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Les étudiants en soins absents du réseau cette fin de semaine

Une manifestation du réseau de la santé avec des fumigènes.

Juste avant l’arrivée de la fin de semaine critique, des infirmières ont lancé un signal de détresse.

Photo : Radio-Canada / Alexis Tremblay

Radio-Canada

Les infirmiers et infirmières en apprentissage manqueront à l’appel dans les hôpitaux cette fin de semaine.

En effet, ce sont 2600 étudiants et étudiantes au Québec qui sont convoqués pour l'examen de leur ordre professionnel samedi, un examen qui se déroule en même temps que l’examen des infirmiers et infirmières auxiliaires, une situation exceptionnelle cette année.

En Estrie, ce sont 163 candidates à la profession d’infirmière qui manqueront à l’appel, forçant le CIUSSS de l’Estrie - CHUS à réduire certains services à la population pour les trois prochains jours.

L’urgence de l’hôpital de Coaticook sera fermée de soir et de nuit puisque le personnel sera appelé en renfort ailleurs dans le réseau. Le CIUSSS va également reporter les chirurgies non urgentes afin de s’assurer de recourir le moins possible au temps supplémentaire obligatoire.

On va faire un effort supplémentaire cette fin de semaine, alors on a ciblé les milieux qui étaient critiques, où il y avait davantage de besoins, et où évidemment les soins devaient être absolument donnés pour la sécurité et la qualité des soins. J’insiste autant pour les chirurgies et l’urgence de Coaticook, ce sont des mesures qui sont temporaires jusqu’à mardi matin.

Une citation de :Patricia Bourgault, directrice des soins infirmiers, CIUSSS de l’Estrie - CHUS

C’est la première fois que les examens des deux ordres professionnels se déroulent en même temps, situation exceptionnelle causée par la pandémie.

On est tout à fait conscients de ça, on sait aussi que les gens attendent justement qu’ils obtiennent leur permis d’exercice afin de les déployer de manière plus autonome dans le réseau, explique la directrice admission et registrariat de l'Ordre des infirmières et infirmiers du Québec, Chantal Lemay. Habituellement, l’examen se déroule un lundi, ça ne se déroule pas sur une fin de semaine, mais avec la pandémie vous comprendrez qu’on a dû faire appel à des collaborateurs, particulièrement dans le milieu de l’éducation, ce sont des établissements d’enseignement qui nous reçoivent pour la tenue de l’examen, c’est la raison pour laquelle la date a été déplacée un samedi.

La porte-parole ajoute qu'à l’avenir l’Ordre évitera de convoquer les candidats un jour de fin de semaine alors qu’il est plus difficile de trouver du personnel de relève. Les nouveaux infirmiers et infirmières connaîtront leurs résultats d’examen à la fin octobre. Le taux de réussite de l’an dernier était de 82 %.

Le signal de détresse des travailleurs et travailleuses

Les deux ordres en même temps... quelle bonne idée, a lâché la présidente du Syndicat des professionnels en soins des Cantons-de-l’Est, Sophie Thériault.

Des infirmières manifestent pour le réseau de la santé.

163 candidates à la profession d'infirmière manqueront à l'appel en fin de semaine.

Photo : Radio-Canada / Alexis Tremblay

Juste avant l’arrivée de la fin de semaine critique, des infirmières ont lancé un signal de détresse.

L’absence des 163 candidates à la profession diminue encore plus le nombre d’infirmières disponibles, dans un contexte de pénurie de main-d'œuvre déjà tendu.

Jeudi, le Syndicat demandait au CIUSSS de l’Estrie - CHUS de payer les heures supplémentaires à taux double pour la fin de semaine, avec pour objectif d’attirer plus de volontaires, et de limiter le temps supplémentaire obligatoire. Nos solutions ont été refusées par l'employeur parce que le ministère ne le permet pas encore, déplore Sophie Thériault.

Par courriel, le CIUSSS de l’Estrie - CHUS a rappelé que l'établissement n'a ni les leviers ni les pouvoirs nécessaires pour agir sur la rémunération du travailleur.

La décision de mieux payer les infirmières durant leurs heures supplémentaires obligatoires appartient donc au gouvernement. Le ministre de la Santé devrait d'ailleurs annoncer des mesures incitatives la semaine prochaine. Entre-temps, la fatigue du personnel demeure, comme le montre Kanhkana Tum, infirmier clinicien au CHSLD d’Youville. J'aime tellement encore ma job que je vais me laisser tomber.

Le Syndicat va déployer dans les prochaines semaines sa campagne Le TSO tue le réseau, autant pour soutenir les professionnels que pour dénoncer leurs conditions de travail.

Avec les informations de Brigitte Marcoux et d’Alexis Tremblay

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