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De plus en plus de bouquets 100 % gaspésiens et madelinots

Un bouquet de fleurs tenu par Mylène Montplaisir, en arrière-plan.

La ferme florale Les fleurs de Simone a vu le jour en 2021 aux Îles-de-la-Madeleine.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’engouement pour les fleurs cultivées localement se fait sentir partout au Québec et la région ne fait pas exception. De plus en plus d’entreprises régionales font un pied de nez à l’industrie polluante de la fleur importée en confectionnant des bouquets issus des jardins madelinots et gaspésiens.

Au printemps 2021, la néo-Madelinienne Mylène Montplaisir a mis en terre ses premiers semis. Ceux-ci ont grandi au même rythme que sa nouvelle entreprise, Les fleurs de Simone, une microferme florale basée à Havre-aux-Maisons.

Au fil de l’été, le jardin d’à peine 75 mètres carrés s’est coloré d’immortelles, de dahlias, de coquelicots et de mufliers multicolores.

Mylène Montplaisir en train de cueillir des fleurs.

Mylène Montplaisir commercialise depuis août des bouquets de fleurs sans produits chimiques dont l'emballage est 100 % compostable.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Ces fleurs, aidées par un système de cordage qui quadrille le jardin, sont parvenues à tenir tête au vent qui balaie constamment l'archipel.

Début août, Mylène Montplaisir a commencé à les récolter et à vendre quelques bouquets par semaine, au gré des conditions météo, dans deux boutiques madeliniennes. Ses créations florales ont vite trouvé preneur.

Les gens sont tellement gentils et enthousiasmés par le projet. C’est vraiment motivant.

Une citation de :Mylène Montplaisir, propriétaire de l'entreprise Les fleurs de Simone
Mylène Montplaisir marche dans un jardin de fleurs.

Mylène Montplaisir cultive plusieurs variétés de fleurs dans un petit jardin de 75 mètres carrés aménagé derrière sa maison de Havre-aux-Maisons.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

C’est en faisant du bénévolat dans les serres de la Fondation Fauna, un refuge pour chimpanzés de la Rive-Sud de Montréal, que la femme de 36 ans a commencé à aimer se mettre les mains dans la terre.

Pourtant, rien ne prédestinait celle qui, au cours des cinq dernières années, a travaillé comme professeure de méditation, cuisinière privée pour des chimpanzés, conseillère voyage pour une entreprise de yoga, serveuse et chargée de projet à lancer la première ferme florale des Îles-de-la-Madeleine.

À l’heure actuelle, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) répertorie environ 50 fermes florales au Québec, des entreprises où au moins 50 % des revenus proviennent de la vente de fleurs.

La plupart des fermes florales québécoises ont moins de cinq ans, exploitent généralement moins d’un hectare de terre et sont la propriété de femmes.

La véritable piqûre, Mylène Montplaisir l’a eue en suivant une formation avec un maraîcher madelinot au printemps 2020. Assoiffée d’en apprendre davantage sur l’univers des fleurs, elle a par la suite suivi un cours en ligne de six semaines avec Erin Benzakein, qu’elle décrit comme une sommité dans le monde de la floriculture aux États-Unis.

J’ai reçu une infolettre qui présentait sa formation en culture de fleurs coupées et j’ai ressenti l’appel de m’y inscrire. C’était très intuitif comme appel, quand j’ai ce sentiment-là, je dois l’écouter, raconte la femme qui s’est installée dans l’archipel en 2018 dans le but de se rapprocher de la nature.

Mylène Montplaisir est photographiée devant un paysage madelinot avec un bouquet de fleurs dans les mains.

Mylène Montplaisir a aussi profité des conseils d'autres propriétaires de fermes florales au Québec pour démarrer son entreprise.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Déjà, Mylène Montplaisir a fait sécher une partie de ses récoltes afin de pouvoir continuer à offrir des bouquets une fois la belle saison terminée. Elle parle déjà de planter des bulbes cet automne dans le but d’obtenir une récolte printanière, d’agrandir son jardin l’été prochain et d'acquérir une serre.

À long terme, je rêve d’une grange avec un atelier, un réfrigérateur, un espace où accrocher mes fleurs séchées et où offrir des ateliers, lance Mme Montplaisir. Ma tête bouillonne toujours d’idées!

Des coquelicots en fleur devant un champ qui surplombe la mer.

La culture de fleurs aux Îles-de-la-Madeleine est mise à l'épreuve par les vents forts et constants.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Des bouquets comestibles cultivés à Maria

Comme Mylène Montplaisir, la néo-Gaspésienne Geneviève Larivière a commercialisé pour la toute première fois ses bouquets cet été.

Copropriétaire de la Ferme de l’Alchimiste et massothérapeute, Mme Larivière estime avoir confectionné quelque 200 bouquets, vendus directement chez elle, dans une épicerie de produits en vrac de Carleton-sur-Mer et lors de marchés publics.

La Ferme de l’Alchimiste a pris son envol à Maria en 2021 avec la mise en marché de cidres, de produits de l’érable, mais aussi de bouquets de fleurs comestibles. C’est qu’en plus d’être dévorées du regard, les fleurs de Geneviève Larivière peuvent être dévorées tout court!

Geneviève Larivière est photographiée avec des bouquets à la main.

Geneviève Larivière commercialise des bouquets de fleurs comestibles depuis 2021.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

J’ai toujours voulu faire un double usage, pas parce que c’est futile de seulement avoir des fleurs pour les regarder, mais je voulais que les gens qui le souhaitent puissent aussi les mettre dans leur assiette et expérimenter l’utilisation des fleurs comestibles, explique l'agricultrice native de Rivière-du-Loup qui cultive ses fleurs sur une superficie d'environ 90 mètres carrés.

La première ferme florale à voir le jour sur le territoire touristique de la Gaspésie est la Ferme Pastel, à Grand-Métis. L'entreprise a ouvert ses portes en 2020.

C’est en 2020, alors que la COVID-19 l’a forcée à mettre ses services de massothérapie sur pause durant quelques mois, que Geneviève Larivière a saisi tout le bonheur que pouvait procurer un bouquet de fleurs.

J’ai eu le temps de faire plusieurs tests de bouquets à la maison et ça m’a tellement aidée à passer cette période bizarre et difficile, raconte-t-elle. Les fleurs, ça aide vraiment à l’âme, il y a le côté comestible qui est intéressant, mais il y a aussi la beauté qui est importante. J’ai le goût de donner de la joie aux gens.

Deux bouquets de fleurs emballés vus de haut.

Geneviève Larivière souhaite proposer des abonnements hebdomadaires à ses bouquets de fleurs dès 2022, ce qui permettrait aux consommateurs de recevoir des fleurs chaque semaine durant l'été.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

Geneviève Larivière note aussi une prise de conscience des consommateurs face à l’achat local de fleurs, au même titre que les fruits et légumes.

Les gens sont de plus en plus conscients de l’agriculture bio, manger sans pesticides, savoir d’où ça vient, mais ils prennent aussi conscience du slow flower, croit-elle. Mme Larivière fait référence au mouvement né aux États-Unis pour valoriser la culture responsable et l’achat local de fleurs.

C’est important aussi d’avoir des fleurs locales. L’industrie floricole traditionnelle est très polluante et utilise beaucoup de pesticides. Les fleurs vendues en magasin arrivent de tellement loin, ce n’est pas logique.

Une citation de :Geneviève Larivière, copropriétaire de la Ferme de l’Alchimiste

Les fleurs gagnent du terrain aux Jardins du havre vert

Sophie Cassis, copropriétaire des Jardins du havre vert, est elle aussi bien consciente de l’effervescence entourant la culture de fleurs locales.

Depuis 2019, le nombre de bouquets vendus par l’entreprise maraîchère de Havre-Aubert, aux Îles-de-la-Madeleine, a quadruplé. Dans les champs, on accorde de plus en plus d’importance aux fleurs, bien que les légumes occupent 11 des 13 parcelles des Jardins du havre vert.

C’est une tendance qui s’observe partout en Amérique du Nord, il y a clairement un engouement, affirme Sophie Cassis. Il y a le côté responsable d’acheter des fleurs locales : moins de transport et des productions sans insecticides et pesticides. Le consommateur est conscient que ça a des impacts pour l’environnement et qu’il y a des sous qui restent dans la communauté.

Sophie Cassis prend soin des dahlias dans une serre remplie de fleurs.

Depuis sa création, en 2013, les fleurs ont toujours fait partie de paysages des Jardins du havre vert de Havre-Aubert, mais depuis 2020, de plus en plus d'efforts sont investis dans la culture florale.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

En 2021, l’entreprise a même lancé des abonnements floraux, un modèle calqué sur le concept des paniers de légumes vendus directement aux consommateurs chaque semaine.

Cet été, les bouquets colorés des Jardins du havre vert se sont aussi taillé une place pour la première fois dans deux épiceries madeliniennes.

Sophie Cassis avec un bac rempli de fleurs dans les mains.

La copropriétaire des Jardins du havre vert, Sophie Cassis, photographiée lors d'une livraison de bouquets décoratifs destinés à la buvette Chez Renard. L'entreprise vend également des fleurs comestibles à plusieurs restaurateurs madelinots.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

En 2020, on avait vraiment décidé qu’on faisait des fleurs de façon plus assumée, raconte Sophie Cassis. La pandémie nous a toutefois un peu bousculés et inquiétés. On se disait que si les gens avaient à couper dans leur budget, les fleurs allaient prendre le bord, mais on a tout de même décidé d’aller de l’avant en agrandissant l’espace dédié aux fleurs lors des semis printaniers.

Le pari fut le bon; les Madelinots se sont arraché les bouquets colorés, malgré la pandémie.

Les gens avaient besoin de beau et de réconfort et c’est là qu’on s’est rendu compte à quel point ce qu’on cultivait faisait des heureux. Donc, en 2021, on a doublé encore ce qu’on faisait l’année d’avant.

Une citation de :Sophie Cassis, copropriétaire des Jardins du havre vert
Des bouquets devant des kiosques du marché public.

Les Jardins du havre vert font la vente directe de bouquets floraux dans les marchés publics, à l'aide d'abonnements hebdomadaires et aussi grâce à des commandes en ligne.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

En 2021, la production florale des Jardins du havre vert a été lancée dès le mois de mai, grâce à la culture de tulipes sous tunnel. Cet équipement, semblable à une serre sans toutefois être chauffé, parvient à emmagasiner la chaleur du soleil et à devancer les récoltes d’au moins trois semaines, explique Sophie Cassis, tout en protégeant les fleurs de la pluie et du vent.

Je voulais tester si c’était possible d’avoir des tulipes à la fête des Mères et on y est arrivés, lance-t-elle avec fierté, en précisant que l’ajout d’un deuxième tunnel destiné aux fleurs fait partie des ambitions de l’entreprise.

Des dahlias aux teintes chaudes en gros plan.

Les Jardins du havre vert ont abrité une partie des fleurs dans un tunnel couvert non chauffé pour les protéger des intempéries et avancer leur floraison.

Photo : Radio-Canada / Isabelle Larose

L’an dernier, la récolte des dahlias s’est terminée à la mi-octobre, comme quoi, acheter des fleurs locales est bel et bien une possibilité au moins six mois par année.

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