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Passeport vaccinal et pensionnats pour Autochtones : le PPC appelé à s’excuser

Montage avec Renate Siekmann à droite et une image de la brochure de campagne utilisée à gauche.

Le document utilisé par Renate Siekmann pour faire campagne s'est attiré les foudres de l'Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique et de certains électeurs.

Photo : RENATESIEKMANN.CA (droite)

L’Assemblée des Premières Nations de la Colombie-Britannique demande des excuses au Parti populaire du Canada (PPC) et le retrait de sa candidate de la circonscription de Vancouver Quadra, Renate Siekmann, qui fait campagne avec une brochure comparant le passeport vaccinal à la discrimination subie par les Autochtones dans les pensionnats.

Le regroupement autochtone appelle le chef du parti, Maxime Bernier, à dénoncer publiquement cette association, qui fait preuve de l'ignorance profonde et du sévère manque de jugement de sa candidate, selon lui.

Soutenir que des mesures sanitaires comme le passeport vaccinal sont comparables ou équivalentes aux pratiques génocidaires et violentes, c’est nuisible et répugnant, s’insurge Terry Teegee, chef régional de l'Assemblée, dans un communiqué de presse.

Des générations entières ont été arrachées à leurs familles, à leur communauté. Elles ont été torturées physiquement, abusées sexuellement, et tuées, poursuit-il.

Elles ont perdu leurs langues, leurs cultures, et des milliers de ces précieux enfants ne sont jamais revenus à la maison, ajoute-t-il.

Le document distribué dans le cadre de la campagne de Renate Siekmann représente un groupe d’enfants autochtones assis sur les marches d’un pensionnat, accompagné de la phrase suivante : La discrimination est injuste. Pas de passeport sanitaire.

La brochure de campagne a été envoyée à quelque 52 000 maisons de la circonscription de Vancouver Quadra, explique Renate Siekmann, dans un tweet qu'elle a supprimé par la suite.

Marie Griffin, une résidente de la circonscription, dit avoir été outrée en recevant la brochure dans sa boîte aux lettres. Elle qualifie le document de désinformation qui pourrait tromper certains électeurs insuffisamment informés sur le sujet.

Ces enfants ont vécu une situation complètement différente, une situation horrible. Le fait que cette personne, avec son flyer, utilise cela et lie l’expérience de ces enfants au passeport vaccinal, ça m'a vraiment fâchée, raconte-t-elle.

Une discussion à avoir, pour la candidate du PPC

Cette analogie pourrait en déranger ou en fâcher certains, mais c’est une discussion difficile et importante que l’on doit avoir, avait affirmé Renate Siekmann dans le tweet publié mercredi et supprimé par la suite.

L’histoire de la Colombie-Britannique n’a pas toujours été positive, mais on doit tirer les leçons du passé et s’améliorer, disait-elle.

Dans d’autres publications Twitter toujours en ligne, la candidate du PPC fait référence au système de laissez-passer mis en place par le gouvernement fédéral pour réguler les déplacements des Autochtones, au 19e siècle, qu’elle qualifie de chapitre sombre de l’histoire de la Colombie-Britannique, en citant l’Encyclopédie canadienne (Nouvelle fenêtre).

C’est triste de voir que la province instaure un nouveau système de passeport de nos jours, poursuit-elle

Les mesures sanitaires, une forme de discrimination?

Depuis lundi, la carte vaccinale est nécessaire pour accéder à certains services non essentiels, comme entrer dans les restaurants et les bars, en Colombie-Britannique. Cette mesure a été instaurée en réponse à une hausse du nombre de cas de COVID-19 dans la province.

De nombreux Canadiens croient que les mesures sanitaires font d’eux les victimes d’un préjudice, souligne Terry Teegee, ce qui est encore plus préoccupant que l'association du passeport vaccinal au traitement subi par les jeunes Autochtones, selon lui.

Une interruption de la vie sociale pour sauver des vies pendant une pandémie n’est pas une forme de discrimination, soutient Terry Teegee.

Radio-Canada a contacté le PPC pour avoir sa réaction, sans avoir obtenu de réponse au moment d’écrire ces lignes.

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