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L’Iran adhère à l’alliance russo-chinoise

Ebrahim Raïssi est assis à côté d'un drapeau iranien.

Le président de l'Iran Ebrahim Raïssi s'est félicité de l'adhésion de son pays au sein de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS).

Photo : AP

Agence France-Presse

Bien décidé à se tourner vers l'Est pour contrer « l'unilatéralisme » de l'Occident, l'Iran a crié victoire samedi au lendemain de son adhésion à l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), menée par la Russie et la Chine.

C'est un succès stratégique et diplomatique, s'est félicité samedi à Téhéran le président iranien Ebrahim Raïssi, à son retour de Douchanbe, la capitale du Tadjikistan, où l'adhésion de Téhéran à cette alliance a été approuvée lors d'un sommet.

Journaux conservateurs comme réformateurs ont salué l'adhésion à l'OCS, une organisation qui se veut un pendant à l'influence américaine et représente pour Téhéran un immense marché potentiel.

L'Iran peinait depuis 2008 à obtenir son adhésion à l'alliance, car plusieurs pays membres ne souhaitaient pas avoir dans leurs rangs un pays sanctionné par les États-Unis et les Nations unies en raison de son programme nucléaire. L'Iran est en effet soupçonné de vouloir se doter de l'arme atomique, ce que Téhéran a toujours démenti.

Réactions positives en Iran

L'Iran intègre le plus grand marché de l'Est, titre le journal ultraconservateur Javan, qui estime que l'OCS, l'un des principaux symboles de la coopération des puissances non occidentales, ouvre la voie à une ère post-américaine.

Kayhan, un autre journal à tendance ultraconservatrice, voit quant à lui un moyen pour contourner les sanctions occidentales, qui plombent son économie.

Le président russe Vladimir Poutine tient des feuilles devant un drapeau de l'OCS.

Le président russe Vladimir Poutine lors du sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai à Douchanbe, capitale du Tadjikistan, où l'adhésion l'Iran à cette alliance a été approuvée.

Photo : sputnik/afp via getty images / ALEXEY DRUZHININ

L'Iran peut désormais mettre en œuvre sa politique de multilatéralisme, abandonner progressivement une vision exclusivement basée sur l'Occident, et atténuer les sanctions, explique le journal.

Même satisfaction de la part des quotidiens réformateurs. Selon Etemad, cette adhésion permet au pays de se connecter à des marchés représentant 65 % de la population mondiale.

Un accueil « à bras ouverts »

Simple observateur à l'OCS depuis 2005, l'Iran avait échoué en 2020 à se faire admettre comme membre à part entière, mais vendredi, c'est avec les bras grands ouverts que l'alliance russo-chinoise l'a accueilli.

D'après l'expert iranien en relations internationales Fayaz Zahed, Moscou et Pékin ont avalisé l'adhésion de Téhéran, car ils supposent que la question de l'accord sur le nucléaire sera résolue.

Les pays de l'OCS estiment que l'Iran va se conformer aux accords internationaux, car les sanctions ont été jusqu'à présent le principal obstacle à l'adhésion de l'Iran à l'alliance, a-t-il dit à l'AFP.

Selon lui, les Russes, les Chinois ou les Indiens attendent la levée des sanctions avant d'investir en Iran.

L'Iran asphyxié par les sanctions américaines

L'Iran est asphyxié financièrement par des sanctions américaines, renforcées après le retrait unilatéral en 2018 des États-Unis de l'accord international sur le nucléaire iranien conclu trois ans plus tôt à Vienne.

L'accord offre à Téhéran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes, en échange de son engagement à ne jamais se doter de l'arme atomique et d'une réduction draconienne de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l'ONU.

Les négociations entre l'Iran et les cinq autres États encore parties prenantes de l'accord (Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne et Russie) pour tenter de permettre le retour des États-Unis dans l'accord, en échange d'une levée d'une partie des sanctions, sont au point mort depuis juin.

Dans son discours lors du sommet de l'OCS, le président iranien Ebrahim Raïssi a qualifié les sanctions occidentales de terrorisme économique et a affirmé qu'elles représentaient l'outil le plus important des pays hégémoniques pour imposer leur volonté aux autres.

Une organisation instituée par la Chine

Instituée en 2001 par la Chine, l'OCS regroupe la Russie et quatre États d'Asie centrale, le Kazakhstan, le Kirghizistan, l'Ouzbékistan et le Tadjikistan. Elle s'est élargie à l'Inde et au Pakistan en 2017.

Elle représente 60 % du continent eurasiatique, 50 % de la population mondiale et plus de 20 % du PIB mondial.

Selon Téhéran, les échanges commerciaux entre l'Iran et l'OCS ont atteint 28 milliards de dollars américains lors de l'année iranienne écoulée (mars 2020 à mars 2021), la Chine étant le principal bénéficiaire avec 18,9 milliards de dollars américains.

Outre les avantages économiques, l'Iran, dirigé depuis août par un gouvernement ultraconservateur, voit aussi un avantage politique.

Le monde est entré dans une nouvelle ère. L'hégémonie et l'unilatéralisme ont échoué, a dit M. Raïssi vendredi. Il a ajouté que le monde se dirigeait désormais vers le multilatéralisme et la redistribution des pouvoirs vers des pays indépendants.

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