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L’avocate devenue la première cheffe de sa Première Nation

Une femme devant les septs enseignements grand-pères.

Après un échec à la course à la chefferie de 2019, Ramona Sutherland récidive en juin et elle gagne son pari.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Pour la première fois de son histoire, la Première Nation de Constance Lake, non loin de Hearst, est dirigée par une femme. Les membres de la communauté ont élu, en juin dernier, l'avocate de formation Ramona Sutherland comme cheffe du conseil de bande. Elle nous reçoit dans sa communauté pour raconter son parcours et partager ses ambitions.

Malgré toute la sombre histoire du Canada, on peut briller, dit d'entrée de jeu celle qui s'identifie comme Crie.

J’ai quitté Constance Lake quand j’avais 18 ans pour revenir plus outillée, lance celle qui s'est exilée à Toronto afin d'amorcer sa vie professionnelle.

Ramona Sutherland se sent comme chez elle dans la Ville Reine alors qu’elle fait ses débuts dans le système judiciaire comme simple employée.

Il y a une grande communauté autochtone à Toronto. Des organisations, des programmes, c’est comme une grosse réserve.

Une citation de :Ramona Sutherland, cheffe de la Première Nation de Constance Lake

J’ai finalement eu l’occasion de retourner à l’école, ce que j’ai fait.

Je me suis lancé le défi de devenir avocate, ce qui veut dire que j’étais à la bibliothèque la plupart du temps, blague-t-elle en revenant sur ses huit années intensives d’études.

Une pancarte électorale sur une maison.

Sur la maison de son cousin, on peut encore voir une pancarte de la campagne de Ramona.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Diplôme en poche, la native de Constance Lake se spécialise dans le droit à l’enfance en ouvrant un bureau à Timmins.

J’étais avocate pour les parents qui se sont fait prendre leurs enfants par l’aide à l’enfance.

Une citation de :Ramona Sutherland, cheffe de la Première de Constance Lake

J’ai trouvé un sens à ma vie en voulant aider la jeunesse. J’aime les aider comme ils sont pleins d’espoir, philosophe la nouvelle cheffe, qui défendait des familles en cri, sa langue maternelle.

Quelques années plus tard, elle tente de devenir cheffe de sa communauté natale. Après un échec en 2019, Ramona Sutherland récidive en juin 2021 et elle gagne son pari.

Deux personnes se parlent.

Fred Sackaney agit comme mentor auprès de Ramona.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Son prédécesseur, Fred Sackaney, est bien heureux de la nomination de Ramona Sutherland au poste de cheffe.

Pas seulement parce qu’elle est une femme. Elle a ses racines ici et je suis vraiment heureux qu’elle soit rentrée à la maison, indique celui qui fut à la tête de la Première Nation entre 2014 et 2015.

Sa priorité, c’est vraiment de prendre soin des enfants. Son bagage de vie fait en sorte qu’elle sera en mesure de communiquer facilement avec le gouvernement et l’industrie.

Une citation de :Fred Sackaney, ancien chef de Constance Lake

Au service de la jeunesse

Ramona Sutherland espère que son impact auprès de la jeunesse sera encore plus grand dans son nouveau rôle comme cheffe.

Selon le dernier recensement de 2016, 180 des 590 habitants de Constance Lake 92 sont âgées de moins de 14 ans, soit 30 % de la population.

Chaque enfant est un leader de demain, soutient-elle. Elle ne veut plus en voir un disparaître à la suite d'un suicide ou d'une surdose.

Une cheffe autochtone avec des enfants.

Après avoir défendu le droit des enfants en justice, Ramona Sutherland pense pouvoir en faire plus pour la jeunesse comme cheffe.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

À l’entrée de la réserve, une affiche glace le sang, s’adressant aux revendeurs de drogue : Votre façon de vivre est notre façon de souffrir.

Si on voit nos enfants souffrir, ça veut dire qu’on ne fait pas bien notre travail. Les décisions qu’on prend maintenant vont affecter les sept générations suivantes, ajoute Ramona Sutherland, qui entend également se battre pour ne plus voir aucun enfant placé en foyer d’accueil. 

Les enfants autochtones représentent 52,2 % des enfants placés dans des foyers privés au Canada, selon les données du recensement de 2016. 

Selon la cheffe, il s’agit d’une façon d’éloigner les enfants autochtones de leur famille similaire au système de pensionnats autochtones.

Un groupe devant une pancarte: chaque enfant compte.

Quand la caméra s'est ouverte, ce groupe voulait prendre une photo avec la nouvelle cheffe.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

En visite à l'école de Constance Lake, la cheffe nous montre des préceptes sur le mur de l'agora : Les sept enseignements sacrés. Chaque disque correspond à un esprit animal.

L’aigle incarne l’amour; le castor, la sagesse; le loup, l’humilité; le buffle, le respect; la tortue, la vérité; l’ours, le courage; et la forêt, l’honnêteté.

L’éducation n’est pas seulement formelle, mais c'est aussi d’apprendre des autres comme des enfants, des aînés, des enseignants, de la terre.

Dans ma carrière, j’ai toujours voulu aider les autres et, comme avocate dans la justice, j’ai voulu montrer que les Autochtones sont capables d’atteindre leur rêve, conclut-elle.

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