•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le déclin de populations de poissons inquiète les pêcheurs du lac Matapédia

Le lac Matapédia vu d'une embarcation.

La pêche se pratique depuis des générations au lac Matapédia. (archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvie Aubut

Des citoyens de Val-Brillant, des pêcheurs notamment, s’inquiètent de l'état de population des poissons du lac Matapédia.

Ayant remarqué des changements dans ce plan d’eau où ils pêchent de génération en génération, ces citoyens avaient commandé une étude pour en avoir le cœur net.

Ils se sont présentés très nombreux à la séance d’information, tenue mercredi par la Municipalité, pour prendre connaissance des conclusions de cette étude sur les populations d'ombles de fontaine (truites mouchetées) et de touladis (truites grises).

Le lac Matapédia.

Le lac Matapédia

Photo : Radio-Canada / Sylvie Aubut

L'étude a confirmé leurs craintes en ce qui concerne l’omble de fontaine, une des espèces vedettes de la pêche sportive.

Selon Anne-Marie Pelletier, biologiste à la Direction de la gestion de la faune du Bas-Saint-Laurent, l'ombre de fontaine est effectivement en déclin. C’est une espèce fragile qui a beaucoup de compétition, explique-t-elle. On constate un tel déclin un peu partout au Québec.

Un omble tenu par la main d'un homme.

Omble de fontaine

Photo : Radio-Canada / Lucas Powers/CBC News

En entrevue à l'émission Au cœur du monde, Mme Pelletier souligne qu'il est difficile de connaître les causes précises de ce phénomène parce qu’il n’y a pas d’études précédentes pour faire une comparaison.

C'est un ensemble de facteurs, mais les espèces compétitrices semblent être la principale cause, avance-t-elle. Le manque de nourriture entrerait en ligne de compte.

Les pêcheurs disent qu’ils voient des espèces qui n’étaient pas aussi présentes avant. L’abondance plus récente de certains nutriments, entre autres, pourrait favoriser ces espèces au détriment des autres.

Par ailleurs, la quantité de pêcheurs et le nombre de poissons qu'ils prennent doivent être pris en compte. En 2010, un décompte avait recensé 6000 jours/pêche. C’est quand même une bonne pression, estime-t-elle.

Les résultats de l’étude sont plus rassurants en ce qui concerne le touladi. Selon Anne-Marie Pelletier, la population est en bonne santé. Les poissons de 60 cm et plus peuvent être conservés par les pêcheurs.

Le touladi est un des plus grands poissons d'eau douce en Amérique.

Le touladi, aussi appelé truite grise.

Photo : Radio-canada

Elle mentionne que certaines pratiques seraient à revoir, comme l’usage de certains types d’hameçons qui blessent le poisson lors de la remise à l'eau.

On entend aussi que des pêcheurs ne mangent pas les poissons qu’ils capturent, alors pourquoi ne pas les remettre à l’eau, suggère-t-elle.

La biologiste indique que l'ensemencement n’est pas idéal si on veut conserver les espèces indigènes. Plus de poissons contribuerait aussi à raréfier la nourriture.

Le lac Matapédia.

Les pêcheurs gagneraient à former une association, selon la biologiste Anne-Marie Pelletier.

Photo : Radio-Canada / Sylvie Aubut

Elle veut envoyer le message que tous doivent agir ensemble. Tout le monde doit s'impliquer en créant une association de lac ou de pêcheurs. Une association comme ça est porteuse, fait-elle valoir. Elle permet de faire des demandes de subventions.

La mobilisation des pêcheurs serait donc une bonne solution, surtout que, selon Anne-Marie Pelletier, le message passe mieux quand il est fait par les gens de la place.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !