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Réductions et ruptures de nombreux services en santé à venir en Abitibi-Témiscamingue

La pancarte du CLSC plantée près d'une route indique la direction à prendre pour s'y rendre.

Des services dans les CLSC de la région sont touchés par la réorganisation des services (archives).

Photo : Radio-Canada / Mathieu Ouellette

De nombreux services en santé seront réduits ou fermés temporairement en Abitibi-Témiscamingue au cours des prochains jours et des prochaines semaines.

La direction du CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue a présenté ce vendredi les mesures de réorganisation des services en contexte de pénurie de personnel.

Parmi les décisions prises par la santé publique régionale, on retrouve la réduction des chirurgies débutée il y a quelques mois à Rouyn-Noranda, Amos et Val-d’Or.

À Rouyn-Noranda, la capacité est plus réduite. On va être à une salle de fonctionnement, qui permet de faire toutes les chirurgies urgentes, semi-urgentes et d’avoir un service de garde [...] et faire quelques chirurgies électives. Val-d’Or va fonctionner de 70 à 74 % de sa capacité, décrit Caroline Roy, présidente-directrice générale.

Les patients qui doivent être hospitalisés en pédiatrie à La Sarre seront transférés à Rouyn-Noranda.

Les services de santé courants dans les CLSC ruraux de la MRC Abitibi et en Abitibi-Ouest seront également diminués.

Il est aussi prévu de fermer les CLSC de Villebois, Val-Paradis, Beaucanton et des CLSC ruraux de Rouyn-Noranda.

Ce sont des mesures temporaires. C’est difficile pour moi de vous confirmer la durée.

Une citation de :Caroline Roy, présidente-directrice générale du CISSS-AT

Quelque 240 infirmières sont requises pour rendre l’entièreté des services et plusieurs types d’emplois sont aussi touchés par le manque de travailleurs, selon Caroline Roy.

Pénurie de personnel dans les MRC de l’Abitibi-Témiscamingue

MRC

Nombre d’infirmières requises

Nombre d’infirmières disponibles incluant la main-d’oeuvre indépendante

Total

MRC Abitibi

187

141

46

MRC d’Abitibi-Ouest

146

88

58

MRC de Rouyn-Noranda

240

208

32

MRC de Témiscamingue

86

62

24

MRC de la Vallée-de-l’Or

280

217

63

25 % de nos heures travaillées sont de la main-d'œuvre indépendante, a rappelé la PDG.

Le syndicat interprofessionnel de la santé en Abitibi-Témiscamingue (FIQ-SISSAT) déplore les modifications à l'offre de services, affirmant qu'elles auront un impact sur la vie de ses membres.

Il y a des gens de La Sarre qui vont devoir changer leur poste de travail, leurs habitudes de travail, comme des gens de Ville-Marie, comme des gens de Rouyn-Noranda et de chacune des MRC, souligne Jean-Sébastien Blais, président de la FIQ-SISSAT.

C'est clair que c'est très anxiogène pour nos membres en ce moment ce qui se passe, parce qu'elles sont dans l'inconnu pour la plupart, à savoir si leur service va être maintenu ou partiellement maintenu ou si elles-mêmes vont être maintenues sur ce service-là ou une de leurs collègues. C'est une démarche de réorganisation qui va amener beaucoup de mouvements de chaises et donc beaucoup d'anxiété chez les membres, affirme-t-il.

L'hôpital de Ville-Marie

L'hôpital de Ville-Marie (archives)

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Obstétrique à Ville-Marie

Le plan prévoit par ailleurs de maintenir le service d’obstétrique à Ville-Marie lorsqu’il sera rouvert. Pour l’instant, aucun service n’est prévu avant le 19 novembre.

Une mesure permanente touche cependant le Témiscamingue. Il s’agit de la réorientation des appels au service d’Info-Santé, le 8-1-1, vers le réseau provincial.

Urgence à Senneterre

Le CISSS-AT ne confirme pas pour le moment la durée de fermeture des services de l’urgence à Senneterre.

On va maintenir les services ouverts à l’urgence de Senneterre entre 8 et 12 heures par jour, minimalement 8 heures, le 12 heures est à confirmer en fonction des ententes qu’on pourrait avoir avec les employés et les syndicats.

Pour dénoncer cette mesure, une centaine de personnes se sont réunies sur la route 113 à Senneterre vendredi matin.

Une centaine de personnes manifestent sur la route 113. Un homme portant un dossard se tient au milieu de la route.

La population souhaite éviter la fermeture partielle de la salle d'urgence de Senneterre.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Lorsqu’on a un ministre qui nous parle de qualité, de sécurité, de proximité, nous on ne comprend pas la décision et ces gens-là en arrière de moi ne la comprennent pas non plus. C’est pour ça qu’ils sont dans la rue, a mentionné le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, lors de la manifestation à l’entrée de la municipalité.

Pendant le point de presse du CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue, des manifestants étaient réunis devant les bureaux du ministre responsable de la région, Pierre Dufour, à Val-d’Or pour dénoncer la fermeture partielle de l’urgence de Senneterre.

Des manifestants sont réunis devant les bureaux du ministre responsable de la région, Pierre Dufour, à Val-d’Or.

Comme à Senneterre, des manifestants se sont réunis à Val-d'Or pour demander d'éviter la fermeture partielle de la salle d'urgence de Senneterre.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Vaccination obligatoire

La vaccination obligatoire du personnel de la santé préoccupe. Des travailleurs pourraient être suspendus s’ils ne sont pas adéquatement vaccinés dès le 15 octobre.

Caroline Roy affirme que 95 % des employés du réseau de la santé dans la région sont adéquatement vaccinés.

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a été questionné vendredi sur son engagement d’éviter les ruptures de services dans le réseau de la santé après cette date, alors que la population de Senneterre manifeste pour dénoncer la fermeture partielle à l’urgence de Senneterre.

Le ministre a parlé d’une situation temporaire. C’est sûr que c’est difficile pour les gens de Senneterre de dire "pourquoi moi", mais il faut le regarder dans un contexte global de l’Abitibi et de dire "qu’elle est la meilleure situation", a-t-il conclu.

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