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COVID-19 : les enfants victimes du report des chirurgies et des délais en santé

Loic Germaine dans un fauteuil roulant devant l'hôpital pour enfants de l'Alberta à Calgary.

Loic Germaine est atteint de leucémie, il a fait une rechute en pleine pandémie.

Photo : Isabelle Filion

Le père d’un garçon atteint d’une leucémie craint pour la vie de son fils, car les hôpitaux albertains ont reporté toutes les opérations chirurgicales non urgentes, y compris celles qu'attendent des enfants, et que les soins intensifs ont presque atteint leur capacité.

Nous sommes terrifiés, lance Jeff Germaine, excédé. L’année dernière, son fils Loïc, 10 ans et atteint de leucémie, a fait une rechute. Depuis, il subit régulièrement de lourds traitements de chimiothérapie qui affaiblissent grandement son système immunitaire, ce qui le rend beaucoup plus susceptible aux infections.

Loïc a d’ailleurs déjà fait trois séjours aux soins intensifs. En tout, il y a passé une vingtaine de jours.

Selon les autorités sanitaires albertaines, les soins intensifs dans l’ensemble de la province sont actuellement occupés à 86 %, malgré l’ajout de 137 lits pour accueillir les patients avec la COVID-19.

S’il contracte une autre infection, y aura-t-il de la place pour lui aux soins intensifs?, s’inquiète Jeff Germaine.

Des conséquences importantes

Dans un courriel, Services de santé Alberta (AHS) confirme avoir annulé toutes les chirurgies non urgentes de la province, incluant les chirurgies pédiatriques, en raison de l’augmentation des patients atteints de la COVID-19 et du manque de personnel soignant dans les hôpitaux.

Seules les chirurgies urgentes, nécessaires à la vie dans un délai de 3 jours et priorisées, comme celles pour le cancer, sont maintenues.

Mary Brindle, chirurgienne pédiatrique à l’Hôpital pour enfants de l’Alberta, s’inquiète des conséquences du report des opérations chirurgicales prévues pour ses patients.

Elle dit que dans certains cas, attendre peut amener des complications ou une progression de certaines maladies.

C’est très stressant, déplore-t-elle.

La situation sur le terrain est très grave.

Une citation de :Mary Brindle, chirurgienne pédiatrique, Hôpital pour enfants de l’Alberta

De son côté, Jeff Germaine remarque que les travailleurs de la santé sont épuisés et démoralisés. Même si les patients atteints d’un cancer sont priorisés, il dit avoir déjà dû faire face à des retards.

Loïc Germaine et son frère Zack assis sur un sofa.

Loïc Germaine et son frère Zack.

Photo : Isabelle Filion

Le mois dernier par exemple, il a dû se rendre à l’hôpital d’urgence avec son fils qui faisait de la fièvre. La prise en charge du garçon a cependant été retardée de plusieurs heures en raison du manque de personnel.

Il aurait dû recevoir le traitement en 30 minutes, pas au bout de 6 heures, raconte-t-il.

Le père de famille espère que des histoires comme celle de sa famille feront prendre conscience des conséquences potentielles de leur choix aux gens qui refusent de se faire vacciner.

Faites-vous vacciner pour les enfants, les gens qui ont désespérément besoin du système de santé, dit-il.

Avec les informations de Stéphanie Rousseau et Jennifer Lee

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