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Pourquoi le taux de chômage hausse-t-il à l’Î.-P-.É. s’il manque de travailleurs?

Une affiche devant un restaurant Wendy's invite les gens à postuler à un emploi.

Des restaurants ont dû réduire leurs heures d'ouverture et les hôtels ont dû fermer des chambres, faute de trouver assez d'employés.

Photo : CBC / Tom Ayers

Radio-Canada

Le nombre d'emplois vacants à l'Île-du-Prince-Édouard a grimpé en flèche durant le second trimestre de cette année, tandis que le taux de chômage dépassait 10 % pour la première fois depuis l'été 2020.

Cela a occasionné de la frustration parmi des entreprises de la province, en particulier dans le secteur du tourisme, qui a vu un nombre imprévu de visiteurs se présenter en juillet, lorsque l'Île-du-Prince-Édouard a rouvert ses portes.

Des restaurants ont dû réduire leurs heures d'ouverture et les hôtels ont dû fermer des chambres, faute d'un nombre suffisant d'employés.

De nombreux résidents de la province peinent à comprendre comment le taux de chômage a pu connaître une hausse, alors qu'il manquait de travailleurs.

La Prestation canadienne d'urgence ne serait pas en cause

La question a été abordée pendant la campagne électorale fédérale.

La plupart des candidats aux élections fédérales s'accordent pour dire que le gouvernement fédéral devait intervenir sans tarder lorsque la pandémie de COVID-19 a freiné l'économie. Par contre, tous ne s'entendent pas sur ce qui doit advenir du soutien gouvernemental une fois que l'activité a repris.

Les candidats du Parti conservateur sont d'avis que la Prestation canadienne de la relance économique (PCRE) décourage la recherche d'emploi.

Pourtant, les données recueillies à l'île indiquent que, tandis que le nombre d'emplois inoccupés augmentait en avril, mai et juin, la PCRE a enregistré moins de demandes.

Un homme portant des lunettes, dans un bureau.

George Jia est professeur d'économie à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard (UPEI).

Photo : Radio-Canada / Contribution : George Jia

La moyenne de demandeurs de PCRE tournait autour de 3000 à la fin de l'année 2020 et au début de l'année 2021. Cette moyenne a commencé à fléchir en avril.

À la fin du mois de juin, le nombre de demandes de PCRE dépassait légèrement 2000.

Selon George Jia, économiste à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard (UPEI), la PCRE a pu avoir un effet sur le marché de l'emploi, mais l'argument de l'effet dissuasif est trop simple, selon lui.

Je ne pense pas qu'on puisse en conclure que les Insulaires ont décidé de renoncer à travailler pour profiter de la vie. Mais ils ont pu décider de se réorienter vers un meilleur emploi, grâce à la protection que leur confèrent la PCRE et la PCU [Prestation canadienne d'urgence].

Carol Le Maistre-Matthys a travaillé comme serveuse dans l'industrie hôtelière pendant six ans, tout en poursuivant ses études en radiographie.

Une jeune femme souriante tient une coupe de vin dans un décor de restaurant.

Carol Le Maistre-Matthys, du temps où elle travaillait comme serveuse.

Photo : Radio-Canada / Contribution : Carol LeMaistre-Matthys

Elle a décidé de renoncer à ce type d'emploi devenu précaire pendant le ralentissement des activités durant la pandémie. En tant qu'étudiante, il est essentiel pour moi d'avoir des heures de travail garanties pour gagner de quoi payer mes études.

Carol Le Maistre-Matthys affirme qu'avec la fermeture des restaurants et le fonctionnement à capacité réduite, elle avait du mal à savoir si elle aurait suffisamment d'heures de travail ou trop.

Le salaire lui convenait, mais le stress lié à l'horaire variable était épuisant à la longue. Cela a poussé beaucoup de serveurs à quitter leur emploi, souligne la jeune femme.

Vous ne pouvez pas vivre en attendant continuellement de savoir si vous allez travailler ou non.

Une citation de :Carol Le Maistre-Matthys

Carol Le Maistre-Matthys travaille maintenant dans une pharmacie. Elle précise que certains de ses amis ont opté pour du télétravail dans un centre d'appels ou sont devenus préposés aux postes frontaliers de la province, où leur expérience de travail auprès du public est vue comme un atout.

Une situation qui n'est pas nouvelle

La pénurie de travailleurs est aiguë cette année, mais il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau. 

Statistique Canada compile les données sur l'emploi par trimestre. Lorsqu'on examine les données des dernières années à l'Île-du-Prince-Édouard, on note que le taux d'emplois disponibles atteint un pic au deuxième trimestre.

Entre 2017 et 2019, le taux de postes vacants (qui compare le nombre de travailleurs salariés au nombre d'emplois inoccupés) pouvait baisser jusqu'à 2 % au premier trimestre et hausser pour atteindre un sommet le trimestre suivant.

Selon l'économiste Fred Bergman du Conseil économique des provinces de l'Atlantique, cela n'a rien d'étonnant. On peut s'attendre à ce qu'il y ait moins d'emplois vacants en hiver, puis une hausse au printemps et à l'été, lorsque l'activité reprend dans des industries saisonnières, comme la construction, le tourisme, l'agriculture, la pêche.

Une hausse du taux de postes vacants signifie que l'économie gagne des emplois. Cela fait partie du cycle naturel à l'Île-du-Prince-Édouard. Le rapport sur l'emploi compilé par Statistique Canada au deuxième trimestre répertorie typiquement des postes qui sont vacants à plus long terme.

D'après le professeur Bergman, le cas de Carol Le Maistre-Matthys est loin d'être le seul. L'activité a repris, ces secteurs doivent embaucher. Le problème, c'est que certains travailleurs sont partis et qu'ils ne sont pas revenus, explique Fred Bergman.

Pour certaines industries, la relance des activités s'est faite plus rapidement que prévu, ce qui a raccourci les délais pour pourvoir les postes.

La suite de ce texte sera publiée dimanche.

Avec des informations de CBC

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