Bélanger

Si la campagne de 36 jours est omniprésente dans leur vie de couple, Anthony Ozorai veille à distraire son partenaire de vie et à briser le rythme d’une campagne prenante.

Je suis là aussi pour le faire décrocher, pour lui dire : "Écoute, on sort, on va se manger une [crème glacée] quelque part. On va se changer les idées, rire un petit peu et parler des projets." C'est sûr qu'il y a le 20 septembre. C'est une échéance, mais il y a aussi une vie après le 20 septembre, dit-il, réaliste.

L’échéance arrivant à grands pas : la dernière ligne droite devient une gymnastique pour les candidats et leurs partenaires de vie, surtout quand il est question de vie commune.

C'est compliqué, mais on est capables de combiner nos carrières un peu bizarres, conclut Nicolas Gauthier en riant.

Les conjointes des candidats conservateurs de la région que nous avons tenté de joindre ont décliné nos demandes d'entrevue.

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