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Fairy Creek : les manifestants persistent malgré le démantèlement des camps

La tension perdure à Fairy Creek, alors que le nombre d’arrestations continue d’augmenter.

Un arbre seul se tient debout entouré de souches coupées.

L'exploitation forestière a repris son cours dans le bassin versant de Fairy Creek, du moins jusqu'à la fin de l'injonction le 26 septembre.

Photo : Simon Gohier

Simon Gohier

Depuis le début de la mise en application de l’injonction par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), 1020 personnes ont été arrêtées, dont 791 pour violation de l’injonction et 196 pour obstruction. Environ 110 personnes ont été arrêtées plus d’une fois.

Depuis un an, les manifestants et les forces de la GRC mènent une sorte de guerre de tranchées, dans la mesure où la ligne du front bougeait de quelques centaines de mètres à la fois, parfois moins, et cette confrontation menait à un va-et-vient constant.

Un exemple marquant de cette confrontation est le camp de Waterfall, situé profondément dans la zone d’exploitation forestière. Lors d’une visite à la fin juillet, on indiquait que le camp avait été perdu puis regagné cinq fois par les manifestants.

Une trompette devant une barricade avec des gens derrière.

Le campement Waterfall a été démantelé par la GRC en septembre.

Photo : Radio-Canada / Sarah Xenos

Ce camp avait une importance capitale pour les manifestants, puisque, comme son nom l’indique, la chute d’eau qui y est située leur permettait de s’approvisionner en eau sans avoir à parcourir plusieurs kilomètres, souvent dans des terrains escarpés et non praticables par les véhicules.

Depuis, la lutte constante a pris fin, ou du moins a complètement changé puisque les forces de la GRC ont retiré tout ce qui barrait le chemin à la compagnie Teal Jones.

Le sergent Daniel Michaud de la GRC précise que tous les camps ont été démantelés et qu'ils maintiennent la zone d'exclusion.

Pas mal de façon quotidienne il y a des obstructions qui sont mises. On est là pour les enlever, ou si les gens s'attachent après quelque chose, on leur dit qu'ils peuvent quitter de leur propre volonté ou sinon ils sont en état d'arrestation, précise-t-il.

Arrestations musclées

Les manifestants campent maintenant en périphérie de la zone d’exclusion pour maintenir leur présence, mais le nombre de manifestants fluctue régulièrement. Parmi les nouveaux arrivants qui viennent en renfort, il y a Mink, qui est arrivée du Québec il y a cinq jours.

Une jeune femme est debout devant une bannière.

Mink soutient que son arrestation était illégale.

Photo : Simon Gohier

Je me suis fait arrêter ce matin, en fait on appelle ça un kidnapping, parce que quand tu te fais arrêter on est censé te donner tes droits et la raison pourquoi tu te fais arrêter, raconte-t-elle.

Ils nous ont juste laissés dans la voiture, ils nous ont amenés à Port Renfrew et nous ont laissés sur le bord de la route. Je me disais qu'il y avait peut-être un dépanneur, mais il n'y avait rien, pis arrange-toi. Je n'ai aucune accusation, ils n'ont pas pris mon nom ou ma photo. Je vais retourner là, c’est clair.

La Commission civile d'examen et de traitement des plaintes relatives à la GRCa reçu 91 plaintes du public en lien avec les affrontements entre les forces de l'ordre et les activistes à Fairy Creek.

Le sergent Michaud debout devant un camion

Le sergent Michaud affirme que la GRC agit dans les limites de la loi.

Photo : Simon Gohier

Face à ces allégations d’inconduites, le sergent Michaud rétorque qu'ils sont autorisés par le Code criminel à faire usage de la force.

On n'est pas obligés d'accuser quelqu'un, nous on a besoin d'un motif raisonnable de croire qu'un crime a été commis ou va se commettre, explique le policier. On peut vous arrêter et vous enlever de la situation et vous relâcher sans accusations. Dès l’instant où la force physique intervient, c’est pas toujours beau.

Bill Jones, un aîné de la nation Pacheedaht et leader du mouvement s’opposant à la coupe à blanc, déplore que les deux côtés du conflit s’affrontent pour le contrôle des maigres restants de la forêt ancienne.

Il est estimé que seulement 3 % des arbres anciens subsistent encore, alors que la portion de territoire qui peut encore les accueillir rétrécit elle aussi.

Bill Jones est assis sous une tente.

Bill Jones se désole de l'inaction du gouvernement dans cette affaire.

Photo : Simon Gohier

Il me semble étrange qu'on soit en train de se battre pour des restants, comme des animaux qui se battent autour d'une carcasse.

Une citation de :Bill Jones
Un arbre seul se tient debout entouré de souches coupées.

Reprise des opérations forestières

L'exploitation forestière dans la région a repris depuis le démantèlement des camps et va continuer au moins jusqu’à la fin de l’injonction, le 26 septembre.

L’installation de barrières en métal coulées dans le béton par Teal Jones présente un fort contraste avec les barrières improvisées que les manifestants utilisaient auparavant.

Ces nouvelles barrières, gérées par des employés de la compagnie forestière, permettent aux véhicules et à l'équipement lourd d’accéder aux routes menant aux aires d’exploitation. Elles sont aussi la limite légale de la zone d’exclusion signifiant aux manifestants qu’ils ne doivent pas s’aventurer plus loin.

Une barrière métallique sur une route de bûcheron.

L'installation de barrières en métal fait contraste avec l'utilisation de barrières par les manifestants auparavant.

Photo : Simon Gohier

La bataille juridique pour le renouvellement de l'injonction a été lancée le 14 septembre en Cour suprême de la Colombie-Britannique.

Le juge a toutefois déjà soulevé des doutes quant à sa capacité de rendre un jugement juste et équitable avant la date butoir du 26 septembre, une situation qui pourrait causer un vide juridique et permettre le retour des manifestants.

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