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Charlotte, la vie d’une artiste méconnue projetée au TIFF

Illustration de l'artiste-peintre Charlotte Salomon en train de peindre.

Le film «Charlotte» retrace la vie de l'artiste juive allemande Charlotte Salomon.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

Radio-Canada

La vie de l’artiste Charlotte Salomon est racontée dans un long métrage d’animation présenté en primeur au TIFF.

Charlotte Salomon est une artiste peintre juive allemande qui a vécu la sombre période du nazisme. Elle a dû quitter l’Allemagne, s’exiler en France et a finalement été arrêtée par les nazis en zone occupée en 1943, puis déportée à Auschwitz où elle mourra, alors qu’elle était enceinte de cinq mois.

Une vie documentée en près de 800 tableaux

Charlotte Salomon a documenté sa vie grâce à la peinture puisqu'elle a réalisé une œuvre immense qui comporte presque 800 toiles et s’intitule Est-ce la vie ou du théâtre?

C’est une artiste dont l’histoire est peu connue et le film est né de la fascination que la productrice Julia Rosenberg a ressentie quand elle a découvert l’histoire de Charlotte Salomon.

Elle a décidé de raconter cette histoire et a choisi de le faire en animation plutôt qu’en prises de vues réelles. Le film est coréalisé par Tahir Rana, un Ontarien qui a étudié au collège Sheridan et par Éric Warin, un réalisateur français qui vit à Montréal.

Illustration d'une femme regardant son reflet dans l'eau.

Le film «Charlotte» est réalisé par les cinéastes Éric Warin et Tahir Rana.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

L’animation, un moyen poétique de raconter une vie

Pour Éric Warin, l'animation est particulièrement bien adaptée à la narration de la vie d’une artiste-peintre, ses toiles s’intégrant harmonieusement dans le graphisme du film sans copier le travail de Charlotte Salomon.

La vie de Charlotte Salomon a été très sombre par moments. Non seulement a-t-elle vécu les événements dramatiques de la Seconde Guerre mondiale, mais elle a dû également endurer plus d’un drame familial. Elle apprendra que sa mère s’était enlevé la vie, sa grand-mère fera de même, son père séjournera en camp de concentration et, plus tard, son grand-père va la tyranniser.

Des événements difficiles à mettre en images, mais Éric Warin voit un avantage à raconter cette histoire en animation.

Le dessin et l’animation apportent cette poésie, ce recul, cette distance avec un événement qui serait très cru si le film était tourné en images réelles. C’est la grande force de l’animation pour ça, sans pour autant enlever l’émotion de la scène.

Une citation de :Éric Warin, coréalisateur de Charlotte

Un regard de peintre sur une artiste

Éric Warin a été particulièrement touché par l’histoire de la vie de Charlotte parce qu’il est lui-même peintre. Il a voulu transmettre l’énergie de Charlotte dans son combat pour raconter sa vie à travers ses tableaux alors que, pressée par le temps, elle peignait parfois avec rage. Elle dit dans le film : J’ai entrepris quelque chose d’insensé pour me permettre de ne pas perdre la tête.

Une période de l’histoire très présente au TIFF

Dans la programmation du TIFF, plusieurs films font référence à cette époque de la Seconde Guerre mondiale.

Un autre film d’animation, Where Is Anne Frank? d'Ari Folman, fait revivre Kitty, l’amie imaginaire d’Anne Frank et raconte l’histoire du Journal d’Anne Frank tout en jetant un regard sur la situation des réfugiés aujourd’hui.

Une jeune femme marche dans la rue entourée de personnes portant une étoile de David sur leur manteau.

Le film «Where is Anne Frank ?» est réalisé par le cinéaste Ari Folman.

Photo : Avec l'autorisation du TIFF

Il y a également le film de Barry Levinson, The Survivor, l’histoire vécue de Harry Haft, un boxeur professionnel qui, enfermé au camp d’Auschwitz, a survécu en combattant sur ordre des nazis d’autres prisonniers du camp.

Enfin le film Three Minutes - A Lengthening, de Bianca Stigter, dans lequel la réalisatrice utilise des films de famille du village de Nasielsk, en Pologne pour raconter l’histoire d’une communauté. Tous les personnages que l’on voit dans ce film seront déportés vers le camp d’extermination de Treblinka.

Mais, pour Éric Warin, Charlotte n’est pas un film sur l’Holocauste, mais plutôt sur la résilience d’un personnage très moderne, une artiste qui a voulu, avec force, faire reconnaître ses idées. C’est, d’après lui, ce qui fait que le film résonne à notre époque.

Le bonheur, il faut aller le prendre là où il est. Et s’il n’est pas là, il faut le créer, mais c’est dans nos mains, parce que finalement, tout peut s’arrêter du jour au lendemain.

Une citation de :Éric Warin, coréalisateur de Charlotte

Une distribution prestigieuse

Charlotte a été réalisé à partir de la volonté de Julia Rosenberg de nous faire connaître Charlotte Salomon, mais plusieurs fées se sont penchées sur le berceau du film. Keira Knightley et Marion Cotillard incarnent la voix de Charlotte Salomon dans la version anglaise et française respectivement. Elles sont aussi les productrices du film, tout comme Xavier Dolan.

Il s'agit d'une coproduction du Canada, de la France et de la Belgique. L’organisme Ontario créatif est intervenu dans la production du film.

On pourra voir Charlotte le vendredi 17 septembre, en salle à 11 h au TIFF Bell Lightbox et en ligne à 15 h.

Avec des informations de Francine Ravel

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