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Une éclosion dans un restaurant de Hull ravive la question de la vaccination des employés

L'immeuble abritant le bar Aux 4 jeudis dans le Vieux-Hull près d'un chantier de construction.

Le bar Aux 4 jeudis a annoncé, jeudi, qu'une éclosion de cas de COVID-19 avait été décelée (Archives).

Photo : Radio-Canada / Michel Aspirot

Radio-Canada

Une éclosion de cas de COVID-19 au sein du personnel a forcé la fermeture du café-bar, Aux 4 jeudis, mercredi. La réouverture de l'établissement fait ressurgir la question de la vaccination obligatoire chez les employés.

Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, le 16 septembre, le directeur général de l'établissement, Alexandre Le Blanc a annoncé la réouverture de l'établissement vendredi, alors qu'il avait dû fermer mercredi. Ce dernier a également confirmé que trois cas ont été répertoriés au sein du personnel.

Le 4 Jeudis rouvrira donc ces portes ce vendredi, avec des effectifs réduits doublement vaccinés ayant reçu un diagnostic négatif au test de dépistage.

Une citation de :Extrait du communiqué d'Alexandre Le Blanc, directeur général du café-bar, Aux 4 Jeudis

Malgré cette réouverture, tous les clients qui ont fréquenté le café-bar entre le 8 et le 12 septembre sont invités à surveiller l'apparition de symptôme tous les jours, pendant deux semaines et à s'isoler immédiatement en cas de symptômes.

Vers la vaccination obligatoire du personnel?

Les employés de la restauration ne sont pas tenus de divulguer leur statut vaccinal ni d'être adéquatement vaccinés.

À titre de gestionnaire, j'ai fortement encouragé mon équipe à se faire vacciner, a écrit M. Le Blanc dans son communiqué. Malheureusement, certains, certaines, n'ont pas jugé opportun de se conformer à la consigne.

Un homme accorde une entrevue devant un bar.

Alexandre Leblanc, le directeur général du café-bar, Aux 4 Jeudis (Archives)

Photo : Radio-Canada

Le directeur général a aussi expliqué que les limites imposées par la Charte et la loi [l'empêchent] de rendre la vaccination obligatoire, bien qu'il soit personnellement convaincu qu'il s'agit de la seule issue à cette pandémie.

Le virologue et médecin-chercheur, Hugues Loemba, a aussi réclamé des mesures supplémentaires pour protéger les clients et les employés de la propagation du coronavirus.

Est-ce qu’ils peuvent ajouter d’autres couches de protection? a-t-il demandé. M. Loemba a proposé la mise en place de tests de dépistage pour les non-vaccinés chaque deux à trois jours.

L'avocate associée au cabinet Langlois avocats, Marianne Plamondon, a souligné qu'il serait périlleux, à l’heure actuelle, d’exiger la vaccination obligatoire à moins d’avoir des facteurs de risques au niveau de la santé et sécurité.

Ça prendrait un décret ou une recommandation de la Santé publique pour faciliter ce processus.

Une citation de :Marianne Plamondon, avocate

Pour pouvoir obliger les employés à être vaccinés, il faut rencontrer les critères de la Charte des droits et libertés de la personne et pouvoir démontrer qu’il y a une exigence professionnelle justifiée et que, pour la sécurité des employés, on a d’autres choix que d’imposer la vaccination, a illustré Mme Plamondon.

Il faut donc démontrer la dangerosité du milieu de travail, en plus de prouver que la vaccination est le seul moyen d’assurer la sécurité, a-t-elle poursuivi. Comme il y a eu relativement peu d'éclosions dans la plupart des milieux de travail lors des précédentes vagues de la pandémie, il serait très difficile de rencontrer les critères.

Selon le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de l'Outaouais, il y a présentement neuf éclosions en milieu de travail, dont trois dans les restaurants et les bars de la région.

L'avocate a aussi souligné que les employeurs qui pourraient être tentés de demander la vaccination ou le statut de leurs employés s’exposent à des recours de la part des employés à la Commission des droits de la personne.

Une situation paradoxale

Le président de la Chambre de commerce de Gatineau, Stéphane Bisson, a souligné le côté paradoxal de la situation. On exige que les clients qui se présentent au restaurant soient doublement vaccinés, mais de l’autre côté, on n'a aucun encadrement offert par le gouvernement par rapport aux employés, a-t-il confié à la caméra.

Si je n'exige pas la vaccination obligatoire au niveau des employés, comment je vais assurer la sécurité des consommateurs qui se présentent dans mon établissement?

Une citation de :Stéphane Bisson, président de la Chambre de commerce de Gatineau

La réglementation expose la clientèle à la COVID-19, selon lui. M. Bisson a mentionné qu'il comprenait bien les enjeux auxquels M. Le Blanc fait face par rapport à ces employés et il souhaite que le gouvernement prenne une décision rapidement pour éviter ce genre de situation.

Stéphane Bisson en pleine entrevue à Radio-Canada sur le bord de la rue.

Stéphane Bisson aimerait que le gouvernement ouvre la voie aux propriétaires d'entreprises ,afin qu'ils puissent exiger la vaccination de leurs employés (Archives).

Photo : Radio-Canada

Également propriétaire d'une entreprise, ce dernier a indiqué se trouver lui-même devant un dilemme de taille : celui d'assurer la sécurité du personnel et des clients, tout en respectant le droit individuel de chacun concernant la vaccination.

Selon lui, le contexte de pénurie de main-d'œuvre vient aggraver la problématique. Si je serre trop la vis à mes employés, ils vont tout simplement déguerpir, a-t-il indiqué.

Avec les informations de Rosalie Sinclair et de Rémi Authier

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