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Washington brandit la menace de sanctions contre les violences au Tigré

Des recrues de la milice se tiennent debout lors d'un exercice devant des bâtiments en tôle et des montagnes.

La milice du gouvernement de l'Amhara fait désormais partie intégrante du conflit dans la région du Tigré, en Éthiopie.

Photo : Getty Images / AFP / EDUARDO SOTERAS

Agence France-Presse

Le président américain Joe Biden a signé vendredi un décret qui permettra à son administration de prendre des sanctions contre les protagonistes du sanglant conflit dans la région éthiopienne du Tigré s'ils ne s'engagent pas vers une solution négociée.

Ce conflit est une tragédie, a estimé Joe Biden dans un communiqué, se disant horrifié par les informations sur des meurtres de masse, de viols et d'autres violences sexuelles destinées à terroriser les populations civiles.

Ce décret établit un régime de sanctions pour augmenter la pression sur toutes les parties qui alimentent ce conflit afin qu'elles viennent à la table des négociations, et pour que l'Érythrée retire ses troupes, a expliqué un haut responsable de l'administration américaine lors d'un point presse.

Il a précisé que les États-Unis ne prendraient pas de mesures dans l'immédiat, mais se dotaient du cadre pour le faire si nécessaire.

Le nouveau dispositif donnera au département du Trésor l'autorité nécessaire pour imposer en temps voulu des sanctions contre le gouvernement éthiopien, le gouvernement érythréen, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et le gouvernement de la région de l'Amhara, selon le communiqué du président.

Un homme tenant son bébé endormi dans ses bras et faisant la file.

Des centaines de milliers d'autres personnes ont dû quitter leur région, trop violente, pour se rendre dans des camps réservés aux personnes déplacées et attendre en file pour recevoir de la nourriture.

Photo : Getty Images / AFP / EDUARDO SOTERAS

Faute d'avancées concrètes, les États-Unis sont prêts à sanctionner des individus ou des entités dans les semaines à venir, a dit le haut responsable, sans donner toutefois les noms des personnes physiques ou morales qui pourraient être visées.

Ces avancées concrètes permettant d'éviter des sanctions pourraient être d'accepter une médiation de l'Union africaine ou de permettre des convois humanitaires quotidiens, a-t-il précisé. Une autre voie [que celles des sanctions] est possible, a-t-il indiqué.

Les États-Unis avaient déjà annoncé fin août des sanctions contre un haut responsable militaire érythréen pour des exactions.

Des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés

Le nord de l'Éthiopie est ravagé par de violents combats depuis que le premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré, pour destituer les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).

Le régime érythréen a soutenu militairement Addis Abeba en envoyant des troupes dans cette région qui borde sa frontière sud.

Ce conflit a fait des milliers de morts et placé des centaines de milliers d'habitants dans des conditions proches de la famine, selon l'ONU.

Le premier ministre Abiy Ahmed accuse les puissances occidentales, dont les États-Unis, de négliger les crimes commis par le TPLF, considéré par l'Éthiopie depuis le mois de mai comme un groupe terroriste.

Il a réitéré ces accusations vendredi dans une lettre ouverte adressée à Joe Biden, en réponse au décret.

Malheureusement, alors que le monde entier tourne son attention sur l'Éthiopie et son gouvernement pour de mauvaises raisons, il échoue à réprimander ouvertement et sévèrement le groupe terroriste de la même manière qu'il punit mon gouvernement.

Une citation de :Le premier ministre Abiy Ahmed

L'ONU a de son côté alerté sur le fait que des centaines de camions d'aide humanitaire n'étaient pas revenus du Tigré, entravant la réponse humanitaire.

Le gouvernement éthiopien et le TPLF se renvoient la balle quant à la disparition de ces convois.

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