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Après 16 ans d’Angela Merkel, les Allemands à l’heure des choix

La chancelière allemande, arrivée au pouvoir en 2005, quitte ses fonctions. Les élections législatives, qui auront lieu le 26 septembre, pourraient marquer un changement important dans la politique allemande.

Des affiches électorales des principaux candidats aux élections allemandes.

L'Allemagne bat au rythme d'une campagne électorale dont le scrutin se tiendra le 26 septembre.

Photo : Reuters / FABRIZIO BENSCH

Qu’on soit à Francfort, Cologne ou Stuttgart, impossible d’y échapper : les affiches de candidats sont partout, signe que l’Allemagne est plongée en pleine campagne électorale.

Et pour la première fois en 16 ans, le visage d’Angela Merkel, véritable roc dans le paysage politique allemand, n’est visible nulle part.

Si cette élection vise d’abord à renouveler le Bundestag, le Parlement où siègent les députés, elle permettra aussi aux Allemands de se doter d’un nouveau chef de gouvernement.

Il y a des gens qui vont voter pour la première fois qui n’ont jamais connu un autre chancelier ou une autre chancelière. Il y a eu beaucoup de stabilité pendant ces années-là. C’est comme si on ouvrait la porte à autre chose, constate Sébastien, un Québécois installé depuis plusieurs années en Allemagne.

Olaf Scholz avec des collaborateurs.

Olaf Scholz, le candidat du SPD, le parti de centre gauche, mène dans les sondages.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Une ouverture dont espère profiter le SPD, parti de centre gauche, pour effectuer un retour aux commandes de l’État après que le CDU d’Angela Merkel lui a ravi le pouvoir en 2005.

Mais la formation politique, qui trône au haut des intentions de vote depuis quelques mois, ne mise pas sur l'excitation que pourrait susciter le changement et le renouveau pour marquer des points.

Le candidat Olaf Scholz, ministre des Finances dans la coalition au pouvoir, se présente plutôt comme un politicien posé et apte au compromis, qui pourra faire adopter des réformes. Même s’il provient d’une formation politique adverse, l’élu veut montrer qu’il serait tout à fait apte à succéder à une Angela Merkel qui est connue pour faire peu d’éclats.

Solidarité et cohésion, c'est ce dont nous avons besoin.

Une citation de :Olaf Sholz, candidat du SPD aux élections allemandes
Des dépliants de Nils Schmid et Olaf Scholz.

Des dépliants faisant la promotion du député Nils Schmid et d'Olaf Scholz, qui souhaite devenir chancelier.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Les sondages nous donnent un peu de confiance et aussi une certaine allégresse, admet Nils Schmid, député du SPD, qui ne veut toutefois pas crier victoire prématurément, puisque l’électorat de gauche est plus difficile à mobiliser que l’électorat de droite.

La gauche peut également compter sur le manque de popularité du candidat désigné par la CDU, le parti de centre droit, pour succéder à Angela Merkel.

Affiche électorale d'Armin Laschet, candidat de la CDU, en Allemagne.

Armin Laschet, candidat de la CDU, tente de succéder à Angela Merkel.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Armin Laschet, le ministre-président de la région de Rhénanie-du-Nord—Westphalie, a notamment été critiqué pour avoir ri lors d’une visite dans les villages de l’ouest du pays dévastés par de fortes inondations cet été.

Pour contrer le manque d’enthousiasme suscité par le candidat, les militants de la CDU brandissent la possibilité d’un gouvernement de coalition auquel participerait l’extrême gauche en cas de victoire du SPD.

Roland Theis, ministre de la Justice CDU de la région de la Sarre, croit que de faire encore confiance à sa formation politique serait un gage de stabilité. Et une continuité des années Merkel est l’un des arguments phares exposés par les partisans du parti de centre droit.

C’est d’abord la gestion des crises auxquelles on a survécu avec elle (Angela Merkel). La crise financière, la crise des banques, la crise économique, la crise des réfugiés, la crise sanitaire. Et je suis sûr que j'en ai oublié d'autres. Et l'Allemagne est quand même toujours sortie un peu plus forte de ses crises comparativement à nos partenaires.

Une citation de :Roland Theis, dirigeant local de la CDU dans la région de la Sarre 
Roland Theis en discussion.

Roland Theis tente de convaincre les électeurs d'appuyer la CDU dans la région de la Sarre.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Noir, rouge… et vert?

Outre la CDU de centre droit et le SPD de centre gauche, les électeurs allemands peuvent choisir parmi une multitude de partis, allant de l’extrême droite jusqu’à l’extrême gauche, en passant par les libéraux et même le Parti pirate.

Dans cet océan de couleurs, l’une se distingue : le vert.

Lorsque l’on demande aux électeurs allemands quelle est leur priorité dans le cadre de cette élection, la question environnementale ressort très souvent.

Une affiche du Parti vert, dirigé par Annalena Baebock.

Le Parti vert, dirigé par Annalena Baerbock, a brièvement mené dans les intentions de vote cet été.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Dans les sondages, les questions climatiques sont au cœur des priorités, au même titre que la gestion de la pandémie.

Ces préoccupations ont été ravivées par les inondations qui ont fait plus de 180 morts cet été dans la vallée de l’Ahr, dans l’ouest du pays.

La question climatique ne touche pas que de lointaines contrées, mais nous touche aussi ici à nos portes, explique Florian Chiron, un élu local vert de Francfort.

Florian Chiron, un Franco-Allemand, est impliqué auprès des verts dans la région de Francfort.

Florian Chiron, un Franco-Allemand, est impliqué auprès des verts dans la région de Francfort.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Pendant une courte période au cours de l’été, les troupes de la candidate verte Annalena Baerbock se sont même hissées devant les principaux partis de gauche et de droite dans les sondages. Depuis, cet avantage dans les intentions de vote a disparu.

Comment expliquer ce décalage entre l’importance accordée à la question climatique et la performance des verts dans les sondages?

Selon Florian Chiron, d’autres partis ont repris les thèmes que les verts développent.

Puis, malgré la présence croissante des écologistes au pouvoir dans certaines villes et régions, le parti se fait toujours reprocher son manque d’expérience de gouvernance au niveau national. Les verts ne se sont approchés du pouvoir qu’une seule fois, en participant à une coalition gouvernementale fédérale entre 1998 et 2005.

Une cycliste devant le centre-ville de Francfort, en Allemagne.

Francfort est l'une des villes allemandes où les verts ont récemment fait des gains.

Photo : Radio-Canada / Raphaël Bouvier-Auclair

Cette expérience pourrait d’ailleurs se reproduire. Même s’ils ne remportent pas la chancellerie, les verts pourraient de nouveau être appelés à faire partie d’une coalition cette année, et ainsi influencer les politiques de la prochaine administration.

Parce qu’en Allemagne, l’élection ne se règle pas le jour du scrutin.

Pour former un gouvernement majoritaire, il faut obtenir plus de 50 % des sièges. Or, en raison du système proportionnel plurinominal propre à l’Allemagne (circonscriptions et listes), il est presque impossible pour un parti de faire élire une majorité de députés, ce qui signifie que les formations politiques doivent négocier afin de former une coalition qui exercera le pouvoir. Un exercice qui peut prendre des semaines voire des mois.

S’il est clair que l’Allemagne écrira un nouveau chapitre de son histoire en entrant dans l’ère post-Merkel, le mystère reste donc entier sur la direction que prendra la première économie d’Europe après l’élection du 26 septembre.

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