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Manque de personnel en pédiatrie : le chef du département constate l’épuisement

Nouveau-nés dans un centre de néonatalogie

Un bébé dans un incubateur.

Photo : Getty Images

Le chef régional des départements de pédiatrie et de néonatalogie, le Dr Jean-Benoît Bouchard, constate avec désolation l’épuisement du personnel soignant.

Actuellement, une vingtaine d’infirmières sur 52 sont absentes à l'Hôpital de Chicoutimi, principalement en raison de congés maternité ou de maladie, ce qui oblige les professionnelles en soins à cumuler les heures supplémentaires.

Aujourd’hui (vendredi), ça va un peu mieux. Ça a été très intense la semaine passée, ce week-end et au début de la semaine. Là, malheureusement, on a eu des bris de services et maintenant, on commence à avoir de l’aide, a relaté le Dr Bouchard, en entrevue à Radio-Canada.

Au plus fort de la crise, des enfants ont dû être envoyés à l'Hôpital d'Alma en raison du manque de personnel à Chicoutimi.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que comme dans plusieurs spécialités, Chicoutimi reste le pôle régional, le poumon régional pour la pédiatrie, la néonatologie, l’obstétrique et la périnatalité. Malheureusement, ça nous fait un peu mal au cœur de voir qu’on manque de personnel dans l’hôpital, des infirmières, des inhalothérapeutes, des infirmières auxiliaires pour venir aider nos enfants qui sont plus malades actuellement qu’à l’habitude à ce moment-ci de l’année , a commenté le chef du département.

Le Dr Bouchard affirme que la direction du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) aurait pu prévoir le coup puisque l’apparition du virus respiratoire syncytial (VRS), qui affecte particulièrement les bébés, a eu lieu plus tôt dans des hôpitaux de la région de Montréal.

Ce virus peut avoir des conséquences graves pour les poupons, particulièrement ceux de moins de trois mois. Il faut savoir que de la naissance à trois mois, les nouveau-nés ne respirent que par le nez. Le VRS peut donc les empêcher de respirer. Ils peuvent ainsi se retrouver en détresse respiratoire et ont souvent besoin d’oxygène. Parfois, les bébés doivent même être intubés.

En fin de semaine dernière, cinq bébés avaient besoin d’un support respiratoire.

Le pédiatre en entrevue dans son bureau

Le pédiatre Jean-Benoît Bouchard.

Photo : Radio-Canada

À Montréal, ça fait un mois qu’on est averti que ce virus est arrivé, que ce virus-là avait l’air plus méchant que les dernières années. C’est quelque chose qu’on pouvait voir venir. Malheureusement, nous n’avions pas l’aide dont nous avions besoin lorsque les patients les plus malades sont arrivés , a poursuivi le pédiatre.

Augmentation des naissances

L’augmentation du nombre d’accouchements à l’Hôpital de Chicoutimi met aussi une pression sur les départements de pédiatrie et de néonatalogie.

On a assisté à un baby-boom COVID, où il y a eu plus de naissances, particulièrement cet été où on a eu quasi 50 % des naissances normales. Le département d’obstétrique et les autres sont tous interreliés. Comme il y a eu plus de naissances, il y a eu plus de bébés qui, à la naissance, pouvaient être malades , poursuit le Dr Bouchard.

Vendredi, 10 bébés occupaient des lits en néonatalogie sur une capacité totale de 10. Le département pourrait en accueillir cinq de plus physiquement, mais le personnel requis manque.

S’il y a des bébés qui sont un peu plus malades, encore une fois, on va être obligés de créer encore plus de temps supplémentaire obligatoire pour nos infirmières , poursuit le pédiatre, comparant la situation à une tempête parfaite, avec la présence du VSR.

Le chef du département constate l’épuisement du personnel.

Il n’y a pas de hiérarchie dans nos départements. Notre but est de donner de bons soins, des soins de qualité. Ça nous fait vraiment de la peine de voir que les infirmières, les inhalos et tout le personnel de l’hôpital qui travaille d’arrache-pied soit aussi fatigué en ce moment , déplore le médecin.

Si la situation perdure, des bris de services sont à prévoir, comme l’a annoncé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, cette semaine.

Julie Labbé a un plan

La ministre responsable de la région, Andrée Laforest, a rencontré la présidente-directrice générale du CIUSSS, Julie Labbé, vendredi matin. La PDG lui a assuré qu'elle a un plan.

« Il y un corridor de services pour la pédiatrie, qui est avec l’Hôpital d’Alma. Elle m’a dit : "ça, c’est essentiel, il ne faut pas toucher à ça parce que ça nous aide énormément". En même temps, elle travaille sur un plan. Le plan est terminé et ce qu’elle m’a dit c’est qu’elle va présenter son plan au cours des prochains jours », a déclaré la ministre Laforest.

Avec Louis Martineau

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