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Faire campagne en temps de pandémie

Depuis la mi-août, des milliers de personnes ont parcouru les routes du pays pour tenter de convaincre la population de voter en leur faveur. La pandémie a modifié considérablement leur manière de procéder. Quatre candidats font part de leurs observations.

Alexandre Boulerice distribue des dépliants à l'extérieur du métro Beaubien.

Le candidat néo-démocrate Alexandre Boulerice brigue un quatrième mandat dans la circonscription montréalaise de Rosemont—La Petite-Patrie.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Le seul survivant de la vague orange de 2011 au Québec, Alexandre Boulerice, adore serrer des mains en campagne électorale.

Contrairement aux élections de 2011, 2015 et 2019, le candidat du Nouveau Parti démocratique dans Rosemont—La Petite-Patrie, à Montréal, doit se contenter cette année de paroles encourageantes, de sourires et de contacts moins chaleureux qu'une poignée de main.

Il y a quelque chose de contractuel dans le geste, dit-il. Quand c'est fait avec enthousiasme, on sent que là, il y a quelque chose qui vient de se conclure, il y a un engagement qui est pris. Avec les petits coups de coude, ce n'est pas la même chose...

Les grands rassemblements lui manquent aussi, confie-t-il.

C'est intéressant pour les militants et les sympathisants des partis politiques. C'est très le fun pour les candidats et candidates aussi, parce que ça nous donne de l'énergie; et là, on ne la sent pas, parce qu'on n'a justement pas d'assemblées plus festives ou plus partisanes.

Ça nous manque en temps de pandémie, j'espère que ça va revenir.

Une citation de :Alexandre Boulerice, député néo-démocrate dans Rosemont—La Petite-Patrie

Un sourire sur les masques

Ma fille de 14 ans a commencé à dessiner des sourires sur mes masques, et ça, ça met beaucoup les gens à l'aise, explique le candidat conservateur dans Ville-Marie–Le Sud-Ouest–Île-des-Sœurs, Steve Shanahan.

L'ex-conseiller municipal à Montréal de 2013 à 2017 et ex-candidat conservateur en 2015 cogne ou sonne à des milliers de portes en campagne électorale.

En 2021, il a pris l'habitude de reculer de deux mètres après avoir manifesté sa présence. Les conversations, avec la distance, sont souvent plus courtes, dit-il. Pour un candidat, ça fait notre affaire parce qu'on a beaucoup de portes à aller visiter.

Steve Shanahan sourit sur le trottoir, à l'embranchement de deux rues. Il porte un chapeau et un veston.

Steve Shanahan fait campagne pour le Parti conservateur du Canada dans la circonscription Ville-Marie–Le Sud-Ouest–Île-des-Sœurs, à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Steve Shanahan dit avoir distribué seulement une centaine des 500 feuillets publicitaires qu'il a fait imprimer. Il a cessé d'en distribuer après avoir constaté que de nombreuses personnes n'en voulaient pas, entre autres par crainte de contracter la COVID-19.

Si les gens veulent avoir des souvenirs, appelez-moi, plaisante-t-il. Je serais heureux de vous apporter quelques exemplaires que les citoyens ne veulent plus!

Rejoindre les jeunes grâce aux réseaux sociaux

On a fait plus de 5000 portes, parce que c'est ce qui fonctionne le plus, explique la candidate libérale dans Montarville, Marie-Ève Pelchat.

La candidate de 24 ans a aussi visité des résidences pour personnes âgées, un passage obligé dans toute campagne électorale.

Marie-Ève Pelchat sourit devant une rangée de fleurs et d'arbustes.

Marie-Ève Pelchat tente de se faire élire dans la circonscription de Montarville, en Montérégie, sous la bannière du Parti libéral du Canada.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

J'ai joué au bingo, ça m'a permis de voir plein de gens. Étant doublement vaccinée, portant mon masque, c'était super sécuritaire, mais évidemment on ne va pas de porte en porte dans les résidences, dit Mme Pelchat.

On peut quand même avoir de très bons contacts avec les gens. En plus, on profite de la belle température pour les rencontrer à l'extérieur et les gens sont extrêmement contents qu'on prenne le temps d'aller les voir.

Une citation de :Marie-Ève Pelchat, candidate libérale dans Montarville

L'équipe libérale fait de nombreux appels, mais les médias sociaux sont un outil privilégié pour contacter une partie de l'électorat.

La banque de données n'est pas encore extrêmement élaborée avec les numéros de téléphone cellulaire, par exemple, des jeunes de 18 à 25 ans. Donc, c'est sûr qu'une bonne façon de les rejoindre pour nous, c'est les médias sociaux. On publie tout ce qu'on fait et les gens sont hyper réceptifs.

De trois à quatre fois moins d'événements

Le candidat bloquiste dans Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères, Xavier Barsalou-Duval, fait sa troisième visite de la campagne dans le stationnement d'une épicerie à Contrecoeur.

On fait de trois à quatre fois moins d'événements, donc on fait plus de porte-à-porte ou des épiceries où on se tient à l'extérieur, raconte-t-il.

Le bon côté, c'est que la campagne a eu lieu dans une période où il n'y avait pas 20 pieds de neige et il ne faisait pas -40, sinon ça aurait été très difficile et désagréable, souligne-t-il.

Xavier Barsalou-Duval distribue des dépliants à l'entrée d'une épicerie.

Le bloquiste Xavier Barsalou-Duval siège aux Communes depuis 2015, où il représente la circonscription de Pierre-Boucher—Les Patriotes—Verchères, en Montérégie.

Photo : Radio-Canada / Benoît Chapdelaine

Élu une première fois en 2015, le jeune candidat a tenu compte de la pandémie dans le choix de son local électoral.

On a essayé de trouver un endroit où il y avait des bureaux séparés plutôt qu'une grande salle comme on a l'habitude de faire. Comme cela, il y a déjà une distanciation, explique M. Barsalou-Duval.

Il y aussi beaucoup plus de bénévoles qui font des appels de la maison plutôt que du local, on les encourage à faire cela, ajoute-t-il.

Et la soirée électorale? Tous les militants ne pourront pas entrer au local électoral ou au restaurant comme lors des anciennes campagnes.

On s'attend à avoir beaucoup moins de monde, confie-t-il avec regret. On va respecter la capacité du restaurant puis les normes sanitaires en vigueur à ce moment-là.

Ces élections fédérales en temps de pandémie passeront à l'Histoire, et pas seulement pour les résultats du vote.

Consultez notre dossier sur les élections fédérales 2021.

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