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Manifestation à Senneterre pour « sauver » les services de l’urgence

Des manifestants sur la route 113.

Près d'une centaine de personnes sont réunies sur la route 113 à Senneterre.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Radio-Canada

À Senneterre, des résidents se mobilisent pour sauver les services de l'urgence 24 heures sur 24.

Ils se sont rassemblés tôt vendredi pour manifester. L'annonce de la fermeture partielle de l'urgence a créé une onde de choc dans la communauté.

L’objectif de la manifestation est de dénoncer la fermeture temporaire des services de l’urgence de la municipalité et d’appuyer les employés des services de santé de Senneterre.

Des dizaines de personnes tiennent des pancartes lors d'une manifestation à Senneterre.

Les manifestants étaient invités à porter des vêtements noirs en signe de deuil.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

La population est en deuil. La ville de Senneterre est officiellement en deuil de perdre un service aussi essentiel qu'une urgence dans un centre de santé d’une petite municipalité comme la nôtre. [...] On est là pour une très bonne cause. On est là pour sauver notre service d’urgence, pour sauver notre CLSC, pour appuyer les employés du centre de santé, pour appuyer également les patients qui ont besoin d’un service à proximité, peu importe l’heure du jour ou de la nuit, a lancé l’une des organisatrices de la manifestation, Mindie Fournier, sur les réseaux sociaux la veille de l’événement.

Mindie Fournier parle dans un porte-voix.

L'une des instigatrices de la manifestation, Mindie Fournier, encourage la population à se mobiliser pour les services de l'urgence à Senneterre.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Ils sont présentement en train de mettre en danger une population complète, dit-elle. Une population qui accueille également beaucoup de touristes. C’est l’ouverture de la chasse justement cette fin de semaine. Il y a plein de chasseurs qui vont être dans le bois.

Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, avait aussi vivement réagi mardi à la suite de l'annonce de ruptures de services à prévoir du ministre de la Santé, Christian Dubé, mardi. Il souhaite éviter une fermeture partielle de la salle d'urgence.

On le sentait sur les réseaux sociaux, observe-t-il. On le sentait dans la population qu’il y avait une indignation, qu’il y avait une frustration par rapport à une décision qui est totalement inconsidérée. Pour nous, cette mobilisation-là, ça nous donne du gaz comme élus, comme gens impliqués dans les profondeurs du dossier.

Jean-Maurice Matte s'adresse aux manifestants.

Le maire de Senneterre, Jean-Maurice Matte, a participé à la manifestation vendredi matin.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Les ambulanciers paramédicaux craignent aussi des impacts de la fermeture de l’urgence sur les services préhospitaliers d’urgence.

On va tout faire pour combattre cette décision-là qui va dévitaliser un milieu complètement.

Une citation de :Jean-Maurice Matte

Les deux centres hospitaliers les plus près de Senneterre se trouvent à Amos et à Val-d’Or, un trajet de plus de 45 minutes.

Une affiche de manifestant indique : « Nos services à Senneterre ne prendront pas la route de Val-d'Or ».

Un peu plus de 60 kilomètres séparent le centre de santé de Senneterre de l’Hôpital de Val-d’Or.

Photo : Radio-Canada / Mélanie Picard

Le propriétaire de la pourvoirie Domaine Forsythe, Jean-Léo Bérubé, s’explique mal la décision alors qu’il a lui-même transporté à plusieurs reprises des personnes au centre de santé.

À l’est de Senneterre et autour de Senneterre, il y a plus que mille abris sommaires, les camps de chasse, camps de pêche, sans compter qu’il y a cinq ou six pourvoiries. Il y a un paquet de travaux forestiers qui se fait là. Fermer un système comme ici, je trouve ça complètement ridicule, décrit-il.

Jean-Léo Bérubé ajoute que des dizaines de personnes viennent chez nous par année pour de petits accidents ou des malaises, des affaires assez sérieuses des fois.

Jean-Léo Bérubé participe à une manifestation contre la fermeture partielle de l'urgence de Senneterre.

Jean-Léo Bérubé est propriétaire de la pourvoirie Domaine Forsythe située à l’est de Senneterre.

Photo : Radio-Canada / Marc-André Landry

Une fermeture partielle

Jeudi, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) a confirmé que l’urgence de Senneterre sera partiellement fermée en raison de la pénurie de personnel.

Les employées qui ont des postes et qui travaillent actuellement à Senneterre vont tous demeurer à Senneterre. On a besoin d’elles. En fait, même l’équipe actuellement est complétée à presque 50 % par de la main-d'œuvre indépendante. La main-d'œuvre indépendante, c’est des employées qui ne sont pas de notre organisation pour lesquelles on utilise les services en fonction des besoins de notre organisation, où on en a besoin, a affirmé la présidente-directrice générale du CISSS-AT, Caroline Roy.

Le ministre Pierre Dufour se dit disposé à trouver des solutions dans le dossier de l'urgence de Senneterre.

Le député d'Abitibi-Est a rencontré le maire de Senneterre vendredi matin, au moment même où le CISSS-AT annonçait la fermeture partielle de l'urgence.

Pierre Dufour veut rencontrer le ministre de la Santé la semaine prochaine pour tracer le portrait complet de la situation, à la lumière de toutes les informations qu'il a pu recueillir au cours des derniers jours.

Ce qu'on fait présentement, c'est que M. Matte de son côté va rencontrer encore une fois la direction du CISSS-AT. Moi, de mon côté, j'ai d'autres rencontres de prévues avec le conseil d'administration, il y a cette rencontre-là avec M. Dubé que je veux avoir la semaine prochaine. Je pense qu'on n'a pas le choix d'être en mode action et d'essayer de trouver des situations gagnant-gagnant pour tout le monde, affirme M. Dufour.

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