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Mort de l’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika

Abdelaziz Bouteflika est assis sur un fauteuil roulant.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika avait démissionné le 2 avril 2019 après 20 ans de mandat et six semaines de protestations massives.

Photo : Associated Press / Sidali Djarboub

Radio-Canada

L’ancien président algérien Abdelaziz Bouteflika est décédé vendredi à l’âge de 84 ans.

M. Bouteflika a été à la tête de l’État algérien du 27 avril 1999 au 2 avril 2019, remportant quatre victoires consécutives à la présidence, sans véritable opposition.

Depuis 2013, cependant, de nombreuses personnes remettaient en question sa capacité à diriger le pays.

Il était handicapé en raison d’un accident vasculaire cérébral, cloué sur un fauteuil roulant et quasi inerte, et apparaissait fort peu en public. Son entourage était d'ailleurs soupçonné d'exercer une influence considérable sur le pouvoir, en particulier son frère Saïd.

L’annonce de sa volonté de se présenter à un cinquième mandat présidentiel en 2019 avait provoqué une forte contestation qui avait conduit à des manifestations monstres. À partir du 22 février, des centaines de milliers d’Algériens étaient descendus dans les rues tous les vendredis pour réclamer son départ définitif.

Abdelaziz Bouteflika avait finalement annoncé en mars qu'il renonçait à briguer un cinquième mandat, afin d’apaiser les appréhensions de la population.

Il avait quitté son poste près d’un mois plus tard, sommé d'abandonner le pouvoir par l'état-major de l’armée, pilier du régime.

Présidence et islamistes

Né le 2 mars 1937 à Oujda, au Maroc, dans une famille algérienne, Bouteflika a rejoint dès 19 ans l'Armée de libération nationale (ALN) qui combattait la puissance coloniale française.

Lors de l'indépendance de l’Algérie, en 1962, il est devenu à 25 ans ministre des Sports et du Tourisme, avant d'hériter un an plus tard du portefeuille des Affaires étrangères, qu'il a conservé jusqu'en 1979.

En 1965, il a soutenu le coup d'État de Houari Boumédiène, alors ministre de la Défense, qui s'est emparé du pouvoir en déposant le président Ahmed Ben Bella.

S'affirmant comme le dauphin de Boumédiène, qui est décédé en 1978, il a pourtant été écarté de la succession par l'armée, puis de la scène politique, sur fond d'accusations de malversations. Il s'est exilé à Dubaï et Genève de 1981 à 1987.

C'est pourtant l'armée qui l'a imposé en 1999 comme candidat à la présidentielle. Il l'a emporté après le retrait de tous ses adversaires, qui ont dénoncé des fraudes.

Le début de sa présidence a été marqué par la fin de la guerre civile opposant depuis 1992 le gouvernement algérien à divers groupes islamistes, un conflit qui a fait quelque 200 000 morts en 10 ans.

Dès l'été 1999, il a fait approuver par référendum une loi qui accordait l’amnistie aux islamistes armés n'ayant pas commis de crimes de sang et de viols et qui acceptaient de se soumettre à l'autorité de l'État. Cette loi, et une deuxième en 2005 promettant l’amnistie aux islamistes encore dans le maquis en échange de leur reddition, ont convaincu nombre d'islamistes de déposer les armes.

Les années de pouvoir du président Bouteflika ont cependant été obscurcies par des scandales de corruption d'une ampleur sans précédent.

Avec les informations de Agence France-Presse

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